‹ La bonne sainte, ou, L'histoire de la dévotion à Sainte Anne [microforme]Chapitre 6 sur 42 · LES MONUMENTS LITTÉRAIRES · texte numérisé non relu

LES MONUMENTS LITTÉRAIRES

Quiconque voudrait se donner, non pas la peine, mais le plaisir de parcourir la Patrologie grecque publiée par l'abbé Migne, c'est-à-dire la collection des ouvrages des Pères et Docteurs de l'Eglise Orientale, aurait la preuve que la dévotion à sainte Anne n'est pas une nouveauté dans l'Eglise, ni encore moins une invention de la piété canadienne. Ce n’est pas par un mot jeté en passant, par une fine allusion, comme on dit aujourd’hui, par un bout de sermon, d'hymne, ou de cantique, que ces vieux écrivains, évêques, Es abbés, moines ou même laïques, célè-

rent la bonne Sainte ; c’est par des pages et des pages, des hymnes et des ner et l'on peut dire que même quand ils prétendent parler dans la prose ordinaire, ces enthousiastes des anciens jours chantent encore ! Rien n’est plus vrai, plus sincère, plus pieux, plus beau que leur béni Le fage, que ce soit sermon, homélie, simple causerie, ou que cela revête, pour mieux s'élever, les formes onieuses du rythme grec, ou toute la splendeur de la poésie orientale.

reel un de nos vieux rêves, sans pue ler de tant d'autres qui sont morts comme celui là? car qui en sa vie, n'en a caressé, s'il est vrai, comme disait Shakespeare, un homme qui s'y connaissait, que “ nous sommes tous faits de l'étoffe dont les rêves mêmes sont faits17?” Ce

1 We are such stuff—As deams are made on, and our little life—Is rounded with a sleep. Tempest, Act, 1v, sc. 1,

28 LE OULTE DE SAINTE AFNE

rêve nôtre, c'eût été, “ à une époque où pour l’amour du grec, nous aurions “ embrassé adius,” de réunir et de traduire, tous les écrits de l’antiquité chrétienne orientale relatifs à notre Sainte. Tout cet ensemble eût pu former un gros volume, et probablement il n’y eût pas eu de lecteurs, mais jugeant du passé lointain par le passé plus rapproché, ce n'est peut-être pas ce qui a ruiné notre projet,

Peu importe cependant, et soyons à l heure présente,

Le plus remarquable monument, à la fois littéraire et artistique du haut moyen Âge, serait

ut-être le Ménologe de Basile, conservé au

atican, mais tout Grec d’origine. Jus auteurs ont pensé que cet empereur Basile dont le nom sert d'étiquette au précieux manuscrit, é:ait Basile le Macédonien, et conséquemment, Pour eux, cette œuvre, ou comme on dit, “ce chef-d'œuvre de la calligraphie illustrée du moyen age” serait du neuvième siècle. On croit plutôt aujourd’hui que le vrai titulaire de l’ouvrage est l'empereur Basile II, dit le jeune, qui régna depuis 975 jusqu'à 1025. Même ainsi réduit d’un siècle, et c’est bien, il va sans dire, à notre grand regret, le Ménologe garde encore assez d'antiquité, et de fait, il est en son genre un des plus vieux qui existent, —

L'ouvrage se composait primitivement de deux volumes, mais l’un s’est perdu et n’a pu être retrouvé. Celui qui reste, le premier, est un manuscrit de quatorze pouces et demi sur onze, écrit en or sur parchemin. Il contient pour chacun des six premiers mois de l’année, c’est-àdire, selon l’ancienne manière de com ter, du

prèmier seplembre à la fin de février, un récit

LP

abrégé de la vie des saints vénérés dans l'Eglise Grecque, avec la commémoraison de quelques solennités, Le récit occupe une partie de la " et une miniature qui en reproduit l’un des faits l'autre partie, et comme il y a des jours qui réunissent les fêtes de plusieurs saints, il en résulte que le nombre des miniatures pour les six mois s'élève à plus de quatre cents. j

Elles sont toutes sur fond d'or, et mesurent six pouces et un quart sur quatre pouces ou quatre

uces et demi. Huit peintres ont concouru à

eur exécution, et ils ont inscrit leur nom dans

les marges: Cesont : Pantaléon, Siméon, Michel de Blaquernes, George, Ménas, Michel Micros et Nestor.

