‹ La bonne sainte, ou, L'histoire de la dévotion à Sainte Anne [microforme]Chapitre 21 sur 42 · LE CULTE DE SAINTE ANNE DEPUIS LE DOUZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE CULTE DE SAINTE ANNE DEPUIS LE DOUZIÈME SIÈCLE

Le pare Grégoire XIII Posait une double affirmation au sujet de la dévotion à sainte Anne: lu première, que “son ancienneté ren:onte AUX premiers siècle de l'Eglise” et nous venons Peut-être de nx8 en Convainère ;

A Ssecondo, que “les Monuments de cette

évotion sont dis-iminés à travers le monde U en d’autres L'rrues, que cette dévotion est depuis longtemps uriverselle,

Déjà, dans la pranière partie de ce travail, AOUS avons vu Ja bonne Saiute régner en soveraine sur Jérusalem, Rone, Constantino- Ple, et s'introduire mêm» en France cmme pour préparer les voies à sa Fille, et lui créer d'avance un royaume— son royume, selon la parole déjà cité: « Royaume de France, royaume de

arie.”

Mais il nons plaît “interroger l’un après l'autre certains Pays du monde et de les faire ré. Poudre à cette question : “ Qu’avez-vous fait Pour la Bonne Sainte !”

OS recherches ici partiront du douzième siècle, les pages précédentes ayant déjà fait quelque lumière «ur les temps antérieurs.

Un rot d'abord de l'Orient.

ous jisons dans un Manuel: “C'est de l'Orient que sniste Anne, cette douce mère, commença à répandre sur ses fidèles clients ce

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fleuve de grâces qui depuis a toujours coulé à travers les siècles sans Jamais tarir,

“ Malheureusement l'Orient fut ingrat, S:s peuples dégénérés altérèrent par des supersti. tions et de vaines observances ce culte dont ils eurent d'abord le rivilège ; plus tard, les iconoclastes brisèrent les statues et déchirèrent les images de notre Sainte avec celles des autres Bienheureux.

l'obligèrent à tourner ailleurs ses regards maternels êt à répandre ses bénédictions sur d'autres contrées, Êlle se trouva des enfants plus fidèles en Occident.” |

Assurément tout cela est vrai, mais faut-il en conclure que la Sainte, “la bonne Sainte”, comme nous l’appelons toujours, a déserté sa Propre patrie et ses premiers enfants ? Ce serait

une grand'mère. Ni femme, ni sainte, ni mère, ni grand'mère, n’oublieront jamais ceux qu'elles ont une fois aimés. Et non, sainte Anne n'a repris tout son cœur à l'Orient; et non, sans faire appel aux grands axiomes comme celui-ci Par exemple, que “l'amour appelle l'amour” l'Orient non plus n’a pas totalement oublié sa Sainte et sa Mère !

À part tous les anciens souvenirs qui sont restés : églises, chapelles, monastères, consacrée à sa mémoire, des monuments pe récents et en grand nombre, pourraient le prouver, et montrer la persistance de l'antique dévotion à travers les siècles,

Pour ne citer que deux ou trois faits, qu'estce que le village d'Hagia Anna, près de Mantoudi,

en Grèce? et un autre du même nom, près d'Artémision, dans l'île d'Eubée : qu'est-ce que cette chapelle à 1050 pieds d'altitude, près du mont Ercole, dans l'ile de Corfou, l’ancienne Corcyre; ce village et cette église dans une autre île encore plus célèbre, l'île de Rhodes ; cette congrégation de prétres qui s'est fondée, il y a près de trois cents ans, à Constantinople, pour propager la vieille et chère dévotion ? Qu'est-ce encore, aux portes de Smyrne, que ce “ Vallon-Sainte- Anne” avec chapelle Sainte-Anne, où viennent encore chaque année, le 26 juillet, de nombreux pèlerins, lieu charmant, ajouterions-nous, et que sainte Anne a choisi, sans doute parce qu’elle est un peu te, et qu'elle aurait le plaisir de voir couler à ses pieds mêmes le vieux Mélèce doucement chanté par Homère ?

Rien ne touche comme ces rapprochements de ce quily a de plus beau et de plus grand au monde, la piété et la poésie, deux sœurs divines en vérité, et à qui, en les envoyant dans le monde, Dieu a dû dire de ne jamais se sé r,

Rien de plus aimable non plus que les lignes suivantes de Américain de nos amis, qui écrivait de Jérusalem, en 1901, et peut-être non sans émotion, — l'émotion du protestant resté sincère et homme de cœur, jusque devant les manifestations de la foi catholique: “ Observe in the photograph herewith given tüe street of St. Anne’s church. You will note there are a group of women crouched along the wall of the church, and that others are coming on crutches. ere is tho place of magic hea ing. Here is where fundamental Christian Science is wonderfully illustrated. In an age and city where medical skill and science have not yet dawned,

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who wonders that those who are beyond the pale of preventive and remedial trentment, which is commanded b advancing knowledge

mind cure, to that divine imedication which our Savior employed with such wonderful succuss

ous y verrez un groupe de femmes accroupies au pied des murailles de l'église, et d'autres qui viennent sur des béquilles. Voilà le lieu de cures magiques. Voici où la foi l'emporte sur les œuvres, et où la science chresivnne fondamentale merveilleusement se révèle. Dans un temps et dans une ville où l'art et la science

préventive, et do tous ces soins ou traitements

que commande la connaissance du corps humain

et de ses infirmités, qui peut s'étonner que les

malades aient recours à la guérison spirituelle,

à cette divine médecine que notre Sauveur em-

ag Li tant de succès quand il était sur terre »”

On le voit donc, en 1901, et cela n’est bien loin de nous, les fidèles d'Orient avaient encore confiance en sainte Anne, et c’est sans doute qu'elle-même ne les avait pas encore abandonnés.

Non, la vieille Sainte-Anne de J érusalem reste toujours le béni sanctuaire et rendez-vous d'autrefois. Et non seulement là vous pouvez encore retrouver la Sainte, mais en des ne où vous

1 M. Staples, dans le Lesiston Journal.

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ne siez la rencontrer, comme, expo. au Marché Csntral, vous pouvez fire son nom gravé sur la pierre en caractères gothiques : S. ANNA—ScA ANNA —ANNA, et vous apprenez que cette inscription, qui aurait pu disparaître sous la main du temps ou celle des hommes, date du douzième siècle, Que si vous en cherchez l'explication, les uns vous diront qu'elle est le titre officiel de la concession par laquelle les rois francs de Jérusalem assignaient au monastère voisin de Sainte-Anne un droit sur les revenus du marché. D'autres, plus mystiques, vous la donacront comme un souvenir des Croisades, comiue Une reconnaissance publique des soins maternels que la Bonne Sainte prodigue sans cesse autour d'elle pour le bien corporel comme pour le bien spirituel de ses enfants.

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