‹ La boisière drame en cinq actesChapitre 13 sur 65 · RÊVÉ · texte numérisé non relu

RÊVÉ

Cette femme, c'est...

lAlKT-LtcitEXT, élevant son verre et à haute voix.

À madame Louise de Man-mies!

itEVE, arcc un cri.

Louiso do Maronnes!...

JEANNE

Qu’avez-vous?

nrNR, arcc rage.

CVst elle, Jeanne !.. c’est la comtesse Louise de Maronnes!.., C’est son mauvais génie qui la r tiuène. ( Il marche vers ta chau. mure.)

JEANNE, eif rayée.

Qu’allez-vous faire ?

RENÉ

Je vais.... je vais lui dire tout n* que j’ai sur le cœur.... (En cc moment ta porte s'ouvre, ‘et Saint l. aurait paraît.)

SAINT-LAC KENT

Fn route, messieurs !... (7f se truutc en (ace de Rtnè.) René ! Ileue Noirci !

iiontflaxqcin, sortant .

Pas possible... Ah ! ali I ah ! c’est fon siugulier...

Louise, à part.

René !...

UOMFI.ANQUIN.

Venez donc, comtesse; cYsi Rt-ue, l'homme qui est mort d’amour pour vous il y a six mois...

S VINT LACHENT.

Vous ô'cs redevenu payzjn? N’iiiiporte, touchez là, mou cher, je ne sms pas tl^r, moi.

Hkné, à la Com fesse, gui est sortie arec les autres. Madame Louise do Maienius, jo voudrais vous parler...

loli.sk, troublée.

Jo vous écoute, monsieur.

rf.m; , d un ton singulier.

Je voudrais vous parler, à vous seule, [lias à Jeanne.) Jeanne, rentrez, je vous eu prie.

jeawne, ô part.

J’ai peur! (Elle tn're dans la chfiumière.)

montflanquin, bas à Louise.

Il ressemble ï l'ombre do Btnco...

loli.se, s'efforçant de rire.

En effet !...

RENÉ, se contenant.

Eh Lion, madarao, j'atb nd-!...

LOUISE, un peu cffiayce de l’air de llcné .

Parlez devaul tous, monsieur.

Vous le A'oulez?

LOl'ISE.

Je le veux... (. Jeanne écoule à /a porte.)

RENÉ

Fh bien! soit : madame la comtesse Louise de Marermcs, jo vous apporte une paît de la malédiction de nia niôre!...

LOUISE

Que voulez- vous dire, monsieur?

IlENB.

Je veux dire, madame, que ma mère est morte on me maudissant, et que c'est votre faute; je veux dite que je suis un objet d« réprobation pour tous, rt que c’est voue faute, iar il y a doux uns, j’étais tranquille, heureux, et un jour, vuus avez en passant brise mon bonheur et détruit mon repos.

LOUISE

Je ne vous comprends pas.

RENÉ

Pour vous suivre, j'ai tout quitte! pour vivre dans votre soleil et servir d* s pi mets dont j'ignore encore lu but, niais qu- jo connaîtrai liietitôi , j\n j* b* au tourbillon de vos tel» la petite fortune que mon pète a» ni amasses de ses mains... Pour rosier près do vous, j'ai spéculé sur I héritage du ma méiw vivante; pour vous, enfin, j’ai rcuiu ma mère...

Oh 1 c’est affreux !...

RENE

Comprenez-vous, main louant?

LousF., qui s'est ionise peu à peu.

Pas davantage, ei vous, messieurs?

SAINT-LAURENT, riant.

Jo n’entends pas lo grec;

IIORTFLANQriE, grelottant.

Moi, j’ai trop froid pour comprendre quelque chose.

nr. ne, avec force.

Oh ! no riez pas, monsieur !

MONTFLANQUIN.

Mais jo ne ris pas... jo gèle... (On rit.)

rene, avec colère.

Messieurs...

jeanne, avec effroi.

Ah ! mon Dieu !

SAINT-ttCRKKT.

Est-ce une provocation?... Suit!... je no roia pas fier, moi!... LOl ISE, rederenue très-calme.

