ACTE DEUXIÈME
Mais...
r II I A M .
Taisez-vous, mon fils. Reprenons. Et pourquoi i\e choisirions-nous pas pour cet insigne emploi Notre petit Cleo? Son doux visage atteste L'innocence d'une âme ingénue et modeste. Certes le cher enfant a le cœur pur.
CLÉOPHILE, piteux.
Je Feus.
Et maintenant?
PARIS, inquiet.
Allons, parle !
CLÉOPHILE
Je ne l'ai plus, Et je crains Jupiter formidable au parjure.
PARIS
Ai-je bien entendu ? M'as-tu fait cette injure?
HECTOR
Quoi ! Vous aussi, mon fils !
PARIS, menaçant.
Ah çà 1...
CLÉOPHILE
Grâce ! A vos pieds Je me traîne... 0 mon oncle, hélas ! si vous saviez !...
Comme à Sparte jadis vous trahîtes votre hôte, Je vous trahis : songez que ce n'est pas ma faute : Notre cœur, malgré nous, brûla des mêmes feux, Et la blonde Vénus nous a perdus tous deux... Mais plutôt vengez-vous ! A ma tante fidèle. Je mourrai trop heureux, mourant à cause d'elle. J'emporterai là-bas l'odeur de ses baisers. Et peut-être les dieux, par ma mort apaisés, Voudront se contenter de cette humble victime. Voici mon sein, frappez! Je confesse mon crime Et, doux, je bénirai la main par qui je meurs.
PARIS, le prenant par Toroille.
Debout, clampin 1 Et va te faire pendre ailleurs !
A Hélène,
Mais vous, madame, vous î Quelle impudence extrême,
HÉLÈNE
Hélas ! c'est un enfant. Son innocence même, Sans nul doute, ignorant l'amour et ses effets, Prit des rêves confus pour de réels forfaits.
PARIS, furieux.
Et moi, je dis...
PRIAM, sévère.
Il est contre la bienséance, Mon cher fils, de troubler si souvent la séance. Hélène vous adore ; elle quitta pour vous Sa patrie et ses dieux, ?es frères, son époux : Que vous faut-il de plus ?
PARIS
Mais... je...