‹ La Bonification Intégrale en ItalieChapitre 4 sur 32 · AN TRUE AAC DU · texte numérisé non relu

AN TRUE AAC DU

a ainsi donné aux bonifications des caractères économiques et sociaux plus accentués que jadis. Ses buts sont nettement visibles, ce sont l’augmentation de la richesse Nationale, une plus grande fécondité démographique, un plus grand attachement à la propriété, à la maison, à la famille ; car suivant un principe sociologique très juste et repris par le Duce, « la population des campagnes constitue un réservoir sans lequel les villes finiraient par se cristalliser, par vieiilir, par se dépeupler ».

Pour comprendre les raisons pour lesquelles l'Etat a fait entrer dans la législation une série de mesures coercitives, tout en évitant de décourager les entreprises privées, il faut avoir présent à lesprit les principes dominants du Fascisme politique, économique et social, réunis dans la Charte du Travail. La connaissance de ces principes essentiels étant nécessaire pour éclairer notre route, nous exposerons rapidement ces règles directrices, puisées dans les deux ouvrages remarquables du Professeur Guido Bartolatto, de l'Université ce Rome. (1)

L'Etat fasciste résume et réunit les activités morales, juridiques, politiques, économiques et sociales. Sa formule est celle proclamée par le Duce : « Tout dans l'Etat, rien contre l'Etat, rien en dehors de l’Etat ». Mais il ne faut pas que l'intérêt particulier soit étouffé sous la pression et la supériorité de l'Etat. L’individu ou l’entreprise privée doivent poursuivre leur propre intérêt, parce que cet intérêt est utile à la Nation. Ils doivent bien administrer leurs propres biens et travailler pour leur propre enrichissement, car celui-ci a sa répercussion sur la richesse et le bien être général.

Néanmoins l'Etat est antérieur aux individus et peut

(1) Guido Borrozorro : Politica corporativa. Ulrico Hoepli, Milano, 1933. — Idem : Diritto corporativo, Ulrico Hoepli. Milano, 1934.

ET

revendiquer envers les sujets des droits antérieurs et supérieurs aux leurs.

Donc à la base de la doctrine de l'Etat fasciste, se trouve le principe de la subordination des intérêts individuels et collectifs, aux exigences supérieures de l’intérêt public.

Le Fascisme veut, néanmoins, demeurer libéral, puisqu'il affirme que dans l’ordre économique, l’intérêt doit rester le stimulant de toute activité, ce qui ne lempêche pas d’ajouter aussitôt, que les fins de l’activité économique privée ne doivent pas se résoudre en des fins individualistes, lesquelles doivent, même dans le champ économique, être subordonnées à des fins sociales et nationales, par ce que la Nation est une unité économique qui se réalise intégralement dans l'Etat Fasciste.

En définitive, l'intervention de l'Etat dans la production constituera une exception et non la règle. I] n’y aura d'intervention que pour des raisons particulières et les formes de l’intervention doivent être autant que possible, atténuées.

L'Etat s’occupera de la production quand son intérêt politique l’exigera. C’est notamment le cas pour la bonification ct, puisque le but de l’organisation agraire doit être la puissance de l'Etat, il est évident que son intervention est nécessaire et opportune dans les cas où elle répond à l'intérêt politique.

Comment et quand cela se vérifie-t-il ? C’est là un problème que l’on ne peut résoudre en termes abstraits, mais par des cas concrets, car si la Charte contient les principes de la politique économique elle n’en contient pas les applications. Et puis, en plus des cas où sont en jeu les intérêts politiques, il y a ceux où l'initiative privée manque ou est insuffisante.

L'intervention de l'Etat dans la production pour des

Lg

raisons économiques s’imposera donc chaque fois qu’il y aura discordance entre le résultat de l’initiative privée et certains buts qui sont considérés comme opportuns pour des raisons de politique générale ; mais cette intervention s’opérera selon une progression croissante : Contrôle, encouragement, gestion directe.

Il est évident que ces principes généraux proclamés dans la Charte du Travail n'ont rien de révolutionnaire, c’est le libéralisme. économique et social mitigé par l'Etatisme. Le pouvoir absolu se réserve, grâce à une interprétation subtile des raisons d'Etat, d'intervenir quand il le jugera opportun. Selon les circonstances, les producteurs pourront agir comme dans n’importe quel Etat libéral, ou seront soumis à un régime très strict imposé par le pouvoir dictatorial.

Dans les bonifications on trouve ce mélange de libéralisme et d’étatisme, car la conception fasciste de la bonification est essentiellement politique; c’est un instrument de défense et de développement de la vie rurale de la Nation pour des raisons plutôt sociales et politiques qu’économiques.

