Gindely, p
3. Mittheil. d. Ver. fur Gesch. der Deutschen, 1871. Fastner, Beitraege zur Gcsch. der Stadt Wartenberg.
LES PAYSANS Ql
adresse un discours : N'était-on pas plus heureux auparavant, avant que toutes ces maudites hérésies eussent attiré sur eux la colère céleste? Auraient-ils la prétention de se croire plus sages que l'Empereur ou de vouloir lui résister? — Ce qui augmentait l'impression de cette oraison, c'était la présence des soldats qui gardaient les portes de l'hôtel de ville; la harangue terminée, une commission de catholiques parcourait les maisons et se faisait remettre les livres suspects; on répartissait les soldats chez les récalcitrants '. Souvent, si l'état des esprits le permettait on terminait les opérations parun auto-da-fé solennel ". Dans la région du sud et du sud-ouest, la Contre-Réformation fut favorisée par les circonstances: les catholiques s'y étaient toujours maintenus assez nombreux autour de Plzein, de Boudiejovitse et de Pisek; dans beaucoup de villages l'hérésie était d'origine assez récente; les jésuites y avaient commencé leur propagande avant l'insurrection et ils furent très fortement appuyés par quelquesuns des principaux propriétaires. C'était, en effet, sur ces contrées, les premières occupées par l'armée impériale, que s'étaient abattues les premières cupidités ; Eggenberg, Adam de Sternberg, Guillaume Slavata y possédaient de vastes
1. Cité par Gindely, p. 282. Carafa (p. i83) confirme la résistance des paysans et des ouvriers. — « La confiscation adjugea -au fisc un tiers du royaume, qui ne fut donné qu'à des catholiques : cela profita beaucoup à la religion. — Les plus difficiles à soumettre furent ceux qui ne possédaient pas de biens et emportaient leur art avec eux ; pressés par des édits plus véhéments, ils laissèrent à leurs maîtres leurs agglomérations vides, et ce fait s'est passé plus d'une fois et en plusieurs endroits. Quelques-uns, en effet, mirent le feu à leurs propres maisons et se retirèrent dans les bois avec leurs enfants et leurs femmes; d'autres prirent des bâtons pour se défendre. »
2. Sur le fait même que les moines brûlaient souvent les livres hérétiques, les documents sont vraiment trop nombreux et trop divers pour qu'aucune négation soit possible. Le Père Svoboda essaie timidement de plaider les circonstances atténuantes. Les Jésuites demandent en 1627 « que les livres hérétiques ne soient pas brûlés publiquement, tant que les gens ne sont pas convertis et tant qu'on ne sait pas si un tel acte sera utile ou ne sera pas plutôt un objet de scandale pour ceux qui sont encore faibles dans leur foi » (p. 11). Il ne s'agissait donc que d'une question d'opportunité. Du reste, Svoboda admet parfaitement cette pratique : (I laisser ces livres hérétiques entre les mains du peuple aurait eu pour résultat que l'hérésie et la haine contre la sainte foi n'auraient jamais disparu. »
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domaines et leurs efforts, plus continus et plus méthodiques, ne furent certainement pas inutiles.
A Test au contraire et au nord-est, plus particulièrement dans les environs de Mlada-Boleslav, de Kralové-Hradels et de Litomierjitse ', l'éloquence des missionnaires ne remporta que de très modestes succès et même l'emploi des mo3'ens les plus criminels n'eut très longtemps que des résultats fort imparfaits. Nous nous heurtons ici à un de ces phénomènes historiques que les documents ne permettent guère d'expliquer : certaines populations semblent, sans doute à la suite d'une cause accidentelle primitive qui nous échappe, offrir un terrain particulièrement favorable au développement de tendances déterminées ; la Bohème orientale avait été à l'époque des Hussitesun des centres principaux des sectes extrêmes et l'Unité y avait eu ses églises les plus prospères. Les Jésuites en face de ces obstinés perdirent leur temps et leurs peines et le Père Blasius Obeslavius réclame contre eux une intervention militaire : si on ne force pas les habitants, ils ne remueront ni pieds ni pattes ". Waldstein lui-même, dont la principauté était dans le nord-est du royaume, autour de Jitchin et de Friedland, ne triomphe qu'à grand peine et fort incomplètement de l'entêtement de ses serfs. Il avait appelé les Jésuites, qui fondèrent un collège à Jitchin; ils eurent beaucoup d'élèves, — sans aucune pression, nous dit leur chroniqueur, — et la preuve c'est qu'ils se mutinèrent et voulurent s'en aller. On les apaisa, on les amusa par des comédies et des tableaux vivants. Quand les parents virent leurs fils déguisés en anges, ils furent touchés, les enfants reçurent des cadeaux et des bonbons et comprirent la douceur de la religion catholique. « Les Jésuites, dit le Père Svoboda '■', avaient gagné la pariie.%^)
Pas tout à fait cependant. Ils continuèrent les fêtes et les spectacles, organisèrent des processions. Les paysans se
1. Bilek, Le nord de la Bohôme après 1618, dans les MiWieil., i883.