‹ La bonne Ste Anne [microforme]Chapitre 8 sur 124 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SOMMAIRE : 1.—Deux Flambeaux qui briilent dans la nuit de la Loi ancienne, pour anno cer la Loi de la grâce. 2.—Naissance de sainte Anne : ses jeunes années. 3.—Mariage de sainte

Anne avec saint Joachim. 4.—Heureuse union des deux Epoux.

1.—La postérité d'Adam se propagea rapidement sur la terre, et, par suite, les justes et les pécheurs se muitiplièrent ; et les premiers redoublèrent leurs supplications pour demander le Rédempteur, pendant que Jes seconds se rendaient indignes d'un si grand bienfait par leurs crimes. Le peuple du Très-Haut et le triomphe du Verbe, qui devait se faire homme, étaient déjà arrivés au terme que la volonté divine avait marqué pour la venue du Messie. En effet, le règne du péché avait tellement

étendu ses ravages parmi les enfants de perdition, qu’il n'avait quasi plus de limites : le temps convenable au remède était donc arrivé. Les justes en augmentant leurs mérites avaient embelli leurs couronnes ; les Prophètes et les saints Pères pressentaient, par une joie extraordinaire qui leur venait d'en haut, que le salut et la présence de leur Réparateur étaient proches. Redoublant la ferveur de leurs prières, ils demandaient à Dieu l’accomplissement des prophéties et des promesses qu'il avait faites à son peuple ; et prosternés devant le trône de la divine miséricorde, ils lui représentaient dans quelle longue et ténébreuse nuit du péché ce peuple avait vécu depuis la création du monde, et dans quelle aveugle idolâtrie tout le reste du genre humain était plongé (').

A cette époque, l’ancien serpent avait infecté tout l'univers de son souffle venimeux, et semblait exercer paisiblement un plein empire sur les mortels. Eux-mêmes, obscurcissant la lumière de la raison naturelle et celle que l’ancienne loi écrite leur pouvait fournir (2), au lieu de chercher la véritable Divinité, en inventaient plusieurs fausses ; chacun se forgeait un dieu à sa fantaisie, sans considérer combien cet assemblage confus de tant de dieux était contraire à la perfection, au bel ordre et à la tranquillité de l'âme. Grâce à ces erreurs, la malice, l'ignorance et l’oubli du vrai Dieu s'étaient répandus de

(1) Sap. XVII, 20.

(2) Rom. I, 20.

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