‹ La bonne Ste AnneChapitre 4 sur 71 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Sommaire : i. — Deux Flambeaux qui brillent dans la nuit de la Loi ancienne, pour annoncer la Loi de la grâce. 2. — Naissance de sainte Anne : ses jeunes année=î. 3. — Mariar^e de sainte Anne avec saint Joachim. 4. — Heureuse union des deux Epoux.

I. — La postérité d'Adam se propagea rapidement sur la terre, et, par suite, les justes et les pécheurs se multiplièrent ; et les premiers redoublèrent leurs supplications pour demander le Rédempteur, pendant que les seconds se rendaient indignes d'un si grand bienfait par leurs crimes. Le peuple du Très-Haut et le triomphe du Verbe, qui devait se faire homme, étaient déjà arrivés au terme que la volonté divine avait marqué pour la venue du Messie. Kn effet, le règne du péché avait tellement

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étendu ses ravages parmi les enfants de perdition, qu'il n'avait quasi plus de limites : le temps convenable au remède était donc arrivé. Les justes en augmentant leurs mérites avaient embelli leurs couronnes ; les Prophètes et les saints Pères pressentaient, par une joie extraordinaire qui leur venait d'en haut, que le salut et la présence de leur Réparateur étaient proches. Redoublant la ferveur de leurs prières, ils demandaient à Dieu l'accomplissement des prophéties et des promesses qu'il avait faites à son peuple ; et prosternés devant le trône de la divine miséricorde, ils lui représentaient dans quelle longue et ténébreuse nuit du péché ce peuple avait vécu depuis la création du monde, et dans quelle aveugle idolâtrie tout le reste du genre humain était plongé (^).

A cette époque, l'ancien serpent avait infecté tout l'univers de son souffle venimeux, et semblait exercer paisiblement un plein empire sur les mortels. Eux-mêmes, obscurcissant la lumière de la raison naturelle et celle que l'ancienne loi écrite leur pouvait fournir (^), au lieu de chercher la véritable Divinité, en inventaient plusieurs fausses ; chacun se forgeait un dieu à sa fantaisie, sans considérer combien cet assemblage confus de tant de dieux était contraire à la perfection, au bel ordre et à la tranquillité de l'âme. Grâce à ces erreurs, la malice, l'ignorance et l'oubli du vrai Dieu s'étaient répandus de

(t) Sap. XVII, 20.

(2) Rom. I, 20.

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toutes parts, et cette mortelle langueur ou léthargie dont le monde était atteint, était négligée à ce point que les malheureux malades, s' abusant sur leur situation, n'ouvraient pas même la bouche pour en demander le remède. L'orgueil trônait au milieu des insensés, dont le nombre était presque infini (^) ; le superbe LrUcifer s' efforçait de boire les eaux du Jourdain les plus pures (0 ; à cette époque, enfin, les injures faites à Dieu étaient telles, qu'il n'avait jamais été plus offensé, jamais moins honoré des hommes ; et sa justice n'avait jamais eu autant de motifs de laisser retomber dans son premier néant tout ce qui avait été créé.

Dans un pareil état de choses, le Très-Haut, pour employer notre langage, tourna sa vue vers l'attribut de sa miséricorde, et fit pencher le poids de son incompréhensible équité du côté de la loi de clémence, voulant se laisser apaiser par sa bonté même, par les gémissements et par les œuvres des justes et des prophètes de son peuple, et non irriter par la malice et par les iniquités de tous les autres pécheurs. Il détermina donc de donner au monde, dans cette nuit si obscure de la loi ancienne, des gages assurés du jour de la grâce, en faisant briller deux flambeaux précurseurs de la prochaine aurore du Soleil de Justice, Jésus-Christ notre Sauveur. Ces deux

(i) Eccl. I, 15.

(2) Job, XL, 18.

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flambeaux furent saint Joachim et sainte Anne, que Dieu avait prédestinés et créés selon son cœur ( ^ ) .

2. — L'an 55 avant Jésus-Christ, sous la domination impie des Romains, dit Vincent de Beau vais (^), deux époux vivaient selon le cœur de Dieu dans la petite ville de Bethléem, au doux pays de Judée. Ils se nommaient Stolan et Bmérentiane. I^' innocence de leur vie rappelait les temps heureux des Patriarches, dont ils étaient les enfants : ils attendaient avec les Hébreux fidèles T accomplissement des Prophéties qui annonçaient un Sauveur. Le Ciel bénit leur union et leur donna une fille qu'ils nommèrent Anne !