L'ouvrage nous donne ainsi dans son ensemble, non l'expression d’un talent individuel, mais le style de toute une époque, et quand Basile l'offrait en présent à Louis Sforza, duc de Milan, “présent d'inestimable valeur,’ il aurait pu aussi bien l'appeler, comme on l’a fait après lui, “ l'hommage 4e l'Orient à l'Occident.”

Hommage aussi de l'Orient à la bonne sainte Anne, car on l’a compris, notre Sainte tient ici une place d'honneur, et c’est pourquoi, ce Ménologe nous est à nous infiniment cher. Outre le récit assez étendu de sa vie, il nous offre quatre superbes miniatures qui en représentent les faits les plus glorieux : la Rencontre à la Porte dorée; ensuite une scène à pu près analogue, mais qui se passe, cette fois, devant une maison de belle architecture, sans doute la maison même des saints époux ; puis, la Naissance de la sainte Vierge, signée Ménas, “ belle composition, dit Rohault de Fleury, exécution rapide, harmonie, bon dessin ;” entn la Présentation au Temple,

re pn Nestor, d’une touche moins parfaite, mais Dead encore pour la disposition générale,

Rarement dans ce petit livre demanderonsnous aux beaux-arts de venir déposer en faveur de notre Sainte, et jamais peut-être ne publierons-nous le volume qu'ils nous ont fait écrire pour elle, mais il nous a semblé que, de fois à autres, en Passant, et surtout cette fois-ci, nous devions recueillir leur témoi 6, témoignage très éloquent lui aussi, plus sed que bien d'autres, car si on peut discuter une donnée de l’histoire ou une page d'auteur, on ne discute pas un monument artistique.

Mais passons déjà.

Nous avons omis des écrivains ee M à ce Ménologe, Nicéphore Calliste (Xle-XIles.) S. Hippolyte de Thèbes. l'Anonyme de Métaphraste, qui tous trois ont célébré notre Sainte ; nous en omettons ement d'autres qui lui sont antérieurs de près, c'est-à-dire d'un et deux siècles, comme le moine Jacques, Cosmas Vestitor, Léon l'empereur, Photius, Nicétas, George de Nicomédie, Pierre d’ tous deux patriarches de Constantinople, Jean d'Eubée et Joseph l'hymn phe qu'il nous serait cependant si ag TR da ce dernier plus particulièrement.

On le comprend, ici nous recherchons avant tout l'Antique, et pour commencer par le huitième siècle, nous nous arrêterons au plus connu des panégyristes de la bonne Sainte, saint Jean Damascène.

Toutes les Vies ou Manuels de sainte Anne, sans parler du bréviaire romain, reproduisent à qui mieux mieux les homélies, discours, éloges,

—autant de cantiques D À sage dire,--qu’il a consacrés à la mère de Marie. Le cher saint, comme il se souvient de sa Jérusalem où il rst né,

ut-être tout près de sa sainte favorite,et comme 1l croit en elle, la bienheureuse femme ! comme il l'aime et l'exalte! Quia dit que “ l’enthousiasme habite aux rives du Jourdain ?” signifiant sans doute que, sous l'ardent soleil d'Orient, dans cette lumière vive qui inonde le sol et les âmes ; sur cette terre fraîche encore et toujours

Pourtant, cela leur semblait si naturel à eux, à Jean Damascène, d'abord, de s’écrier, par ex-

sance : Car c'est vous-mêmes qui lui avez permis d'offrir à Dieu le plus précieux de tous les

“O chaste sein d'Anne, où s’est formé et si.

i ent développé: ce fruit de sainteté ]

O entrailles où fut conçu le ciel vivant, plus vaste que l'immense étendue des autres cieux ! O coupes de vie où s’abreuve la nourrice de Celui qui nourrit le monde! O merveille des merveilles ! O prodige effaçant tous les prodiges ! ” Il était juste que Dieu, voulant s’abaisser jasqu'à nous, se frayât, par des mirzeles, une route vers son ineffable Incarnation.

“ Mais comment poursuivrais-je ? Mon âme est ravie hors d'elle-même. Mon cœur palpite, ma langue est paralysée; je ne puis plus contenir mes transports, je succombe à ces merveilles ; une défaillance divine me saisit, et mon amour m'égare ! Mais loin d'ici toute vaine crainte! l'amour l'emporte et mon âme chante sur la lyre de l’Esprit-Saint : ‘ Que les cieux se réjouissent et que la terre tressaille ! ”

On le voit, c'est du transport, c'est de l’ex-

tase, et combien de fois le séraphique Père s'y laisse entraîner dans ses homélies sur les fêtes de la sante Vierge, et en particulier, sur la Nativité !