Arrigo Serpieri, le premier Sous-Secrétaire d'Etat à la bonification intégrale, a défini ces buts sociaux et politiques en ces termes : « Bonification intégrale, écritil, signifie réaliser, entre l’homme et la terre, les rapports les plus adéquats en vue d’une meilleure vie sociale commune ; signifie mieux répartir les hommes sur la terre, les diriger des régions aujourd’hui congestionnées vers d’autres dépeuplées. Aux valeurs économiques, on joint ainsi les plus hautes valeurs spirituelles. 1 s’agit non seulement d’une plus grande production, mais du siège de la vie humaine et des rapports sociaux : il s’agit des moyens de communications et d'échanges non seulement des biens économiques, mais des idées et des biens spirituels. Grâce à la bonification intégrale, le

Fr ee

misérable prolétariat des journaliers pourra s'établir sur la terre-mère avec des rapports stables et continus. Il trouvera la vie tranquille. Ainsi seront tués des germes vénéneux de désagrégation sociale. Grâce à la bonification, on créera pour demain de nouveaux sièges, aptes à une petite propriété vitale et florissante. On pourra décongestionner les centres urbains où le chômage sévit à l’état endémique. En attendant que les journaliers soient fixés sur les territoires améliorés, ils seront occupés aux travaux de bonification.

« Pour l’expansion de l’idée italienne dans le monde, il faut créer de nouveaux foyers de vie rurale intense, afin d'augmenter le revenu national et de sauvegarder, contre les forces funestes de la ville, la vie familiale des campagnes, saine, ordonnée et prolifique. Ce but, le Gouvernement veut atteindre par sa politique de ruralisation et plus spécialement par la bonification intégrale. Celle-ci doit, grâce à un meilleur emploi de la terre et de l’eau, permettre des systèmes intensifs de production agricole et assurer l’existence à une population plus dense qui connaîtra ainsi des formes de vie sociale civilisées et harmonieuses ». (1)

La bonification intégrale suppose donc des travaux de génie et de technique agraire et forestière, extrêmement variés. Elle englobe l’amélioration des fonds et la protection sanitaire, la construction de routes et de centres de peuplement, la protection contre l’eau et l’utilisation de cet élément soit aux irrigations, soit comme source d'énergie, le rcboisement et les plantations, l’aménagement agricole du sol et son amendement.

La bonification est intégrale lorsque sont exécutés tous les travaux fonciers nécessaires à une organisation de la production agricole, répondant le mieux aux fins

(@) Arrigo Senprieri : Aspects sociaux et politiques de la Bonification Intégrale en Italie. Roma, 1933 ; 4.

non seulement économiques, mais morales et politiques de la nation.

La bonification s’applique non pas à une catégorie déterminée d’ouvrages d’assainissement hydraulique, mais à un territoire que l'Etat délimite (Zone de bonification ou comprensori di bonifica en Italien), où il faut défendre ou créer une agriculture intensive.

Le Gouvernement reconnaît l'insuffisance du seul aménagement hydraulique des zones palustres. Il estime que des raisons d’ordre économique et social peuvent justifier l’intervention de l'Etat dans des territoires non marécageux, afin de corriger les conditions de milieu et de créer une situation meilleure dans l’ordre agraire et social.

« Inspirée par les exigences intégrales de la nation, écrit Serpieri, la politique fasciste rétablit le caractère et la valeur nationale des travaux publics, en abandonnant toute conception particulariste qui considérait chacun des travaux comme une fin en soi et en y substituant l’idée de tout le territoire à mettre en valeur ». (i)

C’est sur la base de ces principes que furent entrepris tous les grands travaux de bonification qui allaient se multiplier principalement dans le Midi.

Dans l'Italie septentrionale et centrale, en effet, lœuvre de l’homme est poussée d’une façon tellement profonde et étendue que la terre cultivée apparaît presque comme sa création. Il suffit d'évoquer pour cela les travaux d’assèchement de la vallée du Pô. Sur beaucoup d’autres point de FItalie du Nord, l'initiative pr$vée, sans appui sérieux du Gouvernement, a réalisé des bonifications très importantes.

Dans l'Italie méridionale et insulaire au contraire, excepté les îlots d’horticulture et les territoires livrés

(4) A. Serpiert : La Bonifica Integrale ; 4.

à l’arboriculture intensive, on trouve de vastes étendues de terre presque nues, malariques, dépeuplées,

propres seulement à une pauvre activité pastorale et à la culture extensive du blé.

Aux structures diverses du régime foncier correspondent deux structures de la société rurale : dans le Nord une société moins pauvre, avec des classes sociales moins divisées ; dans le Midi et les îles, une population extrêmement misérable, une distribution de fortune inique, une insolente richesse à côté d’une désolante misère.

Le Gouvernement fasciste s’attacha avec une grande énergie à cette œuvre de nivellement des deux Italies, en espérant que les bonifications contribueront grandement à porter le Nord et le Midi à des régimes fonciers et, par conséquent, à des structures économiques et sociales moins différentes : l’unité Nationale trouvera ainsi dans cette œuvre sa plus sûre base physique.

L'extension de la bonification intégrale à tout le pays n’est qu’un aspect de ce dogme national « il faut ruraliser l'Italie, il faut demander à l’agriculture la solution de la plupart des problèmes nationaux ».

Enfin, pour le fascisme, la ruralisation de l'Italie représente, selon les termes du professeur Acerbo, non seulement la valorisation intégrale de la richesse potentielle du pays, mais encore une étape majestreuse de la route ascendante de la civilisation méditerranéenne... (1)

(Hi) G. Acerso : Le Direttive della Politica rurale del Regime. Roma, 1530 ; 25.

ÿ (i ‘A { À il À

Page 1