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tout innocente petite créature, à son entrée dans ce monde.
La jeunesse de sainte Anne fut pieuse comme sa vie entière. Attachée à ses parents, elle reçut d'eux les leçons et les exemples de la vertu. Les mères en Israël la montraient à leurs filles en leur souhaitant de lui ressembler, La beauté de son âme se reflétait sur son visage noble ct pur. Elle avait grandi dans la paix d'un cœur innocent. Les jeuncs homines de sa tribu se disputèrent l'honneur de mériter une tel!e épouse. Sa modestie toucha le cœur de Joachim (Légende de N.-D : Ch. I.).
SAINT JOACHIM, continue la pieuse vierge d’'Agréda, avait sa maison, sa famille et ses propres parents à Nazareth, petite ville de Galilée (:}). Il fut toujours juste, saint et éclairé d'une grâce spéciale et d'une lumière céleste. Comprenant plusieurs mystères des Ecritures ct des anciens Prophètes, il demandait au Seigneur, par ses continuelles et ferventes prières, l’accompliss:ment de ses promesses ; et sa foi ct sa charité pénétraient les cieux. Ayant de très-humbles
(1) Une belle église, à trois nefs, avait €té bâtie par nos ancêtres sur l'emplacement même de la maison que saint Joachim et sainte Anne habitèrent après leur mariage, à Séphoris (tout près de Nazareth). Les disciples de Mahomet la ruinèrent, en haine du nom chrétien. Durant notre séjour en Palestine, les Pères Franciscains de Terre-Sainte, Gardiens des Saints-Lieux, entrèrent, par un vrai miracle, en possession, au nom de l'Eglise Catholique, de cet emplacement et de ses précieuses ruines, comme nous le rapporterons ailleurs, avec plus de détails.
sentiments de lui-même, pur, d'une grande sincérité et de saintes manières, c'était un homme grave ct sérieux, dont on admirait la modestie et l'honnêteté incomparables.
SAINTE ANNE avait sa maison à Bethléem ; c'était une jeune fille très-chaste, très-humble et très-belle, et dès son enfance elle s'était distinguée par sa modestie et sa vertu. Elle reçut aussi du Très-Haut de grandes et fréquentes illuminations, et vaquait sans cesse à la contemplation des choses divines, sans négliger ses affaires domestiques, où elle était infatigable ; et par ces saintes occupations, elle arriva à la plus haute perfection, tant dans la vie active que dans la vie contemplative. Elle avait une science infuse des Ecritures saintes et une connaissance profonde de leurs mystères les plus cachés ; et en même temps elle possédait, au suprême degré, les vertus infuses de Foi, d'Espérance et de Charité. Prévenue de ces dons, elle priait continuellement pour hâter l’avénement du Messie ; et ses prières furent si agréables au Seigneur qu’on peut dire qu’elle avait avancé le temps de la Rédemption ; car les mérites de sainte Anne ne contribuèrent pas peu sans doute à anticiper la venue du Messie, puisqu'elle a tenu le premier rang entre tous les Saints de l'Ancien Testament.
3.—-La fille &e Stolan, si merveiileusement remplie de dons célestes, demanda aussi avec f.rveur que le Très- Haut lui donnât dans l'état du mariage un époux qui
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l'aidât à garder la loi divine et à se perfectionner dans l'observance de ses préceptes ; et tandis que sainte Anne adressait cette prière au Seigneur, il portait par sa providence divine saint Joachim à la lui adresser aussi, afin que ces deux requêtes fussent en même temps présentées au tribunal de la très-sainte Trinité, où elles furent exaucées. Il fut aussitôt arrêté par un décret divin que Joachim et Anne s’uniraient par le lien du mariage, et seraient les parents de celle qui devait être Mère de Dieu incarné. Et pour l'exécution de ce décret, le saint archange Gabriel fut chargé de l’annoncer à l’un et à l'autre.
Il apparut sous une forme corporelle à sainte Anne, dans un moment où, se livrant à une fervente oraison, elle demandait la venue du Sauveur du monde et le salut des hommes. lle vit le divin messager si resplendissant et d'une beauté si surprenante, qu’elle ne put se défendre d'un certain trouble et d’une sainte crainte, accompagnée d'une joie intérieure que sa présence lui causait par les lumières qu’elle communiquait à son âme.
Anne se prosterna avec une profonde humilité pour honorer l'ambassadeur du ciel ; mais il s’opposa à cette posture humiliante, et inspira une douce confiance à celle qui devait être l’arche de la véritable manne, la Bienheureuse Marie, Mère du Verbe éternel; car le Seigneur avait déjà découvert ce mystère caché au saint Archange, lorsqu'il le chargea de cette ambassade, Mais les autres