I-yO LA CONSPIRATION DE PLZEIN
coup d'officiers. — Il prenait d'ordinaire très bien son parti, a dit de Richelieu le cardinal de Retz; — c'est la qualité qui manquait le plus à Waldstein; chez lui le cœur était moins haut que l'esprit n'était aventureux : c'est un pauvre joueur que celui qui, après avoir sérieusement calculé les chances, ne risque pas bravement l'enjeu. Peutêtre doit-on admettre, avec Pékarj, que ses timidités s'aggravaient de celles de Trtchka et de Kinsky, trop riches pour être de bons conspirateurs et qui, à la dernière minute, s'effaraient, l'esprit troublé par leurs récentes défaites, hantés par les catastrophes de leurs aïeux. A certaines heures, il n'y a de salut que dans l'audace et un chef qui tremble n'a jamais entraîné personne.
Arnim, très averti, avait beau jeu pour représenter à l'Électeur Georges-Guillaume de Brandebourg qu'il était aussi vain qu'imprudent de s'unir à un homme qui ne savait ni ce qu'il voulait ni où il allait. Dans ces derniers jours la question, par la force des choses plus que par la valeur des hommes, avait pris une importance de premier ordre. Ce qui se débattait, ce n'était plus la fortune de Waldstein, c'était le sort de l'Europe. D'une part, l'émigration tchèque, qui a enfin révélé son programme de derrière la tête : unir la Bohême et la Pologne et constituer par là un royaume slave qui arrêterait désormais toute invasiondel'Allemagne; de l'autre Arnim, qui cherche, par une réconciliation des Habsbourgs et des Luthériens modérés, à rendre à l'Empire son unité et sa puissance. De retour à Dresde, il mit dans tous ses mouvements une telle lenteur qu'il n'est pas possible de ne pas y voir l'intention calculée de déjouer la conspiration. « L'Électeur, écrivait-il dans un document officiel, ne veut rien savoir des insultes particulières et des colères du duc; il n'a en vue que le bien de l'État et la paix générale; cruellement offensé et réduit à prendre les armes, il ne pense pas à ruiner telle ou telle maison. » Il était ainsi fidèle à ses convictions, mais on ne s'explique guère que Waldstein, qui le connaissait bien, eût pu jusqu'à la dernière heure