‹ La bonne Ste AnneChapitre 31 sur 71 · DES MORTS RAPPELÉS A LA VIE.— LA PETITE JEANNE SAMSON · texte numérisé non relu

DES MORTS RAPPELÉS A LA VIE.— LA PETITE JEANNE SAMSON

Quoi de plus évident que le miracle arrivé en 1629, le lendemain de la Fête de Sainte Anne, dans la paroisse de Gomène, diocèse de Saint- Malo, à la petite Jeanne Samson, âgée de trois ou quatre ans.

Son père, Ives Samson, s'entretenait tranquillement avec plusieurs de ses voisins réunis dans son moulin, des miracles opérés sans cesse par la puissante intercession de la bonne Sainte Anne, lorsqu'une femme accourt toute haletante et lui apprend d'un air très-effrayé que sa petite Jeanne est tombée dans l'étang.

En apprenant cette alarmante nouvelle, tous courent vers l'endroit oii venait de se passer ce triste accident. Le père de l'enfant, l'âme navrée de douleur, entre dans l'eau pour chercher le corps de sa petite fille qui était déjà descendu au fond de l'étang. Après l'avoir cherché en vain, avec un autre homme qui était descendu dans

l'eau quelques instants après lui, Ives invoqua le secours de sainte Anne, que sa femme toute baignée de larmes invoquait aussi, à genoux, là sur le bord de l'étang, promettant un pèlerinage au Sanctuaire de la grande Sainte, si le corps de leur pauvre enfant était retrouvé. Leur promesse ne fut point vaine : car le père trouva la petite Jeanne figée dans la vase, à l'endroit même où, avant leur promesse, il avait passé et repassé depuis près d'une heure! Il l'en retira immédiatement, mais, à sa grande douleur, il la trouva toute raide et ne donnant pins aucun signe de vie. On sait bien que sans un grand miracle, une innocente petite créature, une enfant de quatre ans devait être raide et sans vie, mais le cœur d'un père, d'une pauvre mère se fait facilement illusion dans des circonstances aussi douloureuses.

Les parents de la petite Jeanne qui avaient déjà éprouvé la proteélion de sainte Anne, espéraient que dans sa grande bonté elle ferait revenir à la vie leur chère enfant, et ils continuaient à prier.

Au commencement de la nuit, déjà tout consolés, ils crurent avoir entendu un léger soupir, et avoir remarqué un petit mouvement des yeux. Mais, hélas ! la pauvre petite demeura immobile et froide, et de nouveau, toutes leurs espérances s'évanouirent.

Cependant le l>on Dieu, qui ne laisse jamais sans consolation les cœurs qui espèrent en lui, voulut, dans cette

SES MIRACLES l6s

circonstance, montrer une fois de plus comment il est souverainement miséricordieux lui-même et comment il se plaît à se montrer bon et admirable dans ses Saints !

Le lendemain, au lever de l'aurore, la bonne sainte Anne, en vertu de sa puissante intercession, opéra le plus gracieux des miracles : elle amena un sourire tout angélique sur les lèvres vermeilles de la petite Jeanne qui dit à sa mère en la regardant : ' ' Maman ! . . . f ai sommeil :

je veux dormir! "L'enfant était ressuscitée et

bien portante.

La mère, toute stupéfaite devant un tel prodige, court dans l'excès de sa joie en avertir son mari qui, à son tour; dit la Relation Authentique, saisit son bâton de pèlerin, et court au Sanctuaire de la grande Sainte pour accomplir ainsi sans délai sa trop heureuse promesse, et déposer au pied de son admirable Bienfaitrice les sentiments trèssincères de sa plus joyeuse reconnaissance !

YII

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