ACTE DEUXIÈME
Non; il faut terminer ratïaire dans l'instant,
Car la nécessité nous presse, et Troie attend.
Pourquoi chercher si loin? Nous savons qui nous sonimcï
Hector est là, le plus estimable des hommes,
Irréprochable époux d'Andromaque, cité
Pour sa réserve fière et sa pudicité.
Où trouver une main et plus pure et plus digue?
L'opinion, mon fils, par ma voix te désigne.
L'opinion, mon père, a des arrêts hâtifs.
Juge mal informé, prodiguant sans motifs.
Une injure ignorante ou d'aveugles hommages,
Elle se fait de nous de trompeuses images
Et nous prête au hasard, prompte aux malentendus.
Des vices trop souvent, — quelquefois des vertus.
Mon fils, que reux-tu dire?
HECTOR
Excusez-moi, mon père :
Mais je dois déchner l'honneur qu'on me veut faire.
PRIAM
Quoi! La ville en détresse implore ton secours: Chargé de maux, hélas! plus encor que de jouis. Ton vieux père te prie, Hector, et tu refuses?... Entêtement cruel, et qui n'a point d'excuses! Ah! crains d"irriter Zeus aux infaiUibles traits.
HECTOR
Eh! c'est en vous cédant que je l'irriterais.
PARIS
Tu dis^
Pardonne- moi, frère chéri des Grâces.
Je dis... que je crains Zeus et ses justes menaces.
PRIAM
Qu'entends-je?
PARIS, à Hector.
Ah çà!...
HECTOR, le regardant d'un certain air.
Quoi?
PARIS
Rien. Nous en reparlerons.
A Hélène.
Mais vous, avez- vous cru qu'insensible aux affronts...
HÉLÈNE
Mon doux Paris, par notre amour qu'ici j'invoque... Va, je t'expliquerai... Ce n'est qu'une équivoque.
PARIS
Non, non, madame, il faut...
PRIAM
Mon fils, vous avez tort ; Et ce n'est point le temps, lorsque Troie et son sort Vous devraient, comme nous, occuper sans partage. De nous venir troubler de scènes de ménage.