SCENE XII
RENÉ, JEANNE dans la chaumière.
rené, pleurant de rage.
Ohl je tuerai cette femme !... (Changeant de ton) La tuer! est-ce que je l’aime encore? mm, non, je ne l'aime plus, je ne l’ai jamais aimée; seulement, je voudrais rno venger d'elle. (Il «ieni s'asseoir à gauche.)
JEANNE, sortant.
Je n'entends plus rien...
RENÉ
Oh l si j’étais riche encore une fois ! si je pouvais retourner h Pins!... mais non c’est imposable 1 je n’ai plus rien, rien ! jeannk. regardant partout.
Ils sont partis! Cette méchante femme, eorarno elle l'a humilié ! Ah ! il e=t encore Ut t
RENÉ
Oublions tout cela. Cette femme ne mérite môme pas ma haine ! (si près vn silence.) Elle a été sans pitié! et ses amis!... car elle en a, elle!... moi, je u'en ai pas, je suis seul, soûl sur la terre.
jea.nne, à part , en descendant près de René.
Comme il souffre I...
rené, l'apercevant.
Ah 1 c'est vous, Jeanne I vous ne rno fuyex donc plus?
Non.
RENÉ
Je suis bien malheureux, Jeanne; j’ai, je lo crois, assez expié ma faute, et il serait temps que le ciel ui’enrojât son ange do pardon.
JEANNE
Espérez...
RENÉ
Espérer ! comme vous me dites celt, Jeanne f il y à des larmes dans votre voix... CMi ! que votre pillé me fait de bien !... j banne, à part .
Oh! mon Dieu! je me souviens... ma mère m’a dit : Jeanne, méfie-toi de ta pitié 1
RENÉ
Plusieurs foisdéjk, tandis que chacun me regardait avec effroi, votre triste sourire est venu mo consoler. Jeauoe, soyea bénie!...
Jeanne, troublée.
Vous vous repentez, n’est-ce pas?...
RENÉ
Oh ! oui 1 Jeanne 1
Vous pouvez reconquérir l'estime dé tous, l’amitié de Marguerite. Je prierai D.eu pour qu’il vous conduise, et quand le courogo vous manquera, vous viendrez à moi et nous parlerons de votre mère qui m'a si sou veut parlé de vous, quaud voua étiei là-bas.
resté, te levant.
Chère enfant I Oh ! j'étais fou I j’étais aveugle! j’allais courir le ra<mde h la recherche d’une affeciicn coupable, quand j’avaii si près de moi cette affection sainte !...
JEANNE
Monsieur René...
RENÉ
J’appelais l’ange du pardon, mais il est venu... c’est vous’, Jeanne, mon amie, ma sœur! Ah! voilà lo premer moment de bonheur que j’aie goûté depuis deux ans, et c’est à vous quo je le dois. Merci, Jeanne.
dellottb, dans le bois.
Venoz donc, vous autres!
Jeanne, remontant.
Bel lot te et les boisières ! si on nous voyait!
Eh bienl
JEANNE
C’est quo ma mère m’avait défendu..*
RENÉ
De mo parler! Jeanne? Si on vous disait : votre mère est morte, elle m’a souvent parlé de vous, mais je no veux pas voua répéter ses paroles, vous souffririez, n’est-co pas?
JEANNE
Oui, mais c’est que...
RENÉ
Ce soir, à huit heures, je serai derrière la claire voie...
J’ai besoin de courage, Jeanne; venez me parler de ma mère... A ce «oir ! a ce soir! (A part, en sortant.) Ah ! madame d«* Marennes, je saurai bien vous oublier, (/f ditparail par la droite.)