SCÈNE X
MONTIDY, LE CHEVALIER.
LE CHEVALIER
Maintenant que nous sommes seuls... qu'est-ce donc que vous me voulez ?
MONTIDY.
Mon ami, ma position n'est plustenable... impossible de vivre ainsi plus longtemps... Je ne suis pas un homme... je suis un pantin , et c'est vous qui tenez la ficelle.
LE CHEVALIER
Je ne devine pas.
MONTIDY.
Depuis c^ jour maudit... je ne suis plus le même! J'étais sensible, autrefois... j'ai toujours été sensible..., mais aujourd'hui ma sensibilité devient une lâcheté, une stupidité.. Oui, je suis stupide!... Il y a une heure, Carillac a fait mine de tirer sur vous un coup de pistolet... non chargé, je le
:j(» la hoiTt i)'Aii(;t:NT
savais .. Eti hien !... jéiHï* ému comme s'il s'agissait de lua vie; la sueur perlait sur mou front... J'ai failli me trouver mal... Je me croyais déjà un homme mort!
LE CHEYM«IER^ riant.
Mon cher^ vous me faites Teffet d'une sensitive.
Ne riez pa^l Autre exemple : Avant la boîte, j'aimais ma coutiiiej jeme contentais de Taimer, voilà tout... Aujourd'hui, ce n'est plus de l'amour.:, c'est de la passion^ o'est de la rage... Si cela durait encore, je deviendrais fou !
LK CHKVALIKK.
Eh bien ! Montidy ?
MONTIDY.
Eh bien , je n'y tiens plus^ et je vous rapporte...
f.B CREVALIEII.
Que me rapportez -vous?
.wo?rriDY,
Ce. que vous m'aviez donné, confié... la pi»tite hoîKî...
LE r.HBVAfJKH.
MONTIDY.
Oui... La voilà. (n lui présente une peUle botte.)
LE CHEVALIER, regirdanl la boite sans y louelier.
Vi»UR voulez que je reprenne cette boîte ?
MONTIDY.
Je vous en supplie, chevalier... sans cela, je serais vieux dans six mois, j'aurais des rides, j^aurais des cheveux blancs, je m'éteindrais comme la flamme d'une Imugie qu'on aurait brûlée par les deux bouts I Au nom de l'amitié, au nom de rhliiiiaiiité> reprenei votre cœur !
(M">* de Gharine par&tt au fond, à gauche.) . LE CHEVALIER, à part.
Elle est là î elle écoute... (Haut.) Elle vous gêne donc bénucoup, cette boîte?
SCKNE X :;i
MOVriDV.
Elle inc porte malheur!... et je vous la rends... Vous hésitez? vous avez peur?...
LE CHEVALIER
Non ! (il prend la botte, en ayant Tair â*éprouver uue commotion.) MADAIIE de charme, cftchée att fond dn théâtre.
Il a tressailli t
MONTIDY.
Ah! Dieu mefci^ m'en voilà débarrassé! Je me sens mieux ! je respire !
LE chevalier^ préoccupé, (il passe devùit Montidy.* )
il y a vraiment de» choses inexplicables! J'éprouve^ depuis un instant... C'est curieux^ c'est honteux !... ce que c'est que de sentir battre son cœur!... J'en avais perdu l'habitude.
MONTIDY^ à part.
Voyez- VOUS...
le CHEVALIER.
Je me sens tout autre... Je m'attendris malgré moi... Je crois à tout... à l'amour... au dévouement... à l'amitié... Embrassez -moi, Montidy ! (n embrasse Moniidy.
MONTIDY, à part, montrant le chevalior.
Je ne le reconnais plus !...
Ah ! que c'est bon d'embrasser un ami !...^
MONTIDY, à part.
C'est drôle... maintenant, moi, je suis froid. (Haut.) Calmezvous».. Chevalier, vous devriez rester à dîner avec nous.
LE CHEVALIER
J'accepte, mon ami, j'accepte... Je resterai ici tant que ^ vous voudrez... Je renais... je m'épanouis... je suis heureux
de vivre!... (il s*assied sur le sofa.)
MONTIIiY, à part.
C'est extraordinaire! (Haut.) Je vais prévenir ma cousine...
* Le Chevalier, Moiiliily.
3i LA UOITK D'AHGEiNT
Je vais bien l'étonner ! (Frappant sur la poitrine du chevalier conim«
on iVappe à une porte.) Il y a donc quelqu'un ?
■ (Le chevalier veut Tembrasser encore ; il s'enfuit.)