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bitants ; Pontinia 7 à 8.000 ; Sabaudia 6.000 ; Aprilia en comptera 5.000 environ.
Tous ceux qui, comme nous, visiteront maintenant cette campagne Romaine que la littérature et la peinture nous ont toujours présenté comme des terres maudites, comprendront et admireront la toute puissance de la volonté créatrice des hommes. Que de chemin parcouru depuis les pages magnifiques et tragiques de Madame de Staël dans « Corinne ou l'Italie » !
Et devant ces blanches maisons, ces puissantes installations hydrovores, ces canaux et ces routes impeccables, toute cette activité bien disciplinée, ces riches moissons, cette vie intense, ils ne pourront peut-être pas réprimer un certain sentiment de regret pour cette transformation d’une nature hostile certes, mais toute pleine de charme romantique. Comme nous sommes loin des sublimes descriptions du grand paysagiste que fut Chäteaubriand dont le style si riche s'apparente presque à la peinture ! Aussi nous permettrons-nous de reproduire ce passage saisissant d’une de ses lettres de voyage à Monsieur de Fontanes où il lui décrit cette campagne de Rome :
« Figurez-vous quelque chose de la désolation de Tyr et de Babylone dont parle l’Ecriture, un silence et une solitude aussi vastes que le bruit et le tumulte des hommes qui se pressaient jadis sur ce sol. On croit y entendre retentir cette malédiction du Prophète : « Venient tibi duo hæc subito in die una, sterilitas et viduitas ».
Vous apercevez çà et là quelques bouts de voies romaines dans des lieux où il re passe plus personne, quelques traces desséchées des torrents de l'hiver : ces traces, vues de loin, ont elles-même l'air de grands chemins battus et fréquentés, et elles ne sont que le lit désert d'une onde orageuse, qui s’est écoulée comme le peuple romain. À peine découvrez-vous quelques arbres, mais
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partout s'élèvent des ruines d’aqueducs et de tombeaur : ruines qui semblent être les forêts et les plantes indigénes d’une terre composée de la poussière des morts et des débris des empires. Souvent, dans une grande plaine, j'ai cru voir de riches moissons, je m'approchaïs, des herbes flétries avaient trompé mon œil. Parfois, sous ces moissons stériles, vous distinguez les traces d’une ancienne culture. Point d'oiseaux, point de laboureurs, point de mouvements champétres, point de mugissements de troupeaux, point de villages. Un petit nombre de fermes délabrées se montrent sur la nudité des champs, les fenètres et les portes en sont fermées, il n'en sort ni fumée, ni bruit, ni habitants. Une espèce de sauvage presque nu, pâle et miné par la fièvre, garde ces tristes chaumières, comme les spectres qui, dans nos histoires gothiques, défendent l'entrée des châteaux abandonnés. Enfin l’on dirait qu'aucune nation n'a osé succéder aux maîtres du monde dans leur terre natale, et que ces champs sont tels que les a laissés le soc de Cincinnatus, ou la dernière charrue romaine ». (1)
(1) CHATEAUBRIAND (François, René de). Œuvres complètes, (Voyage en Italie). Paris, Purrat, 1836-1839, 36°, vol, in-8°,
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