‹ La bonne Ste AnneChapitre 28 sur 71 · UN GRACIEUX MIRACLE DE LA BONNE SAINTE ANNE · texte numérisé non relu

UN GRACIEUX MIRACLE DE LA BONNE SAINTE ANNE

Dans mon pays, dit le Père Domenico, et dans ma localité, dite vulgairement : Terra del Burgio^ la petite Lucie, âgée de cinq ans, fillette du notaire Ferrantelli, eut tant d'humeurs aux yeux, qu'à la grande douleur de ses bons parents, elle en devint aveugle. Les médecins se trouvant incapables de la guérir, sa mère vint à notre ^couvent, à genoux devant l'autel de sainte Anne, priant

avec effusion la bonne sainte de rendre la vue à sa. petite I^ucie. Un de nos Religieux se trouve là accidentellement : il voit cette mère affligée, et voulant la consoler, il prend un bouquet de fleurs qu'on avait placé aux pieds de la statue de la bonne sainte Anne, le donne à cette dame en pleurs et lui dit : *' Prenez, prenez ces fleurs, et portez-les à votre petite fille : j'ai la confiance que la grande Sainte lui obtiendra Idigrazia (sa guérison). La dame du Notaire Ferrantelli les accepte, aussi avec grande confiance, retourne à la maison, appelle autour d'elle tous ses petits enfants, et leur dit: "Mes petits enfants, un beau cadeau; j'apporte de belles fleurs: le Père les a prises à l'autel de la Santa (la Sainte), et me les a données : qui de vous, mes petits enfants, veut deces belles fleurs-là ? ' ' Cette bonne mère de famille pensait que ses petits enfants, battant de leurs petites mains, et dansant de joie, à la pensée d'avoir des fleurs de l'autel même de la Santa, crieraient à qui mieux mieux : '' Moi, moi. Maman !" A sa grande surprise et stupéfaction, ils gardent tous un silence de mort ! Alors la pauvre petite aveugle élève la voix toute seule, et dit à sa mère : "C'est moi, Maman, qui veux les fleurs de la 5^/;//^. " Et les ayant reçues respeélueusement dans ses petites mains, elle les baise avec une joie enfantine, et les applique sur ses yeux éteints. Oh ! la bonté, la tendresse du cœur d'une mère ! A la vue de cette petite fille, la bonne sainte Anne se souvient qu'elle aussi a été mère, mère d'une petite Fille, que toutes les générations proclament et proclameront à jamais Bienheureuse : son cœur mater-

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nel s'émeut, et voilà qu'à la vue de tous, au premier contact de ces simples 2'>etites fleurs, les yeux de la petite Lucie s'ouvrent limpides et purs : l'enfant était radicalement guérie !

lyC Notaire, dans son âme réjouie, et plein de reconnaissance, vint offrir à sa bienfaitrice, avec solennité, un beau flambeau de cire, et deux yeux en argent que l'on voit encore aujourd'hui suspendus en ex voto à l'autel de sainte Anne !

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