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et sauver otre peau !.... Te pieux Gabriel, lui, se recommandait, et avec ardeur, à la bonne, à la douce, à la miséricordieuse sainte Anne ! Le navire frémit, vire sur lui-même, et descend en tournoyant, avec ous les matelots blasphémateurs, au fond de la mer!.... Gabriel seul surnage, et lutte contre les flots. Il ne se décourage pas : sa confiance sans bornes en la protection de la bonne sainte du Frère Innocent, le soutient à la surface des vagues. Pendant qu'il flotte ainsi suspendu au-dessus des abîmes d’une mer en furie, il voit très-clairement la douce image de la bonne sainte Anne venir à lui s’avançant majestueusement sur la cime des ondes écumantes, et il l’entend très-distinctement lui dire: ‘‘ Gabriel, ne
craignez pas : ayez confiance. C'est moi: je viens pour vous sauver du naufrage.’ Cela dit, elle le prend par le
bras gauche, le promène tranquillement sur les eaux
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agitées, comme sur un immobile tapis de verdure. Arrivés près du rivage, elle le dépose doucement à terre, et
disparaît,
A son retour à Trapano, Gabriel raconta ce miracle, avec grande émotion, et en versant beaucoup de larmes, ce qui augmenta considérablement dans le cœur de ses concitoyens, la dévotion à la Bonne sainte Anne.
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COMMENT LA DÉVOTION A LA BONNE SAINTE ANNE S'HARMONISE MERVEILLEUSEMENT AVEC LA DÉVOTION A LA TRÈS SAINTE VIERGE MARIE.
Le Père Dominique de/ Burgio, enfant de saint François d'Assise, celui qui a écrit en un beau volume les grands miracles que la bonne sainte Anne opérait en Sicile, (‘) par l'intervention du bon Frère Innocent de Chiusa, le Père Dominique savait, avec une pieuse finesse, unir très bien ces deux dévotions, si belles et si salutaires, comme le prouve le fait suivant arrivé à lui-
même.
Se trouvant dans notre Couvent de la ’l'erre del Burgio, le Père Dominique se mit un jour, à titre de très inno-
Et que nous venons de mentionner plus haut,
SES MIRACLES 149 cente récréation, à tailler un petit arbre dans le jardin. Or, il arriva, par permission divine, qu'une petite branche, le frappant à l'œil gauche, lui fit une grave blessure. Il s’y amassa tant d'humeurs que le pauvre Père en devint presque aveugle, Il employa tout de suite, comme de raison, tous les remèdes prescrits par le Docteur, mais rien n'y fit. Le bon Père travaillait à la gloire de la bonne sainte Anne : il écrivait les merveilles de sa maternelle bonté pour nous : il était tout naturel pour lui de recourir à sa puissante protection.
C'est ce qu'il fit, et de la manière dont il nous l’a raconté lui-même. ‘‘ Voyant, dit-il, que tous mes remèdes restaient sans effet, j’eus recours à la bonne sainte Anne, et comme nous avions chez nous ses Saznies Reliques, je les pris avec grande confiance, et je les appliquai fréquemment sur mon œil malade: j'étais sûr d’être guéri : cependant la grande sainte ne daigna pas me guérir de cette manière. Je n’avais peut-être pas assez d'amour pour son auguste Fille, la Très Sainte Vierge Marie : la pensée me vint alors de faire ma prière à la douce Reine des Anges, qui est tant honorée dans Notre Ordre (ï). Honorer la Fille, c’est aussi honorer la Mère. Je priai donc avec une grande affection la Reine du Ciel de me recommander elle-même à sa charitable Mère, la bonne sainte Anne, et de lui dire de guérir absolument et parfai-
(1) On sait que le Séraphique Père saint François rendit sa belle âme à Dieu, à Notre Dame des Anges, à côté de sa chère: Portioncule !
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tement mon œil malade, C'était pendant la sainte Messe : le saint Sacrifice terminé, je pris de l'huile à la lampe qui brûle dans le Sanctuaire de la Bonne Sainte Anne, et j'en mis sur les humeurs dans lesquelles baignait mon œil malade, Je sentis sur le champ une forte démangeaison ; en même temps toutes ces humeurs malignes furent dévorées par la vertu de cette huile, et une tache blanche qui offusquait la pupille disparut, En sortant de l'église, je rencontre notre Docteur, homme très charitable, excellent chrétien, et qui me soignait avec beaucoup de dévouement—Eh bien ! Père Dominique, et votre œil ?
