‹ La BombardeChapitre 57 sur 62 · I.es laissant le bec dans l'eau · texte numérisé non relu

I.es laissant le bec dans l'eau

L'œil morne, Retourne vers les vrais las, Ceux qui ont pour matelas

La borne ;

Ceux dont les crocs hasardeux Ne mangent qu'un jour sur deux

A peine ; Qui jamais, jamais n'ont eu Dun à-panse-que-veux-tu

L'aubaine ;

Ceux dont les amours maudits Font grouiller les noirs taudis

De gosses, Ramastiqueurs de mégots, Malandrins et mendigots

Précoces,

Les va-nu-pieds, meurt-de-faim.

Sans-logis, tous ceux enfin Que serre.

Serrant on ne sait jusqu'où, Par le ventre et par le cou, Misère,

Tous ceux qui devraient bénir Le vieux marchand de finir

Leur vie, Et que pourtant vainement A mourir son boniment

Convie.

Car tous, malgré ses discours, Répondent : « Les jours sont courts,

« Bernique î »

Et pleins d'un amour profond De vivre, à la mort ils fout

La nique.

Le marchand point n'insista, Ran plan plan, taratata,

Lanlaire ; Mais il dit : « Allons-nous-en ! »

D'ailleurs, il n'était pas en

Colère ;

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Car ce bon vieux qui, joyeux, Avec une flamme aux yeux,

Ravie, Ran-plan-plan-taratatait, Ce marchand de morts, c'était

La Vie.

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