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EMPLACEMENT DE LA MAISON DE ST. JOACHIM ET STE. ANNE

Dès le IVe siècle, Joseph, gouverneur de Tibériade, éleva en ce saint Lieu une belle église qui fut visitée par

SES SANCTUAIR3ÎS 25 1

Antonin le Martyr. Celui-ci y trouva en grande vénération plusieurs objets, parmi lesquels un siège qui avait été à l'usage de la Sainte Vierge. Cette église, détruite par Chosroës en 614, fut rebâtie par les Croisés. Elle était à trois nefs ; mais il n'en reste plus debout que deux absides dont l'une contenant trois autels sert de chapelle. Les Pères de Terre-Sainte viennent d'enfermer, dans un mur d'enceinte maçonnée, deux des absides, et la plus grande partie de l'emplacement de l'ancienne église ainsi que des terrains circonvoisins. On y voit une partie d'un des murs latéraux, plusieurs colonnes et quelques chapitaux byzantins (0-"

C'est donc là, l'endroit de la demeure où la Sainte Vierge, d'après la pieuse Tradition, aurait passé les trois premières années de sa vie, avant d'être conduite par ses heureux Parents au Temple de Jérusalem pour s'y consacrer au service du Seigneur. Que de merveilles ont dû s'accomplir, durant ces trois années, dans cette maison où Marie, la Reine des Anges, reçut de ses bienheureux Parents, sa première éducation ! Et quelle éducation !

"Non, jamais, s'écrie ici un savant et très pieux auteur (^) jamais peut-on dire, fille de rois ne fut prévenue de tant de soins, entourée de tant de sollicitude que

(i) Guide Indicateur des sanctuaires et lieux historiques de la Tkrre; Saintk. Par le Frère Liévin de Hamme Franciscain, résidant à Jérusalem (3e édition, — Jérusalem 1887).

(2) L'abbé Jamar. Marie, Mère de Jésus, i vol. grand in-8°. Paris 1880.

le fut Marie, la divine Princesse. Les pieux parents qui veillaient sur elle connaissaient ses glorieuses destinées (^). Aussi l'éducation de Marie fut-elle l'objet de

leurs constantes préoccupations Marie croissait et

s'épanouissait comme ces fleurs délicates plantées dans un sol fertile, arrosées de pluies bienfaisantes, à l'abri des ardeurs excessives du soleil et de toute influence funeste. Elle réjouissait le cœur de ses parents par les attraits sans cesse grandissants de sa beauté et de ses grâces. Dès ses plus tendres années, et encore au berceau, Marie montrait aux yeux de tous qu'elle avait été favorisée de dons signalés. La sagesse, la piété, la discrétion, la raison devancèrent chez elle les progrès de l'âge. Différente des autres enfants, elle ne donnait aucun signe d'imperfection, et à travers son regard limpide on découvrait comme une apparition ravissante des cieux.

Oh ! quel ange gracieux anime, décore, embellit la demeure patriarcale de Joachim et d'Anne !

Contemplez cette jeune enfant : voyez-la qui sourit délicieusement à son père et à sa mère, et qui crée dans leur coeur une source d'ineffables jouissances. Voj^ez-la, profondément recueillie, joindre modestement les mains pour la prière ; puis remarquez l'attention qu'elle prête à la lecture des Livres Saints. Anne vient-elle à lui parler

(i) Voir Ire Partie, chap. VII.

de la puissance infiuie et de la bonté du Seigneur, aussitôt le feu divin dont elle brûle intérieurement colore son visage et illumine son front. Bientôt son œil immobile et dirigé vers le ciel, l'expression de ses traits où se peignent successivement la joie, l'admiration, la reconnaissance et l'amour, l'éclat extraordinaire qui environne son corps, tout annonce en elle le ravissement de l'extase.

Heureux parents, que se passe-t-il en vous, quelle émotion agite votre âme à ce spectacle inattendu ! Ne reconnaissez- vous pas déjà dans cette Fille Bénie, la Femme qui doit écraser la tête du serpent infernal, l'Epouse Immaculée des Cantiques, la Vierge qui enfantera l'Emmanuel ? Souvent, quand elle repose sur votre poitrine et que vous la pressez entre vos bras, votre esprit se reporte vers ces femmes illustres, la gloire de votre antique famille ; vous vous rappelez les faveurs accordées originairement à Eve, la mère des vivants, — les grâces de Sara, de Rebecca et de Rachel, — le courage héroïque de Débora, de Jahel et de Judith, — la bonté prévenante d'Abigaïl et d'Esther, et vous dites avec un sentiment de légitime fierté que votre Fille les surpassera toutes en vertus et en perfections. Vous savez déjà que, nouvelle Arche de Noé, elle sauvera le genre humain de la mort ; que, semblable à la Branche d'amandier d'Aaron, elle fleurira par la puissance du Très- Haut et portera le Fruit du salut ; que, vraie Arche d'alliance. Temple plus privilégié que celui de Salomon, elle deviendra le Tabernacle vivant où le Fils de Dieu fixera sa demeure. Vous admi-

rez en elle la pureté sans tache du lis, la majestueuse élévation du cèdre et du palmier, les vertus salutaires de l'olivier et de la vigne, dont parle la Sainte Ecriture ! . ."

Daigne la Bonne sainte Anne attirer de nombreux Pèlerins à ce Sanctuaire si cher à son cœur maternel, aujourd'hui qu'ils n'ont plus rien à craindre du fanatisme musulman. Puisse-t-il se relever promptement de ses ruines et reprendre son antique î^plendeur, comme celui de Jérusalem que nous allons maintenant décrire.

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