Le premier volume de nos Trois Légendes de .

Madame Saincie Anne, publié en 1899, cite de nombreux passages traduits de ses ouvrages.

Cinquante ans avant lui, saint André de Crête trouvait des accents pareils: “ Que nos louanges s'élèvent en l'honneur de sainte Anne comme les notes joyeuses d’un chant nuptial!

Sa longue prière lui a mérité l’ineffable grâce de mettre au monde la Dieu-donnée, celle qui, elle-même, a enfanté un Dieu visible aux hommes et vivant au milieu d'eux !”

Et ailleurs: “ Heureuse, Ô Anne, la maison de David, dont vous êtes l'héritière —Oui heureuse et trois fois heureuse, à vous qui nous avez donué cetts Vierge comblée des dons de Dieu, Marie, dont le nom est digne de tout amour comme de tout honneur, et de qui est sorti le Christ, fleur de Ja vie!”

Et encore : “ Que les cieux et la terre tressaillent d'allégresse, car le c el de Dicu, l'épouse de Dieu, la mère d: Dieu, est venue dans le monde! Aune Ia stérile allaite Marie, l'enfant de la promesse ! Que son noble époux se glorifie de ce prodige et s'écrie: “ Je vois le rameau où va s'épanouir la fleur du Christ, fils de David 1”

Ce sont des pages, des hymnes entières qu’il faudrait citer, car André de Crète est poète autant qu'orateur, et quelquefois même, il intitulera son poème Cantique de Victoire, comme ici, quand il célèbre, au sens grec, la Conception de sainte Anne : “ Aujourd'hui nous solennisons votre Conception, ô bienheureuse Anne ! Brisant les liens de votre stérilité, vous portez dans votre sein celle qui contiendra le Dieu que l'univers ne peut contenir.

“O sainte Anne, mère, contre toute espérance, de l'Epouse-Vierge, vous avez vu germer dans vos entrailles la fleur de la virginité, la gloire de la chasteté. C'est pourquoi, nous vous proclamons tous bienheureuse et la source de notre M:

“O pieuse Anne, le Seigneur écoute votre voix quand vous le pu au fond du jardin...

O divin message de l’Ange, Ô parole nouvelle et per Fi Réjouissez-vous, toutes tribus d'Israë Vers la même époque, saint Sophrone, patriar-

Sépulcre : “ J'entrerai dans la sainte Probatique où la glorieuse Anne engendra Marie je visite-

Vi Reine : où le paralytique est monté por- Pers, grabat, et déjà guéri par l'ordre du Verbe.”

C'est très beau toute cette poésie, toute cette Piété, mais nous ne Pouvons nous dessaisir de notre idée fixe ; une idée qui pourrait se tradui. re ici par: plus Loin / plus loin toujours !

Nous sauterons done d'un coup deux cents ans, e6 nous passerons de saint André de Crète

jus du monastère de Saint-Sabas saint ei

eureux époux Anne et Joachim, monument unique pour nous, tout à fait à part, vu l'é ue où il fut écrit A ce propos, qu'on nous permette donc de dire en Passant, que pour avoir l'idée ou le sentiment des choses anciennes, il

L'ORIANT 35

faat non seulement se figurer, ou se chiffrer une date lointaine, mais encore additionner les années, additionner les siècles, C'est bien long vingt ans, encore plus long ciuquante, deux fois lus long ua siècle; mais combien de fois plus sde À fois ua siècle et trente {ois cinquante ans | C'est l'âge du Contacium, ainsi on l'appelle, —de saint Romanus, et sans souci des étroites limites où nous sommes enfermés, nous en reproduirons ici au moins quelques passages :

“ Joachim et Anne De l'opprobre de la stérilité ; Alam et Eve

source pure de notre vie !

“ O chère maternité De sainte Anne :

De quelles hymnes te célébrerai-je, Et comment hont :erai-je Le plus saint des temples ?

Joachim priait sur la montagne Pour que, des mains de sa saïnte épouse, Un enfant passât un jour dans ses bras ; Et la prière du saint Est exaucée, Et avec joie La stérile enfante la Mère de Dieu, La source pure dc notre vie!....

