‹ La bonne sainte, ou, L'histoire de la dévotion à Sainte Anne [microforme]Chapitre 7 sur 42 · ES TT · texte numérisé non relu

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solennellement, et elle devint même obligatoire pen tout l'empire d'Orient vers le milieu du

ouzième siècle, conformément à un édit d'Emmanuel Comnène.

La fête de la Nativité est beaucoup plus ancienne, On en trouve des traces dés ‘époque des Conciles d'Ephèse et de Chalcédoine, tenus, le premier en 431, et le dernier en 451.

'hérésie de Nestorius qui refusait À Marie le glorieux titre de mère de Dieu, ne réussit en effet ss pars la sq des fidèles : à .

res-er de réparer es homm solenne

+" r des fêtes, be titi pre ge contre elle.

Cardinal Baronius voudrait lui-même remonter plus haut. Il dit pour s'appuyer, qu'il a vu dans une bibliothèque de Rome deux antiques manuscrits grecs, contenant des homélies sur cette fête, l’une, en particulier, de saint Jean Chrysostome, qui mourut, comme on le sait, en l'an 407. Or le saint n'y parle pas du tout de la Nativité comme d’une ête nouvelle, ce qu'il ferait peut-être si elle l'était, et ce qui peut-être, également, permettrait d’en reculer encore davantage l'établissement.

Et maintenant, pour la fête de l’'Immaculée Conception, sans consulter à nouveau tous les auteurs qui en ont écrit ; sans mêwe remuer les vieilles pages £ nous-mêmes autrefois avons esquissées ‘ap eux, NOUS essaierons de croire avec de bons liturgistes, que son origine remonte aux Apôtres, c'est-à dire qu’elle fut instituée par les Apôtres eux-mêmes. Flavius Dexter, un écrivain du quatrième siècle, et conséquent, si bien à même encore de recueillir les traditions de l'Eglise primitive, traditions qui faisaient

, lors, avec l'Evangile, tout l'aliment des âmes

chrétiennes, dit en propres termes, que “ depuis la pi de Jacques l’apôtre, on célébre en Espagne, la fôte de la Conception Immaculée et toute pure de Marie, mère de Dieu.” Que si les Chrétiens la célébraient en Espagne,comment ne l'eussent-ils pas célébrée à J érusalom, où tant de souvenirs restaient de l’Immaculée ?

Ce texte de Flavius Dexter se trouve au tome XXXI, page 463, de la Patrologie latine, et mal-

toutes les controverses, ou même, comme dit ivarius, le “Grand Scandale” (ingens scandalum) qu'il a soulevé, ne pouvons-nous pas ici l'invoquer au profit de notre cause ? Ce petit livre recueille des témoignages, d'ailleurs tout ce qu'il lui faut; il ne tranche pas les questions, ni ne clôt les procès,

Ce n'était donc pas un trompe-l'œil ce titre de Fêtes liturgiques que nous mettions en tête du présent article, et ce qui le complétait l’est encore moins. Nous avons dit: Pétes et Mémoires, et donnons une explication sur ce dernier mot.

L'Eglise ne fait pas l'office de tous ses saints, ni même du plus grand nombre. Plusieurs d’entre eux n’ont qu'une mémoire, c'esi-à-dire une oraison au Bréviaire et à la messe,

Ce n'est cep:ndant pas précisément de ces sortes de mémoires que nous parlons à propos de notre Sainte, car évidemment elle n’en avait pas besoir,, dans les églises qui lui faisaient déjà des fêtes et des offices particuliers, et encore évidemment, si d’autres églises n'avaient pas pour elle de fête propre, elles lui accordaient au moins une mémoire de ce genre. Mais nous Osons porter plus loin nos ambitions, comme autrefois nous avons porté plus loin nos recher-

ches, en étudiant la liturgie de la messe dans l'ancien Orient.

A part les mémoires proprement dites qui se font pendant la messe, avant l'épitre,' après l'offertoire et après la communion, la liturgie, quelque peu après le Sanctus, nomme un certain nombre de saints dont elle veut plus particulièrement et tous les jours honorer la mémoire, Ces saints sont la sainte Vierge, les douze Apôtres, avec quelques rares, très rares privilegiés, comme nous pouvons ici les appeler.

Dans l'ancienne messe grecque, nous retrouvons quelque chose d'analogue, et ce qui nous comble de joie, c'est que notre Sainte y est nommée. Expliquons-nous davantage.

Il existe un opuscule communément intitulé Liturgie de saint Jean Chrysostome, et qu'on croit étre en effet l'œuvre du saint docteur. Non pas cependant qu'il y ait rien mis du sien, puisque, selon un autre docteur, saint Proclus, son ouvrage ne serait qu’un abrégé, et dans les parties proche, la reproduction fidèle de la Liturgie

saint Jacques, saint Jacques en effet, comme un peu plus tard saint Clément, ayant consigné par écrit les formules liturgiques de la messe (Scriptis demandantes).

“Le grand Basile, dit saint Proclus, voyant l'indévotion croissante des fidèles, qui ne pouvaient plus supporter la longueur du service divin, abrégea les prières et cérémonies du sacrifice. A son tour, quelque temps après lui, notre illustre Père à nous, Jean-Bouche-d’or, animé d’un grand zèle pour le salut des âmes, comme il convient à un pasteur, prit en considération la lâcheté de la nature humaine, et retranchant beaucoup de choses +tate …. : désormais

la sainte Messe serait célébrée avec des prières moins nombreuses et plus courtes.”

