Administration dos Travaux Pulilics
Chacun de ces chapitres correspond aux grandes divisions administratives dont nous avons déjA parlé *.
1. Administration Centrale. — Go chapitre s'est élevé depuis 1892'. Les prévisions pour l'année 1899 étaient de 3.543.039 francs.
' Ces chiffres sont scnsil)lcmont les lui'ines que ceux du budget de l'Indo-Ctiine i)our le mrnie exercice. Les crédits inscrits au budget de notre colonie pour 1899 s'élèvent au chilfre de 42.282.000 franc et les recettes prévue* k 42.288.000 francs, laissant disponible un excédent des recettes sur les dispenses de 6.000 francs.
• Voyez à ce sujet : J. GoDF.rKov : L'Administration actuelle en Bosnie-Henégovine, ci-<lcssas, pages IM et suivantes.
• 11 a été :
En 1892 1.648. 290 francs.
Les dépenses afférentes à ce chapitre ont trait : h la chancellerie des sections du Gouvernement; aux frais de bureau; aux fonds secrets; aux dettes publiques, au traitement dos fonctionnaires qui résident à Sarajevo et des fonctionnaires attachés, pour la Bosnie-Herzégovine, au Ministère des Finances communes à Vienne.
Parmi les fonctionnaires de Bosnie-Herzégovine figurent en première ligne le Gouverneur militaire avec un traitement de 23.000 francs ', et le Gouverneur civil, avec un traitement de 33.600 francs.
Les traitements sont divisés en deux parties. L'une, GoAa//, sert de base pour la retraite. Elle est d'autant plus élevée que le traitement global est moins important; c'est ainsi que, sur les traitements des directeurs de l'Intérieur, des Finances, de la Justice et des Travaux Publics, qui s'élèvent à 21.000 francs, 14.700 sont « Gehalt » et 6.300 v Ziilnfjc >y; tandis que sur ceux des fonctionnaires subalternes touchant, par exemple, 6.300 francs, 840 seulement sont « Zulage » et 3.460 « Gehalt ». Les droits à la retraite sont calculés de façon à donner aux fonctionnaires de la Bosnie-Herzégovine de sérieux avantages. Au bout de dix ans de services, le fonctionnaire, obligé, pour raisons de santé, de quitter l'Administration, a droit à un tiers de son traitement. Au bout de quinze ans, il a droit aux trois huitièmes. Après 35 ans de services, il a droit, sa vie durant, à l'intégralité du traitement attaché à la dernière fonction qu'il a occupée. La veuve reçoit la moitié du traitement de son mari; chaque enfant reçoit, jusqu'à l'âge de 23 ans, un cinquième de la retraite de la veuve.
Il convient de signaler que S. Exe. M. de Kallay, ministre des Finances de l'Empire, chargé de l'Administration de la Bosnie-Herzégovine, ne touche aucun traitement inscrit au budget de ces pays.
Les fonds secrets, qui s'élevaient à 126.000 francs par an de 1892 cà 1897, ont été portés à 168.000 en
Nous verrons plus loin ce qui a trait aux dettes publiques.
2. Administration de l'Intérieur. — Les prévisions de ce chapitre pour l'année 1899 s'élevaient à 17.060.184 francs'. Los dépenses afférentes ont trait: à la Section de l'Administration do l'Intérieur du Gouvernement; aux Préfectures; aux Sous-Préfectures; à la Santé; à l'Instruction Publique; à l'Armée; à la Gendarmerie; à l'Agriculture.
Les dépenses relatives à l'Industrie et au Commerce tiennent une place importante dans la première division (334.131 francs), de même celles qui ont pour objet les subventions données aux haras de l'État ou dos particuliers (223.400 francs.) Par contre, les frais de police n'atteignent pour Sarajevo que 50.400 francs et pour Mostar que 37.800.
Dans la division de la Santé, nous relevons 291.900 francs versés à l'Hôpital national sis à Sarajevo et 10.080 francs comprenant les traitements de trois doctoresses qui donnent leurs soins aux femmes mahométanes.
Relevons encore dans cette même division 73.600 francs consacrés à la station thermale
• Ce traitement ne comprend pas les émoluments de général auxquels a droit le Gouverneur militaire actuel, S. Exe. le baron Appel.
* Ce chapitre s'est élevé depuis 1892 aux sommes suivantes :
En 1892 10.66:j.333 francs.
1893 ll.Ho.237 —
LES FINANCES DE LA BOSNIE-HERZfiGOVINE 363
d'Ilidze, (|iic nous verrons aussi figurer pour OO.fNK) francs au chapitre des recettes, d'où excédent de 1 i.TOO francs des dépenses sur les recelles.
