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SAUVÉS DES FLOTS

Dans la ville de Trapano, en Sicile, où sainte Anne, nous l'avons déjà vu, possède un beau sanctuaire, habitait un pieux et honnête marchand, nommé Paul Marciante, très

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dévot à la grande sainte. Devant aller un jour à Naples, pour les besoins de son négoce, il s'embarqua avec son fils, âgé de quinze ans, sur le bateau du capitaine Jérôme Confalone. I^e vent, qui était favorable au départ, changea au milieu de la traversée, et devint si violent, que le navire se trouvant en péril de sombrer, on se détermina à jeter toutes les marchandises à la mer. Ce dur sacrifice n'améliora point la triste position des pauvres passagers, I<a tempête se déclarant avec une fureur extrême brisa l'antenne ; les voiles se déchirèrent, et le gouvernail fut emporté par la violence des flots. Equipage et passagers désespérant de la vie, tous songèrent au salut de leur âme. Il y avait sur le navire trois religieux du tiers-ordre régulier de saint François d'Assise. Ces charitables missionnaires les exhortèrent à se recommander à Dieu, dans cette extrémité, et à se préparer à la mort qui était imminente, par la confession et le repentir sincère de toutes leurs fautes.

Tandis qu'ils se préparaient ainsi pieusement à la mort, le navire donna contre un rocher et se déchira par le milieu. Alors chacun saisit une épave ; mais personne n'échappa à la mort, excepté Paul et son jeune fils. Celui-ci, invoquant le doux nom de Jésus, fut déposé sur le rivage, par une main invisible. Paul s' étant cramponné à une planche, était ballotté par les flots : puis, ce frêle débris donna contre une grosse pièce de bois, autre débris du navire, qui le blessa grièvement, le renversa de

son impuissant soutien et le jeta, tout meurtri, à la mer. Le pauvre naufragé, ainsi seul, à la merci des vagues en furie, le corps meurtri, à bout de forces, transi de froid, mais toujours plein d'espérance, eut recours à Celle qu'il avait toujours honorée par une dévotion sincère ; il invoqua sainte Anne, en implorant par les cris de son cœur sa puissante protection. O prodige ! Au même instant, il se sentit soulever au-dessus des flots, et se vit transporter à terre, par une voie merveilleuse dont il ne comprit jamais le secret. Il se trouvait réellement sur le rivage et il sentait le froid : c'était au mois de février. Il creusa dans le sable et se fit un abri, de son mieux, contre la neige qui tombait et contre le vent qui soufflait froidement de Tramontane (le vent du Nord).

Paul continua, sur le rivage, à se recommander à sa céleste Bienfaitrice. La Bonne sainte Anne avait si admirablement commencé son œuvre, elle était trop compatissante pour laisser mourir son protégé, sur le sable aride, après l'avoir retiré de l'abîme des eaux. Pendant que notre si intéresssant naufragé jetait ses regards de tous côtés, grelottant de froid, et souffrant de ses blessures, la Providence lui fit découvrir, dans le lointain, une lumière. Le Ciel lui donna des forces : il marcha droit vers elle. Cette lumière partait d'une pauvre cabane, oii Paul Marciante trouva un vénérable vieillard qui lui prodigua, plein de bonté, les soins que -jréclamait si impérieusement son douloureux sort. Plein

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de reconnaissance, soulagé, réconforté, sauvé du naufrage, Paul raconta au charitable vieillard, dans l'épanchement de son cœur joyeux, la miraculeuse interv^ention de sa Protecftrice, la Bonne sainte Anne !

Sancta Anna, Portus Salutis Navigantium ; Or a Pro NobIvS !

LE PETIT DIDACE, ÂGÉ DE 6 ANS, MERVEIL- LEUSEMENT PROTÉGÉ PAR LA BONNE SAINTE ANNE.

Dans une localité nommée Sainte-Marguerite, au diocèsed'Agrigente, vivait Catherine de Léo, dame fort pieuse, qui occupait une position aisée parmi ses concitoyennes ,^ et qui professait une grande dévotion envers la Bonne sainte Anne. Catherine avait un fils, du nom de Didace, et qui entrait dans sa sixième année. Or, notre petit Didace s' amusant un jour seul dans le jardin a«isez vaste qui avoisinait la maison, tomba à l'eau, dans un petit étang. Sa mère ne le voyant pas paraître à l'heure qu'elle l'attendait, le fit chercher par ses serv^antes. Cellesci le trouvèrent, couché sur l'eau, la tête appuyée sur le mince débris d'un simple bâton. Les pauvres filles, tout effrayées coururent en avertir la mère ; la mère accourut de son côté, et pleine de cette intrépidité que la.

nature prête au cœur d'une mère dans de pareilles circonstances, elle entra résolument dans l'eau, tendant néanmoins la main à ses servantes et faisant ainsi la chaîne. Entre- temps Catherine se souvint de sa grande Patronne, et elle l'invoqua avec une entière confiance. I<e prodige était déjà opéré : Catherine amena tranquillement, sain et sauf, son jeune enfant à terre, et dans sa grande joie, mêlée d'une curiosité bien légitime, il lui demanda comment il avait pu se soutenir si longtemps hors de l'eau, appuyé seulement sur un soutien aussi insuffisant que celui de simple fragment d'une perche brisée. L'innocent enfant lui répondit plein de naïveté : ** Une personne âgée, Maman, et vêtue de blanc, semblable à la statue de sainte Anne dans l'église des Franciscains de Sambuco, est venue à mon secours. C'est elle. Maman, qui m'a tenu si longtemps au-dessus de l'eau!" Ce miracle fut confirmé par sa mère sous la foi du serment.

SAINTE ANNE SECOURT I.ES FAMEI/IQUES.

L'an 167 1, Dieu affligea la Sicile par la famine : beau-

•coup de pauvres gens y moururent de faim. Dans le

bourg appelé Aydone, Josepha di Carnozzo, qui gagnait,

-comme couturière, sa vie à elle et à ses cinq petits enfants,

-était réduite à la dernière extrémité.

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Un jour, ses petits enfants, mourant de faim, lui demandent un morceau de pain, et la pauvre mère n'en a pas à leur donner. Elle prie sainte Anne en qui elle avait une grande confiance et lui expose aussi avec larmes son extrême détresse. Sa prière terminée, accablée de tristesse et d'ennui, elle se couvre de sa main le visage et appuyée sur le coude elle s'endort. Mais bientôt Tagiéable odeur de pain fraîchement cuit la réveille de son assoupissement. Elle jette ses regards de tous côtés, dans sa pauvre demeure, et ses j^eux attristés ne rencontrent que ses pauvres petits enfants qui pleurent. Enfin, cependant, ses yeux tombent sur la corbeille où elle mettait tout ce qui lui servait à la couture, et elle y trouve un ^/-flwâf/â;/;! et aussi frais que s'il venait d'être sorti du four. Miracle ! s'écrie Josepha ébahie : les petits enfants accourent : c'est la grande sainte Anne qui a envoyé ce pain ! Toute la petite famille en mange et le trouve d'une saveur inaccoutumée. La naïve Josepha publie partout le miracle : les voisins aussi accourent : tous veulent goûter de ce pain délicieux, et les plus fervents s* en disputent jusqu'aux simples miettes, pour les conserver précieusement en l'honneur de la Grande sainte- Anne l

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