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regards attachés sur les traits angéliques de cette Enfant, qui reflètent des affections toutes célestes. Oh ! comme votre cœur s'émeut d’attendrissement, lorsque vous voyez courir sur ses lèvres un sourire debonté, quand elle tend vers vous ses petites mains plus pures que le lis, et qu’elle répond par d’aimables caresses aux marques d'amour que vous lui prodiguez ! Des larmes mouillent votre visage, tandis que vous la pressez contre votre poitrine! Non, il n’y eut jamais de paren:s aussi heureux que vous, il n’y en eut jamais d'aussi fortunés, car vous avez été trouvés dignes de donner à la terre une Fille riche des mérites
les plus précieux et des dons les plus rares.
Ce fut au sein de ces joies toujours croissantes que s'écoulèrent les premiers jours après la naissance de la Vierge (1).
Mais où s’est accompli ce mémorable événement ? Quelle est la cité ou la bourgade qui a eu l’incomparable honneur d'abriter ce Berceau de la Reine des Anges?...
Ilyaà Jérusalem, un monument antique, un noble Sanctuaire qui se dresse en face du Temple détruit, et c'est 1à que la Tradition Orientale place le Lieu Béni de la Naissance de la Bienheureuse Vierge Marie.
‘,.,, Une quatrième Basilique, dit M. Victor Guérin,
dans son beau volume déjà cité (2), une quatrième Basi-
(1) Marie, Mère de Jésus, rar l'abbé Jamar.
(2) La Terre-Sainte.
lique, qui mérite de ma part une mention toute spéciale, est celle de Sainte-Anne, Klle avoisine le Birket-Israël, dont j'ai parlé plus haut, et a été bâtie sur l'emplacement d’une ancienne maison pratiquée dans le roc, ayant appartenu à saint Joachim et à sainte Anne, Ce serait dans cette pauvre demeure que, d'après une tradition dont on peut suivre la trace jusqu'aux premiers siècles de l’ère chrétienne, serait née la Reine des Anges et des hommes, la Mère du Messie; du moins, cette tradition est universellement et unanimement répandue dans toute l'Eglise orientale, et celle de Jérusalem, en particulier, revendique comme un des honneurs les plus grands de cette ville et en même temps des plus justifiés par d’innombrables témoignages, celui d'avoir été le berceau de la Sainte Vierge. Cette tradition a été mise en pleine lumière au dix-septième siècle par le docte Quaresmius (ancien Custode de Terre-Sainte), et il y a peu d'’années par le R. P. Bassi (Franciscain, dans son ouvrage traduit de l'italien, et intitulé : L'ancienne Eglise de Sainteinne, à Jérusalem). Plus récemment encore, Mgr Lavigerie (plus tard, cardinal de la sainte Eglise), reprenant le même sujet, l’a supérieurement traité dans une éloquente brochure qui a pour titre : Saznte- Anne de Jérusalem et Sainte-Anne d' Auray .... La petite habitation que saint Joachim et sainte Anne possédaient à Jérusalem était, à l'époque de Notre-Seigneur, en dehors de la ville et dans le voisinage de la piscine Probatique, comme le prouvent les divers auteurs cités par Mgr Lavigerie.
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C'est là que les augustes parents de la Sainte Vierge ont passé les dernières années de leur vie, 1à qu'ils ont eu le bonheur de mettre au jour l'Enfant privilégiée qui devait éclipser toutes les autres créatures par sa pureté angélique et par sa divine maternité ; c'est de là qu'ils la portèrent au Temple pot t la consacrer au Seigneur: c’est là aussi qu'ils rendirent leur dernier soupir. De là enfin, ils furent transportés après leur mort et ensevelis dans la vallée de Josaphat, non loin du tombeau que devait plus tard occuper un instant la Sainte Vierge elle-même. . (1).
