IX. — LA PORTE DORÉE (Vue extérieure) Fage j
*^^ LEGENDE
La Porte Dorée se trouve dans l'aucieune enceinte du Temple. Sa façade extérieure regarde l'Orient. C'est là, d'après la Tradition, que saint Joachim apprit par un Ange que son épouse, sainte Anne, donnerait le jour à Celle qui devait être la Mère du Messie. Selon la Tradition, c'est encore par cette même porte que N.-S. J.-C. fit son entrée triomphale à Jérusalem, le jour des Rameaux.
Siroës, fils de Cliosroës, roi de Perse, ayant été vaincu par Héraclius, fut contraint de rendre la Vraie Croix dont son père s'était emparé dix ans auparavant. Héraclius l'ayant reçue, la mit sur ses épaules, et, entrant dans la Ville par la Porte Dorée, porta au Calvaire, le glorieux trophée de sa victoire. A l'époque des Croisades, cette Porte ne s'ouvrait que deux fois Tan : le Dimanche des Rameaux, en souvenir de l'entrée de IS'otre Seigneur ; et à la Fête de l'Exaltation de la Sto Croix, en souvenir de ce que fit l'empereur Héraclius.
Depuis longtemps les Musulmans la tiennent complètement murée, pour conjurer une prophétie imaginée, on ne sait quand, et sur la foi de laquelle, ils croient que les Francs (les Européens) entreront un Vendredi par cette Porte et s'empareront de nouveau de la Ville-Sainte ! (Guide Ind.).
ly'an dernier, nous accompagnions le grand pèlerinage des Trois-Rivières. — A notre retour, lorsque nous fûmes arrivés à la hauteur du Cap, vis-à-vis du Sanctuaire de N. D. du Très-Saint Rosaire, et j>endant que nous récitions, en le méditant, le troisième chapelet du Rosaire, on vint m' avertir de descendre à l' entre-pont immédiatement. Là, un petit enfant âgé de trois mois, aveugle, venait, prétendait-on, de recouvrer la vue. Il y avait grand émoi autour de l'enfant et de la mère : il était déjà tard, et partant, peu aisé de bien constater le miracle. Trois jours après, une dame de la ville vint me voir au Cap : elle était la voisine de la petite avevgle. Kn me voyant, toute joyeuse: "Mon Père, dit-elle, ne faites plus l'incrédule, comme l'autre jour, à notre retour du pèlerinage. Je viens de voir encore le petit enfant de Madame N. Ses petits yeux sont parfaitement ouverts î c'est la Bonne Sainte Anne et la Bonne Sainte Vierge, toutes les deux ensemble, qui ont rendu la vue à ce petit ange et la joie à sa pieuse mère ! "
Au même pèlerinage, j>endant que nous descendions le fleuve, un autre bateau, chargé de pèlerins montait. Quand ils furent arrivés à la hauteur du Cap, deux beaux miracles s'opérèrent. Dans leur reconnaissance joyeuse, les heureux pèlerins arrêtèrent le steamboat, et mettant pied à terre, ils se rendirent à la chapelle du T -S. Rosaire en chantant le Te Deuvi, en action de grâces pour un si grand bienfait.
N'est-ce pas la Bonne Sainte Anne qui voulut ainsi faire honorer sa Fille bénie, la très douce Reine du Rosaire, en opérant ces miracles, au milieu de la récitation du chapelet, au retour de Beaupré, en face de son aimable Sanctuaire ?
Pour nous, chers lecteurs des pieuses Annales de la Bonne Sainte Anne, nous sommes entièrement persuadé que notre grande Thaumaturge ferait encore bien plus de miracles au Canada, si on savait réciter aussi avec plus d'intelligence et plus de ferveur le chapelet du Très-Saint Rosaire !
C'est peut-être la Foi qui s'affaiblit un peu, et la confiance en Dieu qui va diminuant dans le cœur pourtant encore si bon de nos chers Canadiens.