IA BONNE STE ANNE
Un jour, ses petits enfants, mourant de faim, lui demandent un morceau de pain, et la pauvre mère n’en a pas à leur donner. Elle prie sainte Anne en qui elle avait une grande confiance et lui expose aussi avec larmes son extrême détresse. Sa prière terminée, accablée de tristesse et d'ennui, elle se couvre de sa maïn le visage et appuyée sur le coude elle s'endort. Mais bientôt l’agréable odeur de pain fraîchement cuit la réveille de son assoupissement. Elle jette ses regards de tous côtés, dans sa pauvre demeure, et ses yeux attristés ne rencontrent que ses pauvres petits enfants qui pleurent. Enfin, cependant, ses yeux tombent sur la corbeille où elle mettait tout ce qui lui servait à la couture, et elle y trouve un grand pain et aussi frais que s’il venait d'être sorti du four. Miracle ! s'écrie Josepha ébahie : les petits enfants accourent: c'est la grande sainte Anne qui a envoyé ce pain! Toute la petite famille e1 mange et le trouve d’une saveur inaccoutumée. La naïve Josepha publie partout le miracle : les voisins aussi accourent : tous veulent goûter de ce pain délicieux, et les plus fervents s’en disputent jusqu'aux simples miettes, pour les conserver précieusement en l'honneur de la Grande sainte
Anne !
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UNE JEUNE VEUVE ARRACHÉE DES MAINS CRIMINELLES DE CINQ RAVISSEURS INSOLENTS,.
Une jeune et noble Matrone, dans un court espace de temps, perdit successivement deux maris. Sur le désir de ses parents, elle en prit un troisième qui mourut à son tour, la deuxième année de leur mariage. Instruite ainsi à cette rude école de l’adversité, cette jeune femme infortunée résolut de rester veuve, et se mit à mener une vie toute de recueillement et de prière, sous le puissant Patronage de la Bonne sainte Anne. Cette détermination irrita profondément la jalousie du démon : cet ennemi de tout bien alluma dans le cœur d’un jeune homme un amour passionné pour la jeune veuve: démarches, promesses, sollicitations par lui-même et par ses amis, tout fut employé, mais en vain, pour la faire consentir à un
quatrième mariage. ;
Le démon lui inspira alors un expédient perfide. Ce jeune homime, au cœur pervers, s’associa quatre autres jeunes hommes plus méchants que lui ; et tous les cinq se mirent en embuscade, dans un passage étroit, où la jeune
veuve devait passer de grand matin pour se rendre à l'église. Cette dernière ignorait entièrement cet affreux complot. Le matin venu, elle se rendit donc tranquillement à l’église, selon son habitude. Lorsque les cinq traîtres la virent près d'eux, ils se jetèrent sur elle, comme des loups ravissants et essayèrent de l'entraîner avec violence. La jeune veuve, éperdue, se souvint de sa grande Protectrice, et se mit à crier de toutes ses forces: ‘Au secours, Ô sainte Anne, Mère très-puissante ! vite arrachez-moi aux mains de ces misérables.”” A peine a-t-elle prononcé ces brièves paroles, que sainte Anne se trouve présente, plus brillante que le soleil, accompagnée de nombreux combattants : elle jette un regard terrible sur ces cinq misérables qui, saisis d'épouvante, courent comme des insensés par les rues de la ville, et à travers les places publiques. La police avertie les arrête, et chargés de chaînes, comme des criminels. les jette en prison. C'est ainsi que, par une punition du Très-Haut, ceux qui voulaient ravir une femme innocente furent eux-mêmes enchaînés comme de vils malfaiteurs. Cepcadant la pieuse veuve quin'avait vu personne auprès d'elle se demandait, avec étonnement, quelle pouvait avoir été la cause de la course furibonde de ces cinq impudents : car, elle, n'avait vu ni lumière, ni cavaliers. La nuit suivante, sainte Anne lui apparut durant son sommeil, dans la même splendeur que la veille, sur le chemin de l’église, et la réveillant, elle lui dit : Me reconnaissez-vous, ma fille ? Je
suis ANNE qui vous aime et vous protège : c'est moi qui
SES MIRACLES IOI
vous ai arrachée hier des mains de vos ravisseurs et qui les ai jetés dans les fers. Dignes du dernier supplice, ils attendent maintenant avec effroi leur sentence de mort. Demain matin, le Juge doit vous envoyer ici ses Assesseurs, pour vous inviter à déposer votre plainte contre ls coupables. Vous, ma fille, n'allez point rendre le mal pour le mal ; mais travaillez à obtenir leur élargissement : que si le Juge ne voulait point vous entendre, vous lui direz alors de ma part qu'il se garde de toucher à mes serviteurs, à ceux que je compte déjà comme mes pro
chains amis et qui doivent ensuite publier à jamais mes louaiges ! Que la justice humaine ne condamne pas au supplice ceux que la Miséricorde divine se dispose à absoudre.’”” Cela dit, la vision disparut. Le jour venu, tout se passa conformément aux instructions de notre grande Thaumaturge. Les coupables furent absous. Mais eux, par l'intercession de sainte Anne, le cœur contrit et humilié, dirent tous les cinq un éternel adieu au monde. Ils embrassèrent la vie monastique, se livrèrent aux pratiques d'une austère pénitence, pour l'expiation des égarements du passé, se firent les dévoués panégyristes de leur illustre Bienfaitrice et finalement s'endormirent tranquilles dans la paix du Scigneur.— Dieu est donc toujours admirable dans ses Saints ! mais il l'est d'une manière merveilleuse dans Celle que notre cœur ému proclamera partout : la grande et Bonne sainte Anne !
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