‹ La bonne Ste AnneChapitre 42 sur 71 · L'ORDRE DE SAINTE-CLAIRE · texte numérisé non relu

L'ORDRE DE SAINTE-CLAIRE

* ' Nous lisons de notre Bienheureuse Sœur Colette, Vierge, Réformatrice de son Ordre en France, qu'elle ordonna à ses Religieuses de réciter après l'Office Divin, de longues et nombreuses commémoraisons. A Besançon, dans le Couvent de son Ordre, elle les faisait réciter dans une chapelle spécialement dédiée à Sainte Anne. Elle en agissait ainsi par un sentiment de reconnaissance, à la suite d'une grande faveur qu'elle avait obtenue de la Bonne sainte Anne, à laquelle elle avait voué une particulière et sienne dévotion. Voici cette faveur toute céleste :

Sainte Anne lui était apparue, accompagnée de la •sainte Vierge et de l'Enfant Jésus, et il lui fut révélé,

dans une de ses extases, que la Bonne sainte Anne l'avait en particulière estime et appréciait beaucoup ses grandes œuvres. Et effecflivement la Bienheureuse Sœur vit ellemême que la glorieuse sainte Anne les mettait toutes dans un vase d'or, et ensuite allait les offrir au Très- Haut, en compagnie de tous les Saints de la cour céleste, priant sa divine Majesté de regarder avec des yeux de miséricorde son humble servante Colette, et l'œu-n-esainte qui lui était confiée, afin qu'elle réussît en pleine conformité à la volonté divine ! "

Pour mieux faire comprendre au Lecteur cetteprécieuse faveur accordée à sainte Colette, à cause de sa dévotion spéciale à la Bonne sainte Anne, nous croyons utile de donner ici quelques détails. Nous les empruntons à l'Auteur du bel Ouvrage connu déjà avantageusement des âmes pieuses, et intitulé : V Auréole Sêraphique :

* ' Dès sa plus tendre enfance, Colette avait apprécié à sa juste valeur la virginité, vertu céleste qui se conserve dans les saintes aspérités de la pénitence comme le lis au milieu des épines ; jusqu'à la fin de sa vie elle garda ce précieux trésor avec une inviolable fidélité. La pureté de son âme virginale transpirait sur son chaste corps : du lieu qu'elle habitait, s'échappait un parfum suave qui fortifiait ceux qui le respiraient et quelquefois même les guérissait de leurs infirmités ; l'eau dans laquelle elle se lavait, loin d'être salie, devenait plus limpide et avait

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acquis une vertu merveilleuse. Qu'elle est belle et resplendissante la génération des âmes chastes ! elle est glorieuse aux yeux de Dieu et des hommes.

La servante de Dieu chérissait les enfants et se plaisait à les caresser et à les bénir, parce qu'ils étaient pour elle des symboles vivants de simplicité et d'innocence. Sa prédiledlion s'étendait aussi sur tout ce qui dans la nature lui rappelait quelque chose de la vertu des anges, comme les colombes, emblèmes de la pureté, et les agneaux, figures de l'Agneau sans tache. Les oiseaux s'apprivoisaient avec elle, comme autrefois avec saint François ; ils entraient familièrement dans sa cellule, la saluaient de leurs gazouillements et venaient recevoir de sa main leur nourriture.

Colette avait une plus particulière dévotion envers les saints qui étaient restés vierges, surtout envers Marik, la Reine des vierges, et envers saint Jean, l'apôtre vierge par excellence et l'apôtre de l'amour. Elle poussa même si loin ce sentiment, que dans les commencements elle priait rarement sainte Anne : Notre-Seigneur ne voulut pas laisser subsister cette froideur dans le cœur de sa fidèle épouse. Sainte Anne lui apparut, environnée de gloire et accompagnée de la très sainte Vierge tenant par la main le divin Enfant Jésus, et elle lui dit que, bien qu'elle eût été mariée, elle était, par sa postérité, la gloire de V Eglise militante et V ornement de V Eglise triomphante. Cette vision réjouit sainte Colette et lui inspira depuis

une telle dévotion envers la bienheureuse aïeule du Sauveur, qu'elle l'implora pour le succès de sa Réforme (comme nous l'avons vu plus haut) et lui dédia plusieurs églises et chapelles de ses fondations. ' '