36 ” LE CULTE pe SAINTE ANNE

Elles ont entendu dire, tribus d'Israël, Que Anne a mis au monde l'Immaculée, Et heureuses, toutes se sont réjouies !.,..

c’est pour tous une joie Que la stérile enfante la Mère de Dieu Source pure de notre vie ! ” Croirait-on qu’on écrivait ainsi au cinquième siècle, et déjà au sujet de Sainte Anne ? et vouit-on croire aussi que l'original de ce me, dans un grec digne du siècle de Périclès, est encore cent fois pes beau ?

cienne Salamine, en Chypre), saint Epiphane, le vaillant lutteur Contre quatre vingts hérésies

Sainte, Il s'en souvient en effet, il connaît toute sa légende : il la félicite des prières si ferventes u'elle à fait monter vers D ait descendre la Vierge Marie.

Saint Epiphane ayant vécu de l'an 310 à l'an 408, c'est donc en plein quatrième siècle que nous nous trouvons être présentement avec Jui,

Saluons encore en Passant un de ses comtem- Porains, saint Grégoire de N ysse, qui, lui aussi, : souvient, et montons “ plus loin, encore plus

oin !”

rm

Saint Eustathe fut évêque d’Antioche de 325 à 337, et avec lui nous avançons donc encore de cinquante ans. Or, Eustathe d’Antioche ne nous a pas seulement laissé quelques lignes sur notre Sainte, mais une longue page où il raconte sa légende, telle que la tradition la lui avait &pprise. Cette légende, il dit qu’elle est “digne d'être connue ” ; il se plaît lui-même à la donner tont entière, et manifestement il ne le fait pas sans être mu par un sentiment de piété.

Ainsi, siècle après siècle, nous avons marché, jusqu'à cette époque où l'Eglise, dirions-nous, a commencé d'écrire, car combien d'ouvrages possédons-nous des temps antérieurs? Faut-il cependant ici nous arrêter ? et vraiment ne pouvons-nous pas aller “plus loin, encore plus loin ?”

Avec le Livre ou le Protévangile de Jacques, comme on l'appelle indistinctement, nous pouvons toucher au second siècle, à dix-sept fois cent ans derrière nous.

Sur ce vénérable monument littéraire et deux autres du même genre qui n’ont fait que s’en inspirer, nous avoos écrit et imprimé ailleurs de nombreuses que nous ne pourrons pas même ici résumer. Qu'il suflise de prendre note de sa date, date si lointaine, et de ce qu'il contient pour nous.

Ce qu’il contient pour nous, c'est avec tous les détails possibles, quelques-uns même superflus, au dire de certains critiques, la Légende, ou lu Vie de notre Sainte. La traduction littérale de cette Histoire donnée par nous, dans notre premier volume de Madame Saincte Anne, et réimprimée au commencement du présent opuscule, est, comme on l’a vue, assez longue. Pour être hon-

dire tout bonnement et sans P Au deuxième siècle, un écrivain, vouiant raconter la vie de la sainte Vierge Marie, car ç'est là le but du Protévangile de Jacques, la commence la

vie de sainte Anne; il recueille de bouche en

le plus beau style - car en vérité le Protévangile est superbement écrit ;— il puise en son cœur tout ce qu'il a de plus pieux, de plus tendre et de plus poétique Pour nous intéresser à sainte Anne— pourquoi ne pas dire : pour nous la faire

La nature humaine n’a jamais changé, et les

"Ua auteur est de son temps, réflète son temps, ou il n’est et ne sera d'aucun temps. Si Jacques consacre dix

pages à la vie de sainte Anne, plus qu'aucun de nous ne pourra jamais en écrire, c'est qu'il conptait qu'elles seraient lues, et nous-même nous nsons que pour les écrire et pour les lire il falit une certaine dévotion, et c'est ainsi enfin que pour nous, la dévotion à sainte Anne offre ses preuves d'ancienneté au moins à partir du second siècle.

Au delà, ce sont les apôtrre, c'est Jésus et Marie, et la famille chrétienne saactifiée par leurs les et leurs exemples. Faut-il croire qu'elle ait oublié la mère de Marie et l’aïeule de J'ésusist ?

FÊTES LITURGIQUES Er MÉMOIRES,

elles les reconnaît, les revêt de sa sanction : elle

ne les établit pas, pas plus qu'elle n'établit un il Pèlerinage, OU ne prescrit une dévotion.

le comprend, elle-même qui sait aimer que ° Cœur ne se commande Pas. La dévotion a

{| cela ne prouve pas que cette fête ait commencé, f} alors seulement, d'être célébrée.

