MADEMOISELLE
Monsieur le Ministre me charge de vous faire savoir qu'il a pris connaissance de votre lettre en date du 31 juillet dernier, par laquelle vous
appelez son attention sur les titres que pourrait avoir M. le docteur Boudechoux, demeurant rue des Maigrelets, 27, à une promotion dans l'ordre national de la Légion d'honneur.
Aucune demande n'ayant été formulée par M. le docteur Boudechoux, il a été convoqué dans les bureaux du ministère. Note a été prise de ses déclarations, desquelles il résulte que, pour des motifs personnels, sa candidature est volontairement ajournée.
Toutefois, monsieur le Ministre a décidé qu'une subvention extraordinaire de deux mille francs, pour achat de médicaments, serait allouée, sur les fonds du ministère, au Dispensaire de la rue des Maigrelets, auquel M. le docteur Boudechoux est attaché depuis trente-cinq ans, à titre bénévole.
Il y a là, mademoiselle, une disposition exceptionnelle qui ne saurait être étendue aux différents quartiers de Paris et il ne vous échappera pas que cette mesure de faveur, en ce qui concerné votre quartier Saint -Magloirc, réparc amplement l'inégalité des distinctions honorifiques attribuées au corps médical.
Vpiiiliez, etc.
Monsieur X...,
soldat aux Compagnies de discipline
à Oran (Algérie).
Paris, le 15 juin 1895.