‹ La BombardeChapitre 15 sur 62 · JEAN LE COCU · texte numérisé non relu

JEAN LE COCU

Quand Jean le Gueux s'est marié,

Devant l'autel il a crié :

« J'en jure par ma race ancienne,

« Moi, Jean sans bien, mais sans effroi,

« Si quelqu'un prend, fût-ce le Roi,

« Ma femme, je prendrai la sienne. »

Et, brave, il s'est mis en chemin, Tenant sa Jeanne par la main ; Et Jeanne allait Hère et ravie ; Car, s'ils étaient gu^ux, elle avait Le cœur dun maie pour chevet, Et c'est de quoi fleurir la vie.

BISLIOTHECA

Jean l'adroit sait tous les métiers Et peut fournir des jours entiers A travailler sans perdre haleine ; Et le soir, pour se reposer, La douce chanson du baiser, Jean le Fort la chante à voix pleine.

Aussi Jeanne chaque matin N'aurait qu'à bénir son destin ; Mais il lui vient mélancolie.

Elle songe, et pleure en songeant, Qu'avec un peu, si peu d'argent, Elle serait bien plus jolie,

Qu'il est lourd, le bois des sabots, Que des souliers fins sont très beaux. Que dans la soie on est charmante.

Que sur des cheveux d'or vivant Il est triste, les soirs de vent, D'avoir son tablier pour mante.

Et, tandis que Jean sans le sou Bûche et trime à s'en rendre soûl.

Voici que Jeanne la Coquette

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