On aime à voir dans les verrières du quinzième et du seizième siècle l'histoire imagée de la naissance de cette enfant de Bénédiction.

La mère, étendue sur un lit à riches tentures, repose doucement. Près d'elle, Stolan, appuyé sur une console, contemple avec bonheur sa jeune épouse, qui vient au péril de sa vie de lui donner le nom de père. Cependant les filles juives attachées au service de la pieuse famille apportent à Emérentiane des mets divers. Sur un autre plan, une femme âgée, qui a reçu dans ses bras la tendre enfant, lui prodigue les premiers soins que réclame cette

(i) Cité Mystique. Part. I, Liv. I, C. XII.

(2) Religieux d'une prodigieuse érudition de la grande Familier de N. P. S. Dominique.

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tout innocente petite créature, à son entrée dans ce monde.

lya jeunesse de sainte Anne fut pieuse comme sa vie entière. Attachée à ses parents, elle reçut d'eux les leçons et les exemples de la vertu. Les mères en Israël la montraient à leurs filles en leur souhaitant de lui ressembler. La beauté de son âme se reflétait sur son visage noble et pur. Elle avait grandi dans la paix d'un cœur innocent. Les jeunes hommes de sa tribu se disputèrent l'honneur de mériter une telle épouse. Sa modestie toucha le cœur de Joachim (Légende de N.-D : Ch. I.).

Saint Joachim, continue la pieuse vierge d'Agréda, avait sa maison, sa famille et ses propres parents à Nazareth, petite ville de Galilée (^). Il fut toujours juste, saint et éclairé d'une grâce spéciale et d'une lumière céleste. Comprenant plusieurs mystères des Ecritures et des anciens Prophètes, il demandait au Seigneur, par ses continuelles et ferventes prières, l'accomplissement de ses promesses ; et sa foi et sa charité pénétraient les cieux. Ayant de très-humbles

(i) Une belle église, à trois nefs, avait été bâtie par cos ancêtres sur l'emplacement même de la maison que saint Joacîiim et sainte Anne habitèrent après leur mariage, à Séphoris (tout près de Nazareth). Les disciples de Mahomet la rainèrent, en haine du nom chrétien. Durant notre séjour en Palestine, les "^^'^■îs Franciscains de Terre-Sainte, Gardiens des Saints-Lieux, catrèrent, par un vrai miracle, en possession, au nom de l'Bglise Catholique, de cet emplacement et de ses précieuses ruines, comme nous le rapporterons ailleurs, avec plus de détails.

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sentiments de lui-même, pur, d'une grande sincérité et de saintes manières, c'était un homme grave et sérieux, dont on admirait la modestie et l'honnêteté incomparables.

Sainte Ann:^ avait sa maison à Bethléem ; c'était une jeune fille très-chaste, très-humble et très-belle, et dès son enfance elle s'était distinguée par sa modestie et sa vertu. Elle reçut aussi du Très- Haut de grandes et fréquentes illuminations, et vaquait sans cesse à la contemplation des choses divines, sans négliger ses afiaires domestiques, où elle était infatigable ; et par ces saintes occupations, elle arriva à la plus haute perfection, tant dans la vie active que dans la vie contemplative. Elle avait une science infuse des Ecritures saintes et une connaissance profonde de leurs mystères les plus cachés ; et en même temps elle possédait, au suprême degré, les vertus infuses de Foi, d'Espérance et de Charité. Prévenue de ces dons, elle priait continuellement pour hâter l'avènement du Messie ; et ses prières furent si agréables au Seigneur qu'on peut dire qu'elle avait avancé le temps de la Rédemption ; car les mérites de sainte Anne ne contribuèrent pas peu sans doute à anticiper la venue du Messie, puisqu'elle a temi le premier rang entre tous les Saints de V Ancien Testament.

3. — L<a fille de Stolan, si merveilleusement remplie de dons célestes, demanda aussi avec ferveur que le Très- Haut lui donnât dans l'état du mariage un époux qui

l'aidât à garder la loi divine et h se perfectionner dans l'observance de ses préceptes ; et tandis que sainte Anne adressait cette prière au Seigneur, il portait par sa providence divine saint Joacliim à la lui adresser aussi, afin que ces deux requêtes fussent en même temps présentées au tribunal de la très-sainte Trinité, oii elles furent exaucées. Il fut aussitôt arrêté par un décret divin que Joacliim et Anne s'uniraient par le lien du mariage, et seraient les parents de celle qui devait être Mère de Dieu incarné. Et pour l'exécution de ce décret, le saint archange Gabriel fut chargé de l'annoncer à l'un et à l'autre.

