SCENE X V T
Il O S E L L A , S É r U L C R O N E.
E m"avez-vous pas fait des signaux, tout à l'heure ? R o s r. L L A.
Je vois que tu les as compris.
vS É p u L c R o N E.
C'est que j'ai de cela , moi. Parle-t-on , j'entends ; ne dit-on riert, je devine.
Le lieu destiné à la sépulture des prisonniers qui meurent dans le fort. . . .
Sépulcroxe.
Le voilà -, vous le savez bien. Est-ce que vous voulez vous faire enterrer , mon père ? Vous n'avez qu'à parler. Je fais le creux , je sers la messe ; je vous envoie tout droit en paradis.
Serais-tu disposé à me rendre un service ?
Sépulcrone, avec effroi.
Un service !
RoSELLA. ■«
Je ne le compromettrai pas, Sépulcrône ; les lois sévères do cette maison me sont connues. ... 11 ne s'agit (juc de coopérer à une bonne œuvre.
SÉPULCRONr.
A une bonne œuvre ! (5^ curant l'oreille. ) A une bonne œuvre !
R o s E L I. A {à part. )
Il faut ici un moyen décisif. ( Elle frappe sur sa manche et en tire de l'or. ) ( JJ^int, ) Regarde.
S K p c I, c R o N E ouvre de i;rands yeux et les. frotte.
FrÏTC Angéllni ! expliquons-nous. Je ne suis ni dur , ni farouche , fin rnnlrnlrc. Quand uu nui propose d'obliger et (ju'oii fc'y prend de la bonne jiianièrc , je ne sais pas dire non.
Rose LLA ( à part )
Il est à moi ! [Haut , montiant de l'or.) Il ne tient qu'à toi de le gagner.
Sépulcrone.
Moi ! . . .. Allons donc. . . ; vous badinez.
Non seulement cela. . . , mais bien davantage.
Sépulcrone.
Vous êtes un séducteur, frère Angéliui. Voyons, qu'est - co que votre révérence désire de son petit serviteur ?
Que tu nîe livres chaque prisonnier qui décédera.
Sépulcrone.
Jésus Maria ! Est-ce pour meubler votre cellule ?,
Je suis le chirurgien de l'Ordre. Je m'occupe de l'anatomie » pour le bien de l'iiumanilé.
Sépulcrone.
L'iiumanité ! . . . Mon Père , vos motifs sont respectables ; c'est beau ! c'est sublime ! . . . J'aurai votre afl'aire dès ce soir.
Bon :
Sépulcrone.
Un prisonnier vient d'expirer.
Serait-ce celui ? , . .
Sépulcrone.
Justement. Celui (jue vV)US êtes allé préparer au grand voyage,
R o s ELLA.
V'tllà ce qu'il me faut. Tu vois l'intention qui me dirige ?
Sèbulcront.
Je vols tout. Ce soir. . . .
• Ce soir?
Sépulcron«,
Vous vous Irouvercii sur les dipc heures. .| ,
p^ L A E O N N E s tE U R,
;^ Non , sur les huit heures. ( ^ pan. ) Il serait trop tard , peulêtre.
Soit ; à huit heures. Vous voyez bien cette porte ?
Oui, oui.
Sépulcrone.
Ne nous trompons pas , entendez-vous , ne nous trompons pas ; cela pourrait nous compromettre. Un homme et Une lanterne Bourde , à cette porte . . . , c'est Sépulcrone.
R o SELLA.
Bien.
SÉPULCRONE.
Trois coTïps dans la main , c'est le signal.
Et huit ducats, c'est la récompense. En voilà deux à rompte.
SépulcroKe.
C'est entendu.
Bien entendu.
Sépul crotte.
Motus , seulement. Je vais retrouver le soupçonneux côncictfje.
A merveille. Il ne faut pas qu'il se donïe de rien.
A fjnl dilcs-vons cela i {^A part. ) Il voudrait encore parla-, gcr. (^ Haut , en riant. ) Ah ! ah ! ah ! ah ! Adieu , frère auatoiiiistc , adieu, à liuit heures. [Il sort.)