LES PAYS BAS OU LA HOLLANDE
Comme l'Angleterre, la Hollande est depuis longtemps protestante, mais nous allons voir que, autrefois, notre Sainte y avait comme ailleurs sa ee d'honneur.
D'abord, le glorieux prodige que nous racontions plus haut quand nous disions qu'un “ tableau ” renfermant l'image de la Sainte s'était soudain ouvert devant Edouard IV, c'est à Deventer qu'il s'est passé, au moment ou le roi, depuis quelque temps exilé en Hollande, avait
ris le parti de or son pays. Où est-il rien ce “ tablet ” mecvdlloex ?
Quant aux notes qui vont immédiatement suivre, nous les devons à un vieil ouvrage intitulé Batavia Sacra et signé de douze initiales, ni plus ni moins: T. S. F. H.L H.S.TL P. V.
T:—S. T. L. serait sans doute Sucre Theologie Lector,Lecteur en sacrée Théologie, et cette façon de parler indiquerait un dominicain, mais peu importent ici nos découvertes, quand d’autres que voici sont plus importantes pour notre sujet.
À Delft, sainte Anne était la patronne d’un monastère de femmes et d’une confrérie. De plus elle avait une chapelle dans l'église Saint-
acques. |
A Leyde, un hospice pour les veuves et les filles pauvres lui avait été dédié en 1507 par de m Brouwer et sa femme Sophie de Wihelm.
A la cathédrale de Harlem, Nicolas de Hontem, consul, de concert avec sa femme Aleyde, avait érigé un autel pour la confrérie de sainte
Anne, et cette confrérie était tenue de faire dire une messe Je mardi de chaque semaine en l’honneur de sa patronne.—Notons en t que, dans la vieille Europe, le mardi était consacré à la Sainte. C'est l’ Ilemagne, pense-t-on, qui a la Jens établi cet u n retrouve cette messe septimanale à l’
glise de Northgo, ou Noertich comme on dit aujourd’hui, et nous voyons que, en 1570, on la chantait solennellement. M . observance à Saint-Mathias de Warmond.
Le pieux in-folio ne nous a pas fourni davantage, et aucun document ancien ne s'est après lui offert à nos recherches.
Seulement si on nous pardonne une mise en scène personnelle, nous étions une fois, une année plutôt, en Belgique, et nous révions d'une course en Hollande, puisque ce n'était pas, tant s'en faut, le bout du monde. 1] était bon de consulter un guide, le vieil ami Boedeker ou un autre. De fait ce fut un autre et rédigé dans un style dont on va juger- car il faut citer un pese :
“ Sur la frontière de Belgique, près de West- Capelle, la puissante tour de Sainte-Anne apparait, et plus loin le beffroi de l'Ecluse (Stuis en Hollandais — ceci est de vous) montre son chapeau à pointes multiples. De hautes bornes indiquent la limite des deux pays. ;
“Sint-Anna-Ter-Muiden ! C'est déjà toute la "Hollande en ce qu'elle a de grâce champêtre, de douce et souriante tranquillité, Ce petit village de Sainte-Anne qui se présente tout de : suite à la frontière semble souhaiter la bienvenue au voyageur, et lui donner un échantillon du pays, échantillon que sa modestie ne rend que plus séduisant, Une place minuscule, proprette,
avec la fontaine commune à l'écusson de la cité, le soleil, la lune, une ancre et cette inscription S. P. Q. S. À. T. M. (Senatus Populusque Sanctæ-Annæ-Ter-Muiden), le Sénat et le peuple de Sainte-Anne-Ter-Muiden; alentour les maisonnettes avenantes que l’on sait, et un délicieux cadre de jardins, de frondaisons touffues !
“ Puis l'énorme tour hantée par le vol de corncilles croassantes. Elle se dresse dans une paix somnolente émergeant des prairies et-des vergers. Elle a l'air génée; sa propre masse l'embarrasse; on dirait qu'elle se demande pie elle est plantée là, dominant quelques
icoques pareilles à des jouets de N uremberg et quelques troupeaux vautrés parmi les herbes, le long des rigoles bordées de saules.
* C'est toujours la même histoire: le pol ler qui s'étend ici jusqu’au rempart de l’Ecluse était le lit du Zwynn. Ce paisible village zélandais, plongé dans un sommeil de ruminant au milieu de grands pâturages silencieux s'élevait jadis au bord d'une eau profonde, sillonnée de vaisseaux. Sainte-Anne était la forteresse qui commandait la rive occidentale du port, et qui repoussa la première attaque dirigée par Maurice de Nassau en 1604, lorsque les Hollandais entreprirent le siège de l’Ecluse.”
n livre en appelle un autre, et après le Guide aux descriptions enchanteresses, il convenait de consulter l’histoire pure et simple.
Sainte-Anne-Ter-Muiden et Sluis, ou l’Ecluse, sa voisine, prenaient alors tout l'intérêt des lieux célèbres, célèbres comme par exemple, tous les champs de bataille, car en effet toutes deux avaient été témoins jadis de luttes héroïques. L'histoire nous reppalaii en partieulier la grande