‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 36 sur 124 · SP RP · texte numérisé non relu

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Une Arche si mystérieuse, consacrée et construite par la main du Seigneur pour sa propre demeure et pour servir de propitiatoire à son peuple, n'aurait pas été bien placée hors de son temple, où l'on gardait l'autre arche matérielle qui était la figure de cette arche véritable et spirituelle du nouveau Testament. C’est pourquoi l'Auteur de cette merveille ordonna que la très pure Marie fût consacrée dans son temple, lorsqu'elle eut achevé ses trois premières années depuis sa très heureuse naissance, Je suis pourtant fort surprise d'une différence (1) notable que je trouve entre ce qui arriva à la première arche qui n'était qu'une figure, et ce qui arrive à la seconde qui est la véritable, Car, lorsque le roi David transporta en divers endroits, et qu'après lui son fils Salomon eut placé dans le Temple, comme en son propre siège, cette arche qui n'avait d'autre excellence que de représenter notre auguste Reine et ses mystères, ces translations se firent avec la plus grande pompe et au milieu des transports de

joie universelle du peuple.

Mais bien que notre arche mystique et véritable, la très pure Marie, fût la plus riche, la plus excellente et la plus digne de vénération d'entre toutes les créatures, elle ne fut pas conduite au Temple avec la même solennité : iln’y eut point dans cette mystérieuse translation de sacrifices d'animaux et on n’y découvrait aucune pompe

royale. Au contraire, elle fut transportée de la maison

(1) Le Très-Haut daigna, dans une admirable révélation, expliquer à sa servante le motif de cette différence.

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de son père Joachim entre les bras de sa mère Anne, qui, quoiqu’elle ne fût pas de la classe des pauvres, se chargea elle-même, dans cette occasion, de sa Fille bien-aimée, d'une manière humble, sans suite et sans ostentation extérieure, pour la présenter et la consacrer au Temple. Le Très-Haut voulut que toute la gloire et toute la pompe de cette solennité fussent invisibles et divines, parce que les mystères de notre auguste Reine furent si secrets et si sublimes, qu'il y en a encore plusieurs qui n'ont pas été révélés, et cela par les impénétrables jugements du Seigneur, qui fixe à toutes les choses, et à chacune en particulier, son temps et son heure.

4. Les trois ans que le Seigneur avait déterminés étant donc révolus, Joachim et Anne, accompagnés de quelques-uns de leurs parents, partirent de Nazareth portant avec eux la véritable Arche du Testament, la très-

,pure Marie, pour la consacrer dans le saint Temple de

Jérusalem. La douce et ravissante Enfant courait par ses ferventes affections après l'odeur des parfums de son Bien-Aimé, pour aller chercher dans le Temple Celui qu’elle portait dans son cœur. L'humble cortège marchait sans être suivi d'un grand nombre de créatures terrestres, sans aucune magnificence extérieure, mais non pas sans une belle légion d'esprits angéliques qui étaient descendus du ciel et s'étaient joints à l’escorte de leur jeune Reine, pour solenniser cette fête en y chantant avec une harmonie céleste de nouveaux cantiques de gloire et de louanges au Très-Haut, La Souveraine du

ciel, dont chaque pas était si beau, tandis qu'elle allait à la rencontre du suprême et véritable Salomon, les e1. endait et les voyait tous : et c’est ainsi que la sainte compagnie franchit la distance de Nazareth à la sainte Cité de Jérusalem, pendant que les Parents de notre auguste et jeune Marie ressentaient une grande consolation spiri-

tuelle.

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