Dès les premiers âges de l'Eglise, les Lieux Saints furent vénérés à Jérusalem, non seulement par les chrétiens indigènes, Juifs convertis à la foi nouvelle, mais encore par une foule de pèlerins accourus de tous les poiits du monde pour venir prier sur les endroits qu'avait sanctifiés la présence de Notre-Seigneur ou de sa sainte Mère, et ce mouvement de pèlerinage commença dès l'ascension de Jésus-Christ, comme l’affirme saint Jérôme : “11 serait long, en parcourant tous les Âges depuis l'ascension du Seigneur jusqu'à nos jours, d'énumérer les évêques, les martyrs, les orateurs éloquents dans la doctrine de l’église, qui sont venus à Jérusalem dans a pensée qu'il leur manquerait quelque chose en piété, en science et en vertu, s'ils n'avaient point adoré le Christ dans les lieux mêmes d'où la lumière de l'Evangile avait
commencé à briller sur le monde du haut de la Croix.’
(1) Les Révélations de la Vén. M d'Agréda placent la mort de saint Joachim et de sainte Anne à Nazareth.
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: Nul doute que la maison de sainte Anne, ou du moins les chambres pratiquées dans le roc, qui en restaient, n'aient
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; | 4 culière ; et quand la paix eut été rendue à l’Église et que ! + . FT , A À sainte Hélène, malgré sa vieillesse avancée, fut elle-même
arrivée en Palestine pour y ériger des temples magnifi-
ques sur les lieux qui avaient été témoins des principaux
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| mystères de notre foi, il est permis de supposer que la maison d'Anne, qui avait été la demeure natale de la Sainte Vierge, ne fut point oubliée dans ses pieuses fondations, car on sait que cette princesse, indépendamment des grandes Basiliques qui lui sont attribuées nominativement, en fonda exicore, ou du moins donna l’ordre d’en bâtir beaucoup d'autres. Nicéphore Calliste en fait monter le nombre à plus de trente. Le pèlerin Théodo-
sius signale le premier, vers l'an 530, une église consacrée
à la Sainte Vierge, près de la piscine Probatique. Qua-
D bi / ? 1 vers 470. 1 ême église est mention- À | rante ans plus tarc , VETS 570, ‘a MEME glisse CS mention
née par Antonin de Plaisance qui nous dit qu'elle avait
été bâtie dans l’un des cinq portiques de la piscine
Probatique.
Or, comme i’observe très-justement Mgr Lavigerie, la
Basilique dont il est ici question était déjà ancienne
cette époque, car on appela Sainte Maïie la Neuve celle
que Justinien fit élever en 529 sur le mont Moriah, à l’endroit où la Sainte Vierge avait été présentée au Temple
et offerte au Seigneur, pour la distinguer de Sainte-Marie de la Nativité, qui existait par conséquent avant elle. ...
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Détruite sans doute pendant l'invasion de Chosroès en 614, la Basilique de Sainte-Marie de la Nativité, qui devait probablement sa fondation soit à sainte Hélène, soit à l’impératrice Eudoxie, ne tarda pas à être rebâtie, lors des restaurations entreprises par Modsste ; car elle est citée comme debout par saint Sophrone, successeur de ce moine illustre sur le siège patriarcal de Jérusalem. Un couvent de religieuses y est attenant, au moins au commencement du neuvième siècle, comme cela résulte du Commemoratorium de Casis Dei, rédigé vers l'an 810, et qui, d'après son contenu, ne peut se rapporter qu'à la distribution des quêtes ordonnées par Charlemagne pour les Sanctuaires et les Monastères de la Palestine, Nous lisons : ‘‘ À Sainte Marie, où la Vierge est née dans la Probatique, clercs: cinq; recluses consacrées à Dieu, vingt-cinq '’.
Lorsque les Croisés, en 1099, s'emparèrent de Jérusalem, ils trouvèrent cette église convertie en mosquée, ce qui l'avait sauvée de la ruine. L'higoumène russe Daniel, qui visita la Ville Sainte en 1113, parle en ces termes de ce Sanctuaire : ‘Une grande église consacrée à la mémoire de Joachim et d'Anne est bâtie en cet endroit, On y voit une petite caverne creusée dans le roc ; elle est placée sous l'autel. C’est 1à que se trouve le sépulcre de saint Joachim et de sainte Anne ”’.