Il apparut sous une forme corporelle à sainte Anne, dans un moment où., se livrant à une fervente oraison, elle demandait la venue du Sauveur du monde et le salut des hommes. Elle vit le divin messager si resplendissant et d'une beauté si surprenante, qu'elle ne put se défendre d'un certain trouble et d'une sainte crainte, accompagnée d'une joie intérieure que sa présence lui causait par les lumières qu'elle communiquait à son âme.

Anne se prosterna avec une profonde humilité pour honorer l'ambassadeur du ciel ; mais il s'opposa à cette posture humiliante, et inspira une douce confiance à celle qui devait être l'arche de la véritable manne, la Bienheureuse Marie, ^lère du Verbe éternel ; car le Seigneur avait déjà découvert ce mystère caché au saint Archange, lorsqu'il le chargea de cette ambassade. Mais les antres

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anges du ciel ne le devinaient point encore : cette révélation ou illumination ne fut faite aussitôt par le Seigneur qu'à l'archange Gabriel, qui ne manifesta pas non plus alors ce grand mystère à sainte Anne. Il lui dit seulement, après lui avoir demandé son attention : " Servante du Seigneur, que le Très-Haut vous bénisse et soit votre salut. La Majesté divine a entendu vos prières, et veut que vous persévériez à demander la venue du Sauveur, et vous ordonne de prendre Joachim pour votre époux. C'est un homme juste et agréable aux yeux du Seigneur, 'et vous pourrez persévérer avec lui en l'observance de sa divine loi et en son service. Continuez vos prières et vos supplications, sans trêve ni relâche, car le Seigneur lui-même se chargera de les exaucer suivant vos désirs. Marchez par le droit chemin de la justice, élevez votre cœur et votre esprit aux choses du ciel, priez toujours pour la venue du Messie et réjouissez- vous dans le Seigneur, qui est votre salut." 1,'ange disparut ensuite, laissant la sainte, capable de pénétrer plusieurs mystères des Ecritures, et ayant rempli son âme de consolations et renouvelé la ferveur de son esprit.

ly' archange n'apparut et ne parla pas à saint Joachim sous une forme corporelle comme à sainte Anne ; mais l'homme de Dieu l'entendit lui dire dans un songe : ' ' Joachim, soyez béni de la divine droite du Très-Haut ; persévérez en vos désirs, et pratiquez la justice et la perfection. I,e Seigneur veut que vous preniez Anne pour votre épouse, car il a rempli son âme de bénédictions.

Ayez soin d'elle et estimez-la comme un précieux don que sa main libérale vous fait, et rendez grâces au Tout- Puissant de vous l'avoir confié." En vertu de ces messages Joacliim demanda la très-chaste Anne pour épouse, et, obéissant tous deux à la volonté de Dieu, le mariage se fit, sans pourtant que l'un découvrit son secret à l'autre, sinon quelques années après, comme je le dirai en son lieu (^).

Dans le temple de Jérusalem, près de l'autel des holocaustes, le grand-prêtre Issachar ( ^ ) bénit cette alliance fortunée. La fille de Stolan et d'Emérentiane, rayonnante de joie et d'innocence, s'avance vers le Pontife. Son costume, dans les verrières du moyen- âge est d'une splendeur royale. Son front pur, ses yeux modestes, la ravissante expression de ses traits, semblent réaliser l'idéal de la beauté. Le groupe brillant de ses compagnes fait ressortir d'avantage les grâces de l'heureuse fiancée. En face, Joachim est entouré des jeunes gens de sa tribu ; il reçoit la main de son épouse. Là figure du saint vieillard qui préside cette cérémonie ressemble à celle des Patriarches de l'Ancienne Loi : tels devaient être Abraham unissant Isaac à la douce Rébecca, ou Raguel accordant sa fille au jeune Tobie (3).

(i) Cité Mystique.

(2) Vinc. Belv., Specul. Historial.

(3) J. B. Darras Légende de Notre-Dame.

— Encore de nos jours, au pays de saint Joachim et de sainte Anne, les jeunes époux observent la même modestie dans la celé-

Les deux saints époux fixèrent leur demeure à Nazareth, et y suivirent les lois du Seigneur. Ils se rendirent agréables et irrépréhensibles aux yeux du Très-Haut, donnant la plénitude des vertus à toutes leurs œuvres par leur justice et par leur sincérité.

