LES ESSAIS DE RÉVOLTE
Kœnigsmark. Chacune de ces tentatives aboutit à un échec lamentable et elles n'eurent pour effet que de prouver l'affaiblissement continu du parti de l'indépendance tchèque et de rendre plus difficile le relèvement. L'histoire enseigne que les peuples écrasés dans une lutte régulière ne réussissent guère à obtenir une prompte revanche, et toute révolte prématurée contre les arrêts de la fortune rive plus solidement leurs chaînes. La Bohème n'échappa pas à cette fatalité : abominablement pillée par les armées qui prétendaient l'affranchir comme par celles qui défendaient l'autorité de Ferdinand II, elle gaspille en stériles efforts ses dernières ressources en argent et en hommes; à chaque marée qui apportait le flot des invasions protestantes, le reflux emmenait une partie des anciens habitants, compromis, dépouillés, qui allaient se perdre dans la masse confuse de tous ces déracinés dont l'immense majorité périt de misère et dont le reste disparut absorbé par les nations étrangères. Quand le traité de Westphalie vint détruire le dernier espoir des réfugiés, il ne sanctionna qu'un fait accompli ; la restauration catholique était sans doute loin d'être terminée, en ce sens que la masse de la population était tombée dans un tel état d'abandon et de détresse que l'idée même de religion ne se présentait plus à elle que sous la forme la plus confuse et la plus vague, mais le protestantisme avait cessé d'exister comme parti.
En 1629, après les défaites de Christian de Danemark, obligé de signer la paix de Lubeck, le triomphe de Rome semblait définitif et les succès acquis n'auraient peut-être plus été contestés, si les ministres de l'Empereur, qui s'exagéraient la portée réelle de leurs victoires, ne s'étaient laissé entraîner aux plus imprudentes provocations. Non seulement, par l'édit de restitution (6 mars 1629), ils exaspérèrent les protestants les plus modérés, mais ils affichèrent vis-à-vis des princes catholiques de l'Empire une ingratitude et un détachement qui éveillèrent chez leurs alliés de légitimes inquiétudes. C'est que les nouveaux