SCÈNE II
SÉPULCRONE, SPALANZr.
( On voit Spalanzi se glisser le long du fort , pour vc • surprendre Sé-«
pulcrôue. )
Skpulcrone.
V^ ' K s T une très-bonne aubaine. (Demi-has.) Le conseil desd'vS qui gouverne VeuisB; ne nous en procure pas tous les jours de pa-.
6 ï, ABONNESdUR,
Teilles , quoiqu'il nous envoyé souvent des prisonniers d'état , qui passent bien vite de la forteresse dans leur dernière demeure , dont je suis ... le tapissier.
S p A L A >' z i frappe sur l'épaule de Sèpiilcrône , du côté opposé à celui où est cachée Vépée.
Qui diable l'éveille donc si matin , monsieur le tapissier ?
Sépulcrone.
( A part. ) Ahi \ le Geôlier, Maudite rencontre ! ( Haut. ) Et toi-même , qui te rend si matinal , monsieur l'ouvreur de loges ?
Je vais à l'hermilage.
Sépulcrone, remettant Vipée plus loin sous son habit»
Parler à l'hermite ou à son nouveau compagnon ?
SpALAWZI.
Frère Angélini est ici depuis trop peu de temps.
C'est vrai. D'ailleurs , pour être initié dans les secrets du gou-» vcrncment , il est trop jeune.
Si jeune , si gentil. . , , que s'il avait un liabit de fenmic , on ne le prendrait jamais pour un hcrmite. Je vais de la jiart du gouverneur, avertir le père .Anaslaslo de se rendre à la citadelle.
S }■- p u I. c R o N E , toujours occupé à cacher ce qu'il tient»
Pourquoi V Pour qui ?
S PA L A N z I.
Pour ce prisonnier logé aujourd'hui n". 109, dont la fenêtre cLonnc là.
C'est donc fini ?
SPALANZI.
Sans doute : 11 a'anra plus In peine , comme les autres , de changer chaque soir de gitc. Avec un cTlmiiu:! d'clat , on n'y regarde pas de hi ))rè8. ( Il tourn: autour de ôépulcruric ijui va tn sens in-^ vtT5C. ) I\lai.s , (jue liens-lu donc?
Quelque cli<):-c; que jo vais porter au bourg voisin.
COMÉDIE-LYRÎ Q U E. f'
Spalanzi (à parr, )
pion doute est éclairci.
Sépulcrone(<î pan. )
Il ne s'en ira pas. ( Haut. ) Pourquoi n'as-tu pas pris le souterrain qui conduit du fort à l'herniitage ?
Spalanzi.
C'est que. ...(// -prend, le bout de l'épe'e qui paratt sous V habit de Sépulcrône , au moment où celui-ci , trompé par une feinte de Spalan-^^i , se retourne , le croyant d'unco/e, tandis qu'il passe de l'autre.) Mons Sêpulcrône , vous êtes un coquin.
Séfulcrone.
Ecoute , écoute , Spalanzi. ( y^ pan. ) Disons tout j il me dénoncerait.
Spalanzi.
Eh bien ! j'écoute.
Sépulcrone.
C'est un petit profit que je viens de m'assurer,
Spalanzi, riant.
Aux dépens de la chevalerie.
Sépulcrone.
Tu sens bien. . . .
Spalanzi
Que nous partagerons le tout. ^
Sépulcrone.
Et que nous en boirons la moitié ; cela va sans dire. Avec qui m'enlendrais-je , si ce n'est avec le porte-clefs da château de Spirtzberg ?
Spalanzi.
A la bonne heure ; tire-s-cn le plus que tu pourras 5 et de la fidéhté , de la fidélité , entends-tu ?
Sépulcrone.
N'es-tu pas de ujes amis ?
Spalanz i.
Bah ! ce sont souvent ceux qu'on trompe les premiers. Mon ami! il n'y a plus d'amis ; ce mot ne sert aujourd'hui cjiu'ù feiro dps dupes. Je monte chez l'hermite 5 souviens-toi bien. . . .
' ( Il sort. )
SÉPULCRONE, seul
(^11 détache un bateau et l'arrange pour y entrer. )
XA I, L o N s , je ne pouvais pas faire autrement. ( Soupirant. ) Nous partagerons î . . . C'est bien dur !
COUPLETS
A quel titre , de mon adresse Vient-il donc partp.ger le prix ?
Faisons ce que l'on voit sans cesse.
Chacun garde ce qu'il a pris.
Ne sait-on pas que dans ce monde , L'occr.sion fait le larron , Et que telle dupe ne gronde Que de n'être pas le fripon ?
Je puis bien , sans aucun scrupule,
Prendre une double part pour moi.
De'licatesse et ridicule
Parmi nous sont de même aloi.
De mon adresse je fais gloire;
Oui, j'en fais gloire , et pourquoi non ?
C'est faire une oeuvre méritoire
Que de friponner un fripon.