Oui, ô Bonne sainte Anne, vous êtes vraiment, par votre postérité, la gloire de l'Eglise militante et l'ornement de l'Eglise triomphante. Et nous qui sommes vos humbles, petits, mais fidèles serviteurs dans l'Eglise militante, à l'exemple de l'admirable Vierge de Corbie, nous voulons vous honorer et publier partout votre véritable ^/^z><f, ici-bas, en attendant, par la puissance de vos Suffrages, le bonheur sans fin de vous contempler là-Iîaut, ô incomparable Sainte, vous l'ornement de t Eglise triomphante dans les splendeurs du beau Paradis !

LE VÉNÉRABLE SERVITEUR DE DIEU, FRERE INNO- CENT DE CHIUSA, ET SON ZÈLE BRULANT A RÉPANDRE PARTOUT LA DÉVOTION EN- VERS LA BONNE SAINTE ANNE.

Nous lisons dans la Vie du serviteur de Dieu, Frère Innocent de Chiusa, que son affection pour sa céleste Patronne, sainte Anne, était si vive, qu'il aurait voulu la voir aimée et honorée de toutes les créatures. Dans ce

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but, il travaillait sans relâche, et employait tous les moyens pour répandre partout la dévotion à la grande Sainte, et pour obtenir qu'elle fût tellement gravée dans tous les cœurs que chacun la prît pour Patronne et pour Avocate spéciale auprès du Trône de l'Eternel.

Cependant cet amour envers la Sainte était tellement allumé dans son propre cœur, qu'il mérita par là de jouir souvent de ses célestes apparitions. La Bonne sainte Anne venait s'entretenir familièrement avec le serviteur de Dieu et lui obtenait de très grandes faveurs, et lorsqu'elle le quittait pour retourner au Ciel, Frère Innocent restait tout inondé de suaves consolations.

Une fois en tr' autres, il fut aperçu par le Père Bonaventure Colonella, tout enveloppé d'une brillante splendeur ; ce prodige était occasionné par la présence de la Bonne sainte Anne, qui se trouvait alors dans la pauvre cellule de l'humble Frère Franciscain et qui causait familièrement avec lui, comme une douce et pieuse mère a coutume de faire avec son propre enfant ! Qu'on est donc heureux, lorsqu'on sert le bon Dieu, dans la simplicité de son cœur, comme le Frère Innocent, comme toutes les âmes justes ici-bas, puisque déjà même sur la terre on éprouve comme un avant-goût du ciel !

C'est dans une de ces célestes visites dont le serviteur de Dieu était si souvent favorisé que sainte Anne lui dit : " Sachez deux choses, Frère Innocent : la première, c'est que j'éprouve, le jour de T Immaculée Conception de

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Marie, ma Fille Unique, la même allégresse que si c'était le jour de ma propre Fête : la deuxième, c'est que je veux que vous ayez une particulière vénération pour le jour de Mardi, parce que c'est le Mardi que je suis née, et le Mardi que mon âme est retournée à Dieu qui l'avait créée !

Cette Relation est extraite de la Vie du serviteur de Dieu, Frère Innocent de Chiusa, écrite par le Père Pierre Rognoletto, au Chapitre trentième. Folio 167.

Les Lecteurs des Annales connaissent déjà cet humble Enfant du Pauvre d'Assise ; ils se rappellent les grands miracles qu'il opérait, par la puissante intercession de sa céleste Patronne, et comment surtout il obtint l'éclatante guérison du Pape Grégoire XV, lorsque ce pieux Pontife promit de glorifier la Bonne sainte Anne, en établissant que sa Fête, dans l'Eglise Universelle, serait une Fête d'obligation pour tous les Fidèles

Daigne le très doux Jésus, dans sa bonté, susciter encore dans son Eglise des âmes dévouées au Culte de notre grande Thaumaturge, comme l'était celle du Frère Innocent de Chiusa ; et, ici, dans notre cher pays du Canada, si nous n'osons dire<5lement demander à son Cœur Divin, à ce Cœur qui a tant aimé les hommeSy un Saint faisant lui-même de grands miracles, au moins puissions-nous obtenir de posséder toujours des âmes vraiment zélées pour la propagation du Culte de sainte Anne, notre Bonne Mère !

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