Kalousek, p. io
LES MODÉRÉS Io5
en partie les anciennes administrations politiques et judiciaires, tout en laissant au gouverneur une complète autorité en matière de police, de guerre et de justice '. Il est possible que les ministres se soient proposé d'habituer les esprits à l'exercice de la prérogative royale en modifiant de leur seule initiative l'organisation du pouvoir; mais la restauration, même partielle, du régime légal rendit quelque courage aux défenseurs des traditions nationales et fournit aux adversaires du despotisme le moyen de manifester leurs désirs.
Soit que, pendant son bien court séjour en Bohême en 1623, Ferdinand eût été frappé de la décadence du royaume et du découragement universel, soit, ce qui semble plus probable, qu'il eût été déterminé par des considérations de politique extérieure, peut-être purement par faiblesse ou par légèreté, il avait promis de convoquer une diète et il écrivait le 20 septembre 1623 que « son intention n'avait jamais été et n'était pas d'abolir ou de diminuer les droits de ses fidèles sujets, les États du royaume, mais que, sous réserve de sa puissance royale et sans rien abandonner de ses pouvoirs héréditaires, il voulait les conserver et maintenir dans leurs droits et justices ». Les fonctionnaires tchèques trouvèrent dans ces déclarations une arme contre la continuation du gouvernement arbitraire et ils rappelèrent que la Diète seule avait autorité pour imposer des charges aux habitants. Ils reçurent une forte semonce : comment des mandataires du roi se préoccupaient-ils moins de ses intérêts que des plaintes des habitants fondées sur de prétendus privilèges; depuis la bataille de la Montagne-Blanche, il y avait pourtant quelque chose de changé dans la situation ! — Le roi renonça cependant à quelques-unes des taxes qu'il avait décrétées, tout en réservant son droit d'exiger des sujets les redevances qui lui étaient nécessaires '.
Les grands officiers ne se tinrent pas pour battus : le