‹ La boîte d'argent: comédie en un acteChapitre 18 sur 22 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

MONTIDY, LE CHEVALIER.

LE CHEVALIER

Maintenant que nous sommes seuls... qu'est-ce donc que vous me voulez ?

MONTIDY.

Mon ami, ma position n'est plustenable... impossible de vivre ainsi plus longtemps... Je ne suis pas un homme... je suis un pantin , et c'est vous qui tenez la ficelle.

LE CHEVALIER

Je ne devine pas.

MONTIDY.

Depuis c^ jour maudit... je ne suis plus le même! J'étais sensible, autrefois... j'ai toujours été sensible..., mais aujourd'hui ma sensibilité devient une lâcheté, une stupidité.. Oui, je suis stupide!... Il y a une heure, Carillac a fait mine de tirer sur vous un coup de pistolet... non chargé, je le

:j(» la hoiTt i)'Aii(;t:NT

savais .. Eti hien !... jéiHï* ému comme s'il s'agissait de lua vie; la sueur perlait sur mou front... J'ai failli me trouver mal... Je me croyais déjà un homme mort!

LE CHEYM«IER^ riant.

Mon cher^ vous me faites Teffet d'une sensitive.

Ne riez pa^l Autre exemple : Avant la boîte, j'aimais ma coutiiiej jeme contentais de Taimer, voilà tout... Aujourd'hui, ce n'est plus de l'amour.:, c'est de la passion^ o'est de la rage... Si cela durait encore, je deviendrais fou !

LK CHKVALIKK.

Eh bien ! Montidy ?

MONTIDY.

Eh bien , je n'y tiens plus^ et je vous rapporte...

f.B CREVALIEII.

Que me rapportez -vous?

.wo?rriDY,

Ce. que vous m'aviez donné, confié... la pi»tite hoîKî...

LE r.HBVAfJKH.

MONTIDY.

Oui... La voilà. (n lui présente une peUle botte.)

LE CHEVALIER, regirdanl la boite sans y louelier.

Vi»UR voulez que je reprenne cette boîte ?

MONTIDY.

Je vous en supplie, chevalier... sans cela, je serais vieux dans six mois, j'aurais des rides, j^aurais des cheveux blancs, je m'éteindrais comme la flamme d'une Imugie qu'on aurait brûlée par les deux bouts I Au nom de l'amitié, au nom de rhliiiiaiiité> reprenei votre cœur !

(M">* de Gharine par&tt au fond, à gauche.) . LE CHEVALIER, à part.

Elle est là î elle écoute... (Haut.) Elle vous gêne donc bénucoup, cette boîte?

SCKNE X :;i

MOVriDV.

Elle inc porte malheur!... et je vous la rends... Vous hésitez? vous avez peur?...

LE CHEVALIER

Non ! (il prend la botte, en ayant Tair â*éprouver uue commotion.) MADAIIE de charme, cftchée att fond dn théâtre.

Il a tressailli t

MONTIDY.

Ah! Dieu mefci^ m'en voilà débarrassé! Je me sens mieux ! je respire !

LE chevalier^ préoccupé, (il passe devùit Montidy.* )

il y a vraiment de» choses inexplicables! J'éprouve^ depuis un instant... C'est curieux^ c'est honteux !... ce que c'est que de sentir battre son cœur!... J'en avais perdu l'habitude.

MONTIDY^ à part.

Voyez- VOUS...

le CHEVALIER.

Je me sens tout autre... Je m'attendris malgré moi... Je crois à tout... à l'amour... au dévouement... à l'amitié... Embrassez -moi, Montidy ! (n embrasse Moniidy.

MONTIDY, à part, montrant le chevalior.

Je ne le reconnais plus !...

Ah ! que c'est bon d'embrasser un ami !...^

MONTIDY, à part.

C'est drôle... maintenant, moi, je suis froid. (Haut.) Calmezvous».. Chevalier, vous devriez rester à dîner avec nous.

LE CHEVALIER

J'accepte, mon ami, j'accepte... Je resterai ici tant que ^ vous voudrez... Je renais... je m'épanouis... je suis heureux

de vivre!... (il s*assied sur le sofa.)

MONTIIiY, à part.

C'est extraordinaire! (Haut.) Je vais prévenir ma cousine...

* Le Chevalier, Moiiliily.

3i LA UOITK D'AHGEiNT

Je vais bien l'étonner ! (Frappant sur la poitrine du chevalier conim«

on iVappe à une porte.) Il y a donc quelqu'un ?

■ (Le chevalier veut Tembrasser encore ; il s'enfuit.)

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