4. — Ils faisaient tous les ans trois portions de leurs revenus. Ils offraient la première au Temple de Jérusalem, pour le culte du Seigneur ; ils distribuaient la seconde aux pauvres, et destinaient la troisième pour l'honnête entretien de leur famille.

Les deux saints époux, en offrant ainsi au Temple pour le culte du Seigneur, non la dîme ou la dixième partie, mais le tiers de tous leurs revenus, se souvenaient des offrandes de David, leur royal Ancêtre, et des principaux d'Israël, pour la construction de ce même Temple et pour le culte de Jéhovah. Lisant assidûment les saintes Ecritures, ils avaient toujours présent à leur mémoire et gravé dans leur cœur ce sublime discours de leur illustre Aïeul, à toute la multitude assemblée : " Dieu a choisi mon fils Salomon entre tous les autres, quoiqu'il soit encore jeune et délicat, et que l'œuvre soit grande, puisque ce n'est pas pour un homme, mais pour

bration de leurs noces, et nous donnent l'édifiant exemple de la même simplicité de mœurs. Comme les compagnes de sainte Anne, les jeunes filles, notamment à Bethléem se groupent autour de la fiancée ; tandis que les jeunes gens accompagnent le nouvel époux, sans mélange des deux sexes. Heureuses mœurs, puissentelles se conserver toujours !

-^^ LEGENDE

Naasara est l'ancienne Xazareth, nom qui signifie fleur, selon saint Jérôme. Avant J.-C, cette ville n'est mentionnée nulle part. Saint Luc est le premier qui en parle dans soD Evanmle.

Etat actuel. — La ville de Nazareth est située à 1,112

pieds au-dessus du niveau de la Mévliterranée. Elle est

bâti» en amphithéâtre et entourée de collines de tous côtés, j

Le sol en est inégal. Les rues sont étroites, mais assez | bien pavées (Voir à la Gravure IL le Plan de la Ville). I

Nazareth, possède environ 6,000 habitants, partagés ! comme il suit: Latins (l) 1,300; Grecs catholiques 700; t Mn,ronite3 400; Grecs non-unis, 2,000; Protestants, 100-, Musulmans 1,500 (2).

^1) On appelle ainsi eu Orient ]i!s catholiques,

qui célèbrent,

coniMi'' nou>, les offices dans la Langue Latine.

(2) Cette statistique est de l'année 1887.

Dieu même que nous voulons préparer une maison. Pour moi, je me suis employé de toutes mes forces à amasser ce qui était nécessaire pour la maison de mon Dieu ; de l'or, pour les vases d'or, et de l'argent, pour ceux d'argent, du cuivre pour les ouvrages de cuivre, du fer pour ceux de fer, et du bois pour ceux de bois. J'ai aussi préparé des pierres d'onyx, des pierres blanches comme l'albâtre, du jaspe de diverses couleurs, toutes sortes de i)ierres précieuses, et du marbre de Paros en quantité. Outre toutes ces cho^-: s que j'ai offertes pour la maison de mon Dieu, j'ai encore ménagé de mon propre bien de l'or et de l'argent que je donne pour le temple de mon Dieu, vsans compter ce que j'ai préparé pour bâtir son sanctuaire, trois mille talents d'or d'Opbir, et sept mille talents d'argent très pur pour dorer les murailles du Temple." (En tout plus de deux cent quarante-deux millions de francs !).

"Et si quelqu'un veut encore offrir quelque chose de lui-même au Seigneur, qu'il remplisse aujourd'hui ses mains, et qu'il offre au Seigneur ce qu'il plaira de lui offrir. — Les chefs des maisons les plus considérables de chaque tribu promirent donc d'offrir leurs présents, aussi bien que les tribuns, les centeniers et les intendants du domaine du roi. Et i's donnèrent pour les ouvrages de la maison de Dieu cinq mille talents d'or et dix mille solides, dix mille talents d'argent, dix- huit mille talents de cuivre, et cent mille talents de fer. Tous ceux qtii