Les dépenses relatives aux Irailemenls des ministres des différenls cultes s'élèvent |)Our 1899 à 420. G30 francs. Klies sont établies sur un jiied de parfaili; éfçnlilé entre les trois confessions catholique, orlhodoxe et maliomélane. C'est ainsi que les grands dignitaires des trois religions, l'Archevêque le Métropolite ol h) Reis-el-Ulema, louchent chacun 10.800 francs, plus une indemnité de logement. Celte iiulcinnilé s'élève pour l'archevêque catholique à 3.150 francs, ce qui lui fait, avec son traitement, 19.950 fran(;s; mais, comme cette indemnité ne .s'élève qu'à 2.ï)20 francs pour le métropolitain orthodoxe, le Irailemenl de ce derni(>r a élé augmenté de 030 francs pour rétablir l'équilibre.
Le budget de llnslruclion publique pour 1899 atteignait 2.109.930 francs.
Les dépenses relatives à l'amélioralion des races animales et des produits du sol .s'élèvent, pour 1899, à 829.731 francs, y compris 81.000 francs pour les caisses rurales.
3. Adminislrittion dus Fiiiiinros. — Les prévisions de ce chapitre pour 1899 s'élevaient à 12.600.44.3 fr.'. Les principales dépenses ont trait : à la Section des Finances du Gouvernement, à la Comptabilité, aux Bureaux de perception des impôts, à la garde des Finances et des Douanes, aux Postes et Télégraphes, aux Retraites, à l'Imprimerie de l'État, à la Régie des Tabacs, A l'.Xdministration des Salines, aux frais do perception de la Dîme, aux Mines, au Cadastre.
L'augmentation des déiienscs affectées à l'Adminislralin?) des Finances .s'est élevée après de quatre dixièmes en huit ans.
Les dépenses dont l'augmentation a été le plus particulièrement rapide sont celles qui ont pour objet : les retraites et pensions (99.250 francs en 1892 contre 275.940 en 1899); l'Administration des Tabacs (3.828.132 francs en 1892 contre 3.530.392 en 1899) ; l'Administration des Mines (253.533 francs en 1892 contre 2.208.909 en 1899). — Un chapitre nouveau de dépenses a été créé depuis 1898, celui du Cadastre, qui s'est élevé pour 1899 à 314.727 francs.
Celte élévation des dépenses de l'Administration des Finances se trouve justifiée par un accroissement proportionnel des ressources du pays, ou plutôt par le développement de son exploitation. II est nalunl (]ii(' la culture du tabac, qui a déjà atteint un développement considérable, que la mise en valeur des mines de fer et de lignite et des autres richesses naturelles du pays aient entraîné des dépenses progressives d'administration et de surveillance. Enfin, l'établissement du cadastre a marqué pour le pays une étape nouvelle dans la voie du jjrogrès.
4. Adininislrnlion do In ,///.s7iVv>. — Les prévisions pour 1899 s'élevaient à 1.786.238 francs'. Ces dé-
' Ce cliapitre s'est élevr, depuis IS92, aux sommes suivantes :
En 1892 7.692. 10."> francs.
■ Ce cliapitre s'est élevé, depuis 1892, aux sommes suivante» :
En 1892 1.467.484 franc*.
penses ont pour objet : la Section de la Justice du Gouvernement, la Cour d'appel, les Tribunaux, la Prison centrale de Zenica.
A l'inverse du chapitre précédent {Finances), l'augmentation des dépenses du chapitre de la Justice est peu rapide, à peine 313.000 francs en huit ans. Elle porte en partie sur les frais qu'ont nécessités l'entretien et l'administration de la prison centrale de Zenica, dont nous avons expliqué ailleurs le fonctionnement. Ces frais s'élèvent pour 1899 à 340.138 francs; mais les recettes provenant du travail des prisonniers sont évaluées, pour la même année, à 118.650 francs.
5. Administration des Travaux publics — Les divisions de ce chapitre sont les suivantes :
Section des Travaux publics du Gouvernement; dépenses relatives aux Travaux Publics et aux Chaussées; Chemins de fer d'État.
Ces dépenses pour 1899 s'élèvent à 3.932.733 francs'.
La progression de plus de 4.200.000 francs, qui s'est accusée en 1897, a eu pour objet la mise en -exploitation des chemins de fer d'Etat : lignes Brod-Zenica, Zenica-Sarajevo, Sarajevo-Mostar, Mostar- Metkovic, Doboj-Siminhan, Lasva-Bugojno, Donji-Vakuf-Jajce.
Ces lignes sont celles qui sont directement exploitées par la Bosnie-Herzégovine et dont les receltes figurent au budget des deux provinces. Elles sont maintenant en voie de se suffire à elles-mêmes. La construction d'un tel réseau de voies ferrées fait le plus grand honneur à l'Administration qui a su en comprendre l'utililé et l'exécuter si rapidement, en dépit des difficultés dont la Nature s'était montrée prodigue. Elle n'a pas peu contribué à la pacification d'un pays qui était encore inaccessilîle il y a vingt ans. En consacrant chaque année plus de six millions de francs à l'entretien de son outillage économique, l'Administration de la Bosnie-Herzégovine donne aux Puissances coloniales une grande leçon de sagesse. Puisse la France suivre son exemple!