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simple et naïf de la vie de la bonne sainte Anne révélée à une religieuse qui mourut saintement dans sa communauté, au commencement de ce siècle ('). Deux siècles auparavant, les mêmes révélations avaient été faites également à une religieuse, fille de sainte Claire. Ces révélations forment un ouvrage volumineux. Le docte et pieux reviseur de la traduction de cet ouvrage, écrit primitivement en langue espagnole, et intitulé : Za Cité Mystique . .. parle ainsi de cette sainte religieuse et des grandes révélations dont elle a été favorisée : ‘‘ Dieu, qui est admirable dans toutes ses œuvres, l’est surtout dans ses saints, selon l'expression de l'Ecriture ... Le Très Haut s’est plu à manifester la vérité de cette parole dans la vie de la Vénérable Marie d’Agréda ... Elle naît de parents chrétiens, estimables bourgeois de la petite ville d’Agréda, sur les confins de l’Aragon et de la Nouvelle-Castille. Son corps est frêle, sa santé délicate, son enfance maladive est minée par des fièvres ardentes ; la mort semble l'avoir marquée de son sceau, comme un être chétif qui n’est pas né viable, et qui se consume dans une invincible langueur. Elle n’a rien de ce premier âge si vif, si impétueux, si gai, si insoucieux de la vie qui déborde en lui de toutes parts; elle est timide à l'excès ; la mélancolie, la tristesse, trop souvent funestes compagnes d'un autre âge, semblent l’étreindre et cou-
(1) La pieuse et douce Anne Catherine Emmerich, dont les révélations font tant de bien aux âmes qui les lisent avec une foi simple et confiante !
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vrir d'un nuage épais son intelligence engourdie ; c'est une existence à part, étrange, qui n’a rien emprunté à la vie ordinaire, et qui présage ou une fin précoce, ou une destinée surnaturelle et merveilleuse,
Une mort prématirée ne devait point l'atteindre ; elle devait vivre longtemps, au contraire ; et, sous l'enveloppe fragile d'un corps sans vigueur, Dieu tenait en réserve une Âme énergique, un cœur d'héroïne capable de tous les sacrifices, une intelligence de premier ordre, une femme forte dans la pratique de toutes les vertus, qui devait manifester en elle les prodiges de la puissance divine, et condamner, par l'innocence et la pureté angélique de sa vie, les passions désordonnées et les vices d'un siècle et d’un peuple corrompus.
Bien jeune encore, elle donne l'exemple d’une piété sans égale et tellement sympathique, qu'à l'âge de quinze ans, dévorée du désir de se consacrer à la vie religieuse, elle entraîne à sa suite sa mère et sa sœur qui se vouent avec elle aux austérités du cloître, dans la maison paternelle, qu'on voit devenir l’autel mystérieux où ces trois courageuses victimes viendront s’immoler à la fois ; et, comme si ce n'était pas assez de cette triple immolation, son père et son frère suivent sur-le-champ le même exemple, et, renonçant à jamais à tous les biens temporels et à leur patrie, ils vont s'enfermer ensemble dans un humble couvent franciscain de la province de Burgos... Dès l’âge de dix-huit ans, Sœur Marie
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