—J'ai mis de l'huile, Docteur, sur mon œil : de l'huile qui brûle dans la lampe devant l'autel de la Saznte.— Pauvre Père, c’est le moyen le plus direct pour perdre la vue entièrement, Cette huile est corrosive, elle brûle la
Cependant, poussé par la curiosité, il s'approcha de près, examina attentivement mon œil blessé, et le trouvant complètement débarrassé de toutes ses humeurs pernicieuses, et radicalement guéri, dans son émotion reconnaissante, il m’exhorta vivement à continuer à publier les Gloires de notre admirable Sainte, bien persuadé que ce qu'il venait de voir, n'avait pu être opéré
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que par un vrai Miracle |
L'exemple du bon Père Dominique se répète bien souvent au Canada, comme nous en avons été témoin
nous-mêtme,
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> LEGENDE «=-
Ja Porte Dorée se trouve dans l’ancienne enceinte du
| Tempie. Sa façade extérieure regarde l'Orient. C’est là, | | d’après la Tradition, que saint Joachim apprit par un
Ange que son épouse, sainte Anne, donnerait le jour à
Celle qui devait être la Mèr: du Messie, Selon la
Tradition, c'est encore par cette même porte que N.-$.
J.-C. fit son entrée triomphale à Jérusalem, le jour des : | Rameaux.
Siroës, fils de Chosroës, roi de Perse, ayant été vaincu | par Héraclius, fut contraint de rendre la Vraie Croix dont son père s'était emparé dix ans auparavant, Héraclius l'ayant
reçue, la mit sur ses épaules, et, entrant dans la Ville par la Porte Dorée, porta au Calvaire, le glorieux trophée de sa victoire. A l'époque des Croisades, cette Porte ne | s'ouvrait que deux fois l'an: le Dimanche des Rameaux, en souvenir de l'entrée de Notre Seigneur ; et à la Fête de
l'Exaltation de la Ste Croix, en souvenir de ce que fit l'empereur Héraclius.
Depuis longtemps les Musulmans la tiennent complète-
| Et ment murée, pour conjurer une prophétie imaginée, on ne | 13 sait quand, et sur la foi de laquelle, ils croient que les | [iii 48 Francs (les Européens) entreront un Vendredi par cette | HE Porte et s'empareront de nouveau de la Ville-Sainte 1 Ÿ (Guine IND.). | |
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L'an dernier, nous accompagnions le grand pèlerinage des Trois-Rivières. —A notre retour, lorsque nous fûmes arrivés à la hauteur du Cap, vis-à-vis du Sanctuaire de N. D. du Très-Saint Rosaire, et pendant que nous récitions, en le méditant, le troisième chapelet du Rosaire, on vint m'avertir de descendre à l’entre-pont immédiatement. Là, un petit enfant âgé de trois mois, aveugle, venait, prétendait-on, de recouvrer la vue, Il y avait grand émoi autour de l'enfant et de la mère : il était déjà tard, et partant, peu aisé de bien constater le miracle, Trois jour après, une dame de la ville vint me voir au Cap: elle était la voisine de la petite avewgle. En me voyant, toute joyeuse: ‘ Mon Père, dit-elle, ne faites plus l’incrédule, comme l’autre jour, à notre retour du pèlerinage. Je viens de voir encore le petit enfant de Madame N. Ses petits yeux sont parfaitement ouverts ! c’est la Bonne Sainte Anne et la Bonne Sainte Vierge, toutes les deux ensemble, qui ont rendu la vue à ce petit ange et la joie à sa pieuse mère ! ”?
Au même pèlerinage, pendant que nous descendions le fleuve, un autre bateau, chargé de pèlerins montait. Quand ils furent arrivés à la hauteur du Cap, deux beaux miracles s'opérèrent. Dans leur reconnaissance joyeuse, les heureux pèlerins arrêtèrent le steamboat, et mettant pied à terre, ils se rendirent à la chapelle du T -$. Rosaire en chantant le 7e Deum, en action de grâces pour un si grand bienfait.
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N'est-ce pas la Bonne Sainte Anne qui voulut ainsi faire honorer sa Fille bénie, la très douce Reine du Rosaire, en opérant ces miracles, au milieu de la récitation du chapelet, au retour de Beaupré, en face de son aimable Sanctuaire ?
Pour nous, chers lecteurs des pieuses Annales de la Bonne Sainte Anne, nous sommes entièrement persuadé que notre grande Thaumaturge ferait encore bien plus de miracles au Canada, si on savait réciter aussi avec plus d'intelligence et plus de ferveur le chapelet du Très-Saint Rosaire !
C'est peut-être la Foi qui s’affaiblit un peu, et la confiance en Dieu qui va diminuant dans le cœur pourtant
encore si boti de nos chers Canadiens.
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GUÉRISON MIRACULEUSE D'ANDRÉ MURSIA, CÉLÈBRE ET PIEUX MÉDECIN DE LA VILLE DE TRAPANI (Sicile).
A Trapani (:) vers la fin de l’année 1665, André Mursia, un des médecins de la ville, homme pieux et savant, était tombé dangereusement malade. La maladie
fut jugée si grave que les autres médecins, ses collègues
(1) Ou Trapano.
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et amis, ordonnèrent qu’on lui portât le Saint Viatique avec l’extrême-Onction. La maladie résistait à tous les remèdes : on jugea le cas désespéré. Le prêtre de Jésus- Christ prépara avec beaucoup de charité, au grand voyage de l'éternité, son malade qui l'écouta avec la plus douce sérénité d'esprit et une admirable soumission à la volonté du bon Dieu.
Nous, qui par une permission du ciel, avons, dans notre vie, assisté à leur dernière heure, tant de pauvres malades, en Europe, en Afrique, en Asie, et même ici en Amérique, nous avons toujours constaté que le bon Dieu accordait plus facilement ses faveurs de choix aux personnes les plus calmes et les plus résignées. Témoin, entre autres, un père de famille, jeune encore, qui se mourait de consomption. Le mal était à sa dernière période. J'allai lui porter une dernière consolation : on m'assura que je le trouverais mort. Il respirait encore, et il me dit d’une voix mourante. ‘Mon Père, je remets mon âme entre les mains de mon Créateur. Je suis bien content de mourir ; mais si je désirais vivre, ce serait pour tous ceux-là.” Et sa main défaillante me montrait huit ou dix enfants, encore en bas âge, son épouse éplorée, et plusieurs autres membres de sa famille, en tout vingt personnes, qui me dirent en pleurant, et avec un accent de tristesse qui déchirait le cœur : ‘S'il meurt, nous sommes tous dans le chemin.’ Le moribond avait une sincère dévotion à la bonne sainte Anne. Je n'étais chez lui que de passage : quatre mois plus tard, dans une
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paroisse voisine, un homme bien mis <e présenta à moi. C'était monsieur P., plein de santé, et qui me raconta,
tout joyeux, sa guérison vraiement miraculeuse ?
Notre médecin de Trapani était, lui aussi, fort dévot à la bonne sainte Anne. Il avait vécu dans la ville privilégiée où la grande Sainte, par le zèle et les mérites du Vén. Innocent de Chiusa, accomplissait tant de merveilles. Comme médecin surtout, il avait été témoin de ses intarissables bienfaits. C’est pourquoi il demanda avec confiance qu'on lui apportât les saintes Reliques de la grande Thaumaturge, que l’on vénérait dans l’église de notre Couvent. Le Gardien (supérieur), qui était alors le R. P. Joseph Marie d7 Términe, envoya avec un socius le Père Jérôme de Salémé, pour porter au moribond le précieux trésor. André les embrassa, ces chères et saintes Reliques, avec une expression visible de la plus vive confiance ; et il se recommanda avec foi à la grande sainte, La foi! ah, si nos chers Canadiens avaient toujours bien la foi, eux qui ont pourtant tant de confiance en leur grande Bienfaitrice, la bonne sainte Anne, ils verraient bien d'autres merveilles. Je voudrais qu’ils n’oubl'assent jamais ce mémorable avis de saint Paul, qui dit ‘que sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu ’’, et qu'ils apprissent tous par cœur, les entraînantes paroles par lesquelles le même grand Apôtre rappelle les éton-
Elle avait la foi, cette
nants prodiges opérés par la foi.
mère de famille, vraie Canadienne, qui vint me trouver, il y a dix ans, du fond du Saguenay, faisant un voyage
de plus de soixante lieues, au grand risque de ne point me rencontrer, pour vénérer, comme André Mursia à Trapani, des Reliques singulièrement chères à la bonne sainte Anne. Pour l'éprouver, je lui demandai si elle avait la foi. Elle me répondit avec beaucoup d’aisance et de dignité: ‘Oui, mon Père, j'ai la foi: et c’est pour cela que nous venons de si loin, moi et mon jeune fils que voici, âgé de 11 ans. Nous sommes condamnés tous les deux par les médecins à perdre la vue. Mon Père, j'ai quatorze enfants ; et je ne veux pas les confier à une étrangère. Je veux les élever moi-même: or, pour les élever, il faut les voir. Je viens pour être guérie avec mon fils... et je serai guérie.’’ Je cite textuellement ses propres paroles. Il y avait avec nous de nombreux témoins : nous en fûmes tous dans l'admiration, et chacun disait à part soi : ‘ Quelle foi ! vraiment le bon Dieu exaucera cette mère de famille,” Elle fit une neuvaine de prières avec nous, et après cela elle nous apprit toute radieuse qu'elle était guérie et que son jeune fils était
aussi parfaitement guéri !
Mais hâtons-nous de rejoindre les deux Religieux qui ont porté les saintes Reliques au pieux médecin de Trapani, et recueillons-nous pour être mieux témoins
d'une grande merveille !
Les deux Religieux, sur la prière du malade et des
amis de la famille, laissèrent 1à les saintes Reliques et
retournèrent à leur Couvent.
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