Les ou calendriers des Grecs, ne datent Pas de l'époque de Grégoire XIII, puisqu'ils ÿ sont du plus lointain moyen âge, et que leurs } premiers éléments auraient, dit-on, été recueillis

bre par des Cartiques tes bienheureux Parents ; ” ou bien dans an autre texte: “Au neuvième jour ‘r trouveras la commune fête des parents de la ,icrge” Au 9 décembre, ils disent: « Au

neuvième jour, la pieuse Anne conçoit Marie ; ” au 8 septembre: “Au huitième jour, Anne met au monde la mère de Dieu.”

On le voit, mê:ne aux fêtes de la Vierge, c'est dirait-on, plutôt sa mère qu'ils entendent célébrer.

Des hagiographes aussi graves que les Bollandistes ont fait avant nous cette observation, et elle leur était facile, elle y mêine, étant

Hénées s'expriment,

solennisait, le :5 juiliet, là Dormition ou le Sommeil de sainte Anne, c'est-à-dire l'anniver-

Miniature du ‘“‘Ménologe de Basile’

saire de sa bienheureuse mort; mais encore les fêtes de l’Immaculée Conception, de la Nativité, de la Présentation au tewple, se célébraient aussi bien en l'honneur de sainte Anne qu'en l'honneur de la sainte Vierge.

Nous le répétons, cette remarque est faite par les Bol'andistes eux-mêmes.

Rien n'est plus clair, par exemple, ni plus siguificatif que l'indication de la fête do l'Immaculée Conception. Les Grecs ont toujours dit et ils disent encore aujourd'hui: Fâte de la Conception de sainte Anne, entendant par dà la Conception attive de la mère de Marie, ou l’événement merveilleux qui suivit la Rencontre de sr Anne et de saint Joachim à la Porte do

On le voit, dans le second cas, ils adoptent la formule latine, tandis que dans le premier, ils s’en éloignent totalement.

sement Conception de saint Jean, pour désigner en somme deux faits semblables a point de vue

press humain ou naturel, les Grecs, ces ommes à nuances, et partout et toujours artis-

isitation, au moment, peut-être, où sainte Eli. sabeth s’écria en présence de la mère de Dieu : Exultavit infans in utero meo, “ L'enfant a tressailli dans mon sein ?”

Nous voudrions que notre cadre fût plus large et nous montrerions que lu différence des deux fêtes est également sigaifiée par la différence des anciens icones (anciennes images.)

il le pouvait, la conception même de la Vierge Marie. Il l’a fait avec une chasteté et une admirable transcendance de sentiment, en adoptant pour ce sujet la Rencontre de saint Joathim et de sainte Anne à la Porte dorée: simple em-

de la séparation. Pour saint Jean-Baptists au contraire, le même art grec se contente de faire &pparaître à l'autel où Zacharie exerce ses fonctions de grand prêtre, un ange qui lui prédit la naissance prochaine d'un fils,

Conceptio Sanctæ Anne : C'est donc sainte Anne qu’on célèbrera autant que la sainte Vierge dans cette première des fêtes de Marie, Il en sera de même pour la Nativité, nous l'avons déjà insinué; de même pour la Présentation au

Temple, et ici encore, il y a une nouvelle nuance dans l'expression dont les Grecs se servent.

Présentation ne signifie absolument ou uniquement que Marie a 4 présentée par qu. 1qu'un; le mot serait encore juste, si Marie s'était présentée elle-même. L'esprit très fin et la langue très déliée des Grecs a bien vite saisi encore cecte fois la nuance, et c'est pourquoi, au lieu de Présentation, ils diront: Zntroduction de la Vierge Marie dans le temple, comme pour marquer un acte pu-ent passif, et ramener forcén.nt la pensée vers ceux qui l'introduisent.

On le voit, les mots mêmes ici sont des faits, et en ont la valeur: la fête de l'immaculée . fête de la Vierge saus doute, sera Cependant aussi une fête de sainte Anne, c’està-dire l'anniversaire du radieux jour où elle conçu Marie, et nul n'a permission de l'oublier ce jour-là. La Nativité chantera “ Celle qui met au monde la mère de Dieu ;” la Présentation, C:lle qui introduit dans le Temple pour s'en tenir longtemps séparée, son unique enfant toute aimée.

Et revient encore ici la grande et intéressante question des dates,

L'Ancien Orient a fait des fêtes à notre Sainte, mais quand se sont-elles établies ?

La plus jeune serait peut-être la Présentation au Temple, si on est jeune quand on date au moins du huitième siècle,

D'après les historiens les plus sérieux, cette fête, en effet, aurait été instituée à Constantinople en l'an 730,et quelques-unes croient que plusieurs églises l'avaient adoptée bien avant cette époque.

En tout cas, les Orientaux la célébraient très

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