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avaient quelques pierres précieuses les donnaient aussi pour être mises au trésor de la maison du Seigneur. Et tout le monde témoigna une grande joie, en faisant ces offrandes volontaires, parce qu'ils les offraient de tout leur cœur au Seigneur ; et le roi David était aussi tout transporté de joie. Il bénit Dieu devant toute cette multitude, et il s'écria : " Seigneur qui êtes le Dieu d'Israël notre père, vous êtes béni dans tous les siècles. C'est à vous. Seigneur, qu'appartiennent la grandeur et la puissance ; et c'est à vous que sont dues les louanges ; car tout ce qui est dans le ciel et sur la terre est à vous. Maintenant donc, ô notre Dieu, nous vous rendons nos hommages et nous louons votre saint nom. Mais qui suisje, moi ? et qui est mon peuple, pour pouvoir vous offrir ces choses ? Tout est à vous ; et nous ne vous avons présenté que ce que nous avons reçu de votre main. Car nous sommes des étrangers et des voyageurs devant vous, ainsi que l'ont été nos pères. Nos jours sur la terre passent comme l'ombre ; et nous n'y demeurons qu'un moment. Je sais, mon Dieu, que vous sondez les cœurs, et que vous aimez la simplicité; c'est pourquoi je vous ai aussi offert toutes ces choses dans la simplicité de mon cœur et avec joie, et j'ai vu aussi votre peuple rassemblé en ce lieu vous offrir des présents avec une grande joie.

* * Seigneur, Dieu de nos pères, Abraham, Isaac et Israël, conservez éternellement cette volonté dans leur cœur, et faites qu'ils demeurent fermes dans cette résolution de vous rendre honneur. ' '

Par la lecture assidue des Livres Saints, Joachim et sa sainte épouse trouvaient également un aliment toujours nouveau et un céleste stimulant à leurs généreuses et incessantes aumônes, dans ces paroles que l'Esprit de Dieu fit adresser par le père de Tobie à son jeune fils : " Mon fils, ayez Dieu dans votre esprit tous les jours de votre vie .... Faites l'aumône de votre bien, et ne détournez votre visage d'aucun pauvre ; car, de cette sorte, le Seigneur ne détournera point non plus son visage de vous. Soyez charitable autant que vous le pourrez. Si vous avez beaucoup de bien, donnez beaucoup : si vous en avez peu, même ce peu, ayez soin de le donner de bon cœur. Car vous vous amasserez ainsi un grand trésor pour le jour de la nécessité ; parce que l'aumône délivre de tout péché et de la mort ; et elle ne laissera point tomber l'âme dans les ténèbres éternelles ; mais elle sera pour tous ceux qui l'auront faite le sujet d'une grande confiance devant le Dieu suprême. " (Tob. C. IV.) ; et dans d'autres passages analogues des saintes Ecritures où. l'Esprit Saint insiste sur l'assistance due au pauvre, et exalte le mérite et la récompense de l'aumône.

Et Dieu augmentait leurs biens temporels, parce qu'ils s'en servaient avec la plus généreuse charité (0-

(i) Puissent dos bonnes populations catholiques du Canada comme elles l'ont fait si admirablement jusqu'ici, puissent-elles continuer à imiter leur sainte Patronne, en ces deux grandes choses : i ° à se montrer pleines de zèle pour la maison du Seigneur, ainsi que pour le service du Culte et l'entretien de se» Miniî-itres, en donnant toujours, comme de vrais Israélites, la

Une paix inaltérable régnait entre eux ; ils vivaient dans une grande conformité de mœurs, que ne troublait jamais le moindre dissentiment. I^a très humble Anne était soumise en toutes choses à la volonté de Joachim ; et, de son côté, l'homme de Dieu allait avec une sainte émulation au-devant de tout ce qui pouvait plaire à sa sainte épouse ; et ce n'était pas en vain qu'il se confiait entièrement en elle (^). De manière qu'ils vécurent en une si parfaite harmonie, qu'ils n'eurent pendant toute leur vie qu'une même volonté. Comme ils étaient unis au nom du Seigneur, sa sainte crainte ne les abandonnait jamais ; saint Joachim ne manquant pas d'obéir au commandement que l'Ange lui avait fait d'honorer son épouse et de l'entourer de tous ses soins.

dîme de leurs biens, dans la simplicité de leur cœur, non-seulement sans murmure, mais avec un véritable empressement de fidélité et avec une sainte allégresse ; 2° à contribuer généreusement, comme saint Joachim et sainte Anne, en donnant une large part de leurs revenus, pour le soulagement des pauvres, pour l'éducation chrétienne des petits enfants, en multipliant les Couvents et toutes les institutions catholiques, où l'on parle de l'amour du bon Dieu et de la charité fraternelle à ces jeunes cœurs dont les premières impressions, toujours si profondes, leur resteront comme un gage de bonheur et de prospérité ici-bas, en attendant, là-Haut, les éternelles joies du Paradis !

(i) Prov. XXXI, II.

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