Tout en abrégeunt, le saint évêque conserva cependant avec soin les mémoires de la sainte Vierge, et celles qui ici nous intéressent infiniment, à savoir, comie nous l'avons fait entendre tout à l'heure, la mémoire des Sainte parents de Dieu, Joachim, et Anne. On remarquera l'énergie de cette expression littéralement traduite du Grec.

On nous saura gré de nous attarder un peu ici et de citer l'opuscule même (dans une traduction également littérale) :

“ Après nvoir revêtu les ornements sacrés, l'évêque ou le prêtre s'avance vers l'autel, se lave les mains et récite le psaume Lavabo inter innocentes manus meas; puis, prenant le pain dans la main gauche, de la droite, il en détache uue première partie avec un instrument appelé la sainte Lance, et la dépose dans le bassin où la

atèns en disant: “ L'Agneau de Dieu qui efface es péchés du monde est immolé pour la vie et le salut du moude” Le prêtre alors eufonce la lance dans le pain en disant: “Un des soldats ouvrit son côté avec une lance, et incontinent, il en sortit du sang et de l'eau” A ces paroles, le diacre met du vin et de l’eau dans le calice en disant : “ Bénissez, Seigneur.”

“ Le prêtre coupe alors une seconde partie du pain et la met à côté de la première en disant (ici commencent les mémoires): “ En l'honneur et mémoire de la très sainte Vierge Marie, notre Reine, mère de Dieu, par les prières de laquelle nous vous supplions, Seigneur, de recevoir ce sacrifice sur votre céleste autel ”

“ Enlevant ensuite une troisième parcelle avec

la sainte lance ct la Posaut à gauche du pain sacré, le prêtre dit :

“En l'honneur du glorieux prophète et pré-

ore et des saints serviteurs de Dieu, nos pères Antoine, Euthymius, Sabas ; des saints parents de Dieu Joachim et Anne, et de tous les saints pe les prières desquels vous nous protésez, eigneur.

MssionemM,—c'est sans doute notre Jfe Missa est), prononçait encore la même invocation nominative, en disant: « Que le Christ, notre vrai Dieu, par les prières de l’Immaculée Vierge Marie, par la vertu divine et vivifiante de la croix, par les mérites des saints glorieux et illustres apôtres, de notre saint Père Jean Chrysostome, des Justes et saints parents de Dieu, Joachim et Anne, et de tous les saints, es..."

Faut-il accorder attention à tel auteur qui nous dira que cette liturgie n’est pas de saint Jean Chrysostome, Parce que le saint lui-même,

ù L'ORIENT 51

et saint Chrysostome lui-même avaient remanié la liturgie de saint Jacques ; un autre évêque avait peut-être le même privilège pour celle de son prédécesseur, surtout s'il s'agissait seulement d'y introduire un ou plusieurs ms vénérés,

Oa n'a pas besoin de dire l’euet que produisent de pareilles objections.

Quant à une autre à peu près analogue qu’on Eee faire au sujet des parents de la Vierge,

savoir que leurs noms ont pu de même être insérés dans le Canon de la messe grecque après la mort de saint Jean Chrysostome, elle nous attristerait sans doute mais n'ébranlerait pas un instant notre foi. A l'époque où le saint vêque publiait sa liturgie, il y avait déjà longtemps = le Protévangile de Jacques, et l'Hexæmeron

"Eustathe avaient paru, le premier ouv

étant déjà vieux de deux cents ans. Est-il permis de croire que le pieux et savant patriarche les ignorait totalement, et ne connaissait pas même les noms de Joachim et d'Anne ? Le moins qu'on puisse dire des Pères de l'église, c'est qu'ils pusséduient toute la science et toute la LE ra de l‘ur temps, et comment refuser à Jean Bouche-d'or cette somme de connaissances ?

Ce n’est pas ici le lieu des discussions, et nous dirons simplement pour conclure, que la Liturge dite de saint Jean Chrysostome est plus que prstlamont l'œuvre de ce Saint lui-même.

ien plus, si on se rappelle l’assertion de saint Proclus, cette œuvre ne serait que la reproduction, abrégée en certaines parties, intégrale en bé g e la Liturgie même de saint Jacques apôtre.

Il est vrai, pour tout avouer, que dans une

réédition récente de ces vieux monuments liturgiques donnée par Messieurs Neale et Littledale, on ne retrouve pas le nom de sainte Anne, mais que s’ensuit-il ?

Quand Tischendorf, inspiré par l'exemple de son maître Thilo, voulut comme lui publier à nouveau les Ævangiles Apocryphes, il consulta d'abord toutes les éditions qui étaient, pour ainsi dire, du domaine public, puis il ajouta à ce travail déjà si long, l'étude de quarante manuscrits qui étaient restés inconnus à son prédécesseur. i

C’est ce qu’on appelle “ épuiser une question,” et les Allemands, coutumiers du fait, ne voudraient pas nous donner un livre qui ne leur eût pas coûté une tâche immense.

Nous pourrions peut-être demander a Messieurs Neale et Littledale—sq/u4 reverentid, — s’ils en ont fait autant ? Si oui, ils ont dû rencontrer une très vieille édition de la Liturgie de saint Chrysostome où se trouvent les noms des BIENHEUREUX ANCETRES DE Drev, Joacim er ANNE? Pourquoi ne l'ont-ils pas crue suffisamment authentique ?

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