Messieurs, je vous eu ptie, ceci est uue affaire entre monsieur Noirci et moi...

Dites, ma lame, entre vous cl votre conscience, entre vous cl votre cœur.

LOlISE. B

Vous ôtes fou, monsieur.

RENÉ, amèrement.

En effet, il faut l’être pour supposer un cœur à madame la comtesse Louise de Mareniies.

LOlISE.

Ohl assez! René Noirci...

RENÉ

Vous avez voulu que jo parle devant tous; tant pii pour vous, i.ou i se , très-froidemen l .

Je vous dis, monsieur, que vous èies fou 1 Que signifie co drame lugubre que vous venez nous jouer là sur la ncigo?... montplanquin, grdoiant.

Oui, lo théâtre est mal cboi-i...

LOUISE

Que signifient ces reproches, ccs malédictions?

RENÉ

Madame...

LOUISE

Eh quoi ?... un jour, sur un regard tombé par hasard de m '■ yeux, sur une parole tombée sans y songer on m* s lè»r»*s, vous laites vos paquets et vuus pariez à ma suite ! Qu'esi-cc que cala prouve! que vous élu» un fat, monsieur I ttONirUNOUIR.

Ab ! ah 1

LOUISE.'

Si tons cent que j’ai reparti*'* avaient fait comme vous, mais j’aurais eu tout le pays à mes trousses !

SAINT- LAURENT

Dame! c’est vrai, mon bon! Madame la comtesse n’est pas flère non plus... Elle regarde tout lo monde.

LOUIS*

Vous avez brûlé do l’encens sur mes autels, et vous me le reprochez aujourd’hui... Mais vous ôu*s un faux mage!

■ONT FLANQU1M-

Ah! aht... si nous rentrions?...

lol’isk, rouf muant.

Vous avez cru qu’un sourire signifiait : Je vous aime! Ce n’est pas ma faute. Si plus lard j’ai fait bon accueil à vos madrigaux, c’est que j'ai l'habitude d't-lre polio avec les gens que je reçois; si j“ vous ai parfois confié mon bouquet ou mon éventail, c'est qu’ils nie gênaient; si je vous ai écouté quand vous me parliez d’amour, c’est que j'ai cru que c’était seulement pour parler de quelque chose : mais dans le monde, monsieur, on a de l'amour sur toi comme ou a des bonbons, et on ofTrecela aux daims entre deux contre lansts... cela ne vo pas plus loin, et sous prétexte qu’uno femnio aura avalé vos fadeurs ou croqué vos pistaches, on ne va pas l’attendre au coin d’un bois... pour lui demanJer l’amour ou. la vie.

SAINT-LAURENT

Ah 1 bravo ! bravo !

■OKTPLANQUtN.

Mais, sacrebleu I c’est une conversation do coin du feu, ceci, ça manque de chenets.

louisb, çui s' est rapprochée de René.

Quant à l'héritage paternel, englouti, dites-vous, dans le tourbillon de mes fêtes, je vous avoue que je ne comprends pas de tout. Chaquefleur de vos bouquets renfermait-elle donc au fond de ton calice une perle line en guise de rosee? En ce cas, Monsieur, nies femmes doivent être millionnaires 1 (Tous rien/.)

uenê, à part.

Ah! c’est trop d’outrages ! (Avec fureur.) Louise do Maronnes, hier je vous haïssais, aujourd’hui jo vous méprise I... loiise, après un mourraient, avec ironie.

Méprisée !... inepnsee par vous, monsieur Noirel... mon Dieu! qu’est-ce que je vais devenir?... Vite, l’aquita, pour fuir au bout du monde I... (Elle éclate de rire et remonte vert le fond.)

■UftTFLAKql'IN, à Rétlé.

Vous êtes battu, mon chéri allons-nous-en... (Tous sont remontée.)

looise, à René.

Monsieur N’oirel, je souhaite pour votre repos que vous me méprisiez toujours.

rené, à moitié fou , s'élançant auprès de Louise.

Madame !

louise, avec raillerie.

An revoir, René Noirel !...

tocs.

An revoir!,.. (Ils disparaissent.)

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