Quand l'église de Sainte-Anne eut été rendue au culte chrétien par les Croisés, ceux-ci y établirent des reli-
gieuses de Saint-Benoit, Xlles étaient d'abord pauvres et en petit nombre ; mais, en 1104, le roi Baudouin 1er, ayant répudié son épouse, la reine Arda, la força d'entrer dans ce monastère, qui fut alors enrichi par ses libéralités. Plus tard, en 1130, la princesse Judith, fille de Baudouin II, y prit également le voile et y resta jusqu'à l'achèvement du couvent de Béthanie, qu'avait fondé pour elle la reine Mélisende, sa sœur. C'est à cette époque, sans doute, que l'église de Sainte-Anne fut, non pas rebâtie de fond en comble, mais seulement agrandie, réparée et ornée de peintures par les Latins ; le monastère, au contraire, fut, selon toute vraisemblance, complètement reconstruit par eux. L'église actuelle est donc à la fois
byzantine et romano-ogivale. ,
Sans suivre les destinées du même monument de siècle en siècle, je dirai seulement qu'à la fin de la guerre de Crimée, après de longues négociations qui font beaucoup d'honneur à M. de Barrère, alors consul général de France à Jérusalem, il fut accordé à la France par le
sultan Abdul-Medjid. La restauration en fut confiée à
un architecte français fort habile, M, Mauss, qui, en lui conservant fidèlement het latin et ses décorations arabo-chréti rendu une sorte de jeunesse prem! : le rages du temps et des hot vée, En même temps, il a laissé ypte si .urme et ses compartiments tradi-
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augustes souvenirs de Joachim, d'Anne et de leur incomparable Fille, s'étend sous le côté droit du transept de l'église et se compose de trois parties, d'un narthex, d'une chapelle et de deux absidioles, C’est l’ancienne maison de sainte Anne, où du moins c'est la portion de cette maison qui avait été taillée dans le roc, Une autre crypte creusée pour le tombeau où furent transportés de la vallée de Josaphat, en totalité ou en partie, les précieux restes des parents de la Sainte Vierge, est située
directement sous le maître-autel.
Tel est le vénérable Sanctuaire doût la France, en 1878, à confié la garde à la Société des Missionnaires d'Alger.’
‘,,,, L'église de Sainte-Anne, entièrement bâtie en pierres de taille aussi bien les voûtes que les murs et les piliers, se fait remarquer par sa très-grande simplicité, La forme est celle d'un trapèze d'environ 120 pieds de long sur 55 à 60 de large. lle se divise en trois nefs au moyens de six piliers disposés en deux rangées, La nef du milieu est, comme d'ordinaire, plus large et plus élevée que les deux latérales. Toutes trois se terminent par ne abside en avant de laquelle passe une travée dont la voûte est aussi élévée que celle de la nef du milieu, dont la hauteur totale est de 50 pieds. La coupole s’ap-
puie sur les deux derniers piliers et sur les murs massifs qui séparent l’abside du milieu d'avec celles des bascôtés. Au fond de la grande abside est une petite fenêtre placée entre deux colonnettes.
L'édifice est éclairé par trente et une fenêtres faites
uniquement de pierres à jour et de carreaux de vitres de diverses couleurs. La lumière la plus douce qu’on puisse imaginer descend de ces singulières ouvertures et produit un effet très-religieux.
Vers le milieu de la nef sud s'ouvre un escalier. Cet escalier, composé de 22 marches est mûni au Nord, à l'Est et au Sud d'une balustrade en pierre d'un travail
aussi solide que simple.
Prenant cet escalier, on descend d’abord 16 marches pour arriver sur un palier et passer ensuite par la baie d’uve porte ; de 1à on descend 4 autres marches au bout desquelles on pass? par la baie d'une seconde porte et l’on remarque à droite l'ouverture en forme de glacis par laquelle les Pères de Terre-Sainte entraient autrefois pour vénérer ce saint Lieu (')}. De là, on descend encore 2
marches pour se trouver dans la