TRAVAUX HYDRAULIQUES
fîstrftction failfi des bords de la Save, la Bosnie et l'Herzégovine sont des régions accidentées, mais essentiellement différentes; tandis que la première est sillonnée par do nombreux fleuves, tels que: rUna, le Vrbas, la Bosna, lUkrina, la Drina, qui coulent vers la Save entre les puissants contrefort» des Alpes Binariques, l'Herzégovine a le caractère d'un massif montagneux, sans vallées secondaires, dont les cliaînes, suivant une direction à peu près parallèle k la mer, comprennent entre elles une série d(! dépressions, dites poijo. Ces terrasses allongées ou en forme de cirques, dont l'altitude
i'is. 183. — Ponl sur le ravin de la Luