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LES SEPT PETITS VIEUX

Ils étaient sept petits vieux, Ni plus, ni moins, ni pire, ni mieux.

Ils étaient sept petits vieux.

Tous amoureux de la Maugrabine,

Qui, pour dot, a sa trombine, Son nez, son poil, sa bouche et ses yeux,

Et son corps de Maugrabine, Ni plus, ni moins, ni pire, ni mieux.

Ils étaient sept petits vieux Dans la débine.

Comme elle, étant sans argent,

Ni peu, ni prou, ni jaune, ni blanc.

Comme elle, étant sans argent.

C'est donc à l'œil qu'ils ospéraient faire

A la mome son affaire.

Mais elle allait les décourageant :

.« Il ne faut pas me la faire, • Xi peu, ni prou, ni jaune, ni blanc.

'< Avec les vieux, c'est Targent '< Que je préfère. »

Les sept petits vieux s'en vont, Cahin, calia, Tceil blanc, le nez long,

"Les sept petits vieux s'en vont Se noyer dans la grande carouge

Où bout le vin doux qui bouge.

Et houp ! Les sept font le saut. Au fond!

Tout au fond de la carouge, Cahin, caha, l'œil blanc, le nez long,

Et leurs sept âmes s'en vont Dans le jus rouge.

Quand le vin en fut tiré.

Buvons, buvez, j'en bois, j'en boirai.

Quand le vin en fut tiré.

Le coup que j'en bus sentait les flammes.

•Jamais tant ne nous soulàmes.

Tout l'enfer dans ma gorge est entré,

L'enfer et toutes ses flammes.

Buvons, buvez, j'en bois, j'en boirai.

J'avais dans le viii tiré Bu les sept âmes.

Je m'en revins par le bois, Chantons, chantez, mon cœur est en voix,

Je m'en revins par le bois, Et j'y rencontrai la Maugrabine

Dormant sous une aubépine.

Elle eut l'air d'une biche aux abois

Quand je lui dis ; « Maugrabine, " Chantons, chantez, mon cœur est en voix,

« Veux-tu du vin que je bois « Dans la déline? »

Elle dit : « Toi, je te veux. »

Ni plus, ni moins, ni pire ni mieux,

Elle dit : « Toi, je te veux. »

Et soudain dans mes bras elle pâme,

M'ofîrant son souffle de bàme, Son nez, sou poil, sa bouche et ses yeux,

Et son corps en rut qui pâme.

Ni plus, ni moins, ni pire, ni mieux.

Riez, les sept petits vieux, Que j'ai dans l'àme î

29i LA BOMBARDE

Car c'est eux, les sept, eux seuls, Pleurez, priez, cousez vos linceuls,

Car c'est eux, les sept, eux seuls, Qui vous possèdent, pauvres fanfioles.

Quand au vent de nos paroles Les sept petits vieux sont vos filleuls

Et font de vous nos fanfioles.

Pleurez, priez, cousez vos linceuls,

Les sept petits vieux, eux seuls.

Sont fous des folles.

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