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Le Père Gardien alla à son tour faire une visite au malade, et pour sa consolation, il ouvrit le Reliquaire ; celui-ci, comme il le déclara plus tard, en vit sortir une brillante lumière, ce qui le remplit de la plus douce émotion. Toutefois, la maladie allait s'aggravant d'heure en heure : André en était arrivé au point où ses serviteurs songeaient déjà à sa sépulture et aux préparatifs immédiats de ses funérailles. Maïs voici que vers minuit, lorsque déjà on n’entendait plus que son dernier souffle, le malade eut une vision! Plusieurs de nos Religieux, qui s'étaient joints au Père Gardien, et qui priaient avec persévérance pour lui obtenir une tranquille agonie et une sainte mort, entendirent tout-à-coup le moribond s'adresser d’une voix distincte à sa mère en pleurs, et lui dire : ‘‘ Quelle est donc cette personne âgée qui est 1à ?—Mon pauvre enfant, il n’y a point de personne âgée ici, autre que moi qui suis votre mère |! — Oh ! oui. .. je la vois là devant moi.’'—Les personnes présentes crurent le moribond dans le délire, ou peut-être sous l'influence d’une tentation de l'esprit mauvais, comme cela arrive souvent à cette heure suprême. Alors Celle qu'il avait invoquée avec foi, confiance et amour, Celle dont il avait vénéré avec tant d'affection les saintes Reliques, en présence des Religieux qui desservent son Sanctuaire et propagent son culte, en présence de sa mère désolée et de ses amis sincères, la grande et bonne sainte Anne se
montra visiblement toute resplendissante de lumière, se
lotam splendidam manifestavit, \ui donna sa bénédiction
et disparut, laissant le moribond parfaitement guéri et plein d’une consolation toute céleste !
Les autres médecins, ses collègues, accompagnés d’un grand nombre de personnes des plus distinguées de la ville et des alentours, tous ayant oui ce prodige, se rendirent chez André Mursia, pour lui entendre raconter le
miracle de sa propre bouche, et pour remercier avec lui sa céleste bienfaitrice.
‘Quelque temps après, me trouvant moi-même à Trapani, André Mursia me raconta personnellement le prodige, versant des larmes d'émotion ; et depuis, il ne passe pas un seul jour sans venir faire, dans notre église
sa visite d'action de grâces à la grande et bonne Sainte Anne.’