VIERGE MARIE
Le Père Dominique del Burgio, enfant de saint François d'Assise, celui qui a écrit en un beau volume les grands miracles que la bonne sainte Anne opérait en Sicile, (^) par r intervient! on du bon Frère Innocent de Chiusa, le Père Dominique savait, avec utie pieuse finesse, unir très bien ces deux dévotions, si belles et si salutaires, comme le prouve le fait suivant arrivé à luimême.
Se trouvant dans notre Couvent de la Terre del Burgio, le Père Dominique se mit un jour, à titre de très inno-
Et que nous venous de mentionner plus haut.
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ceute récréation, à tailler un petit arbre dans le jardin. Or, il arriva, par permission divine, qu'une petite branche, le frappant à l'œil gauche, lui fit une grave blessure. Il s'y amassa tant d'humeurs que le pauvre Père en devint presque aveugle. Il employa tout de suite, comme de raison, tous les remèdes prescrits par le Docteur, mais rien n'y fit. Le bon Père travaillait à la gloire de la bonne sainte Anne : il écrivait les merveilles de sa maternelle bonté pour nous : il était tout naturel pour lui de recourir à sa puissante protection.
C'est ce qu'il fit, et de la manière dont il nous Ta raconté lui-même. "Voyant, dit-il, que tous mes remèdes restaient sans effet, j'eus recours à la bonne sainte Anne, et comme nous avions chez nous ses Saintes Reliques^ je les pris avec grande confiance, et je les appliquai fréquemment sur mon œil malade : j'étais sûr d'être guéri : cependant la grande sainte ne daigna pas me guérir de cette manière. Je n'avais peut-être pas assez d'amour pour son auguste Fille, la Très- Sainte Vierge Marie : la pensée me vint alors de faire ma prière à la douce Reine des Anges, qui est tant honorée dans Notre Ordre (^). Honorer la Fille, c'est aussi honorer la Mère. Je priai donc avec une grande affeélion la Reine du Ciel de me recommander elle-même à sa charitable Mère, la bonne sainte Anne, et de lui dire de guérir absolument et parfai-
(i) On sait que le Séraphique Père saint François rendit sa belle âme à Dieu, à Notre Dame des Anges, à côté de sa chère Portioncule !
tement mon œil malade. C'était pendant la sainte Messe : le saint Sacrifice terminé, je pris de T huile à la lampe qui brûle dans le Sanctuaire de la Bonne Sainte Anne, et j'en mis vSur les humeurs dans lesquelles baignait mon œil malade. Je sentis sur le champ une forte démangeaison ; en même temps toutes ces humeurs malignes furent dévorées par la vertu de cette huile, et une tache blanche qui offusquait la pupille disparut. En sortant de l'église, je rencontre notre Docteur, homme très charitable, excellent chrétien, et qui me soignait avec beaucoup de dévouement — Eh bien ! Père Dominique, et votre œil ?
— ^J'ai mis de l'huile, Docteur, sur mon œil : de l'huile qui brûle dans la lampe devant l'autel de la Sainte. — Pauvre Père, c'est le moyen le plus direct pour perdre la vue entièrement. Cette huile est corrosive, elle brûle la vue
Cependant, poussé par la curiosité, il s'approcha de près, examina attentivement mon œil blessé, et le trouvant complètement débarrassé de toutes ses humeurs pernicieuses, et radicalement guéri, dans son émotion reconnaissante, il m'exhorta vivement à continuer à publier les Gloires de notre admirable Sainte, bien persuadé que ce qu'il venait de voir, n'avait pu être opéré que par un vrai Miracle ! ' '
L'exemple du bon Père Dominique se répète bien souvent au Canada, comme nous en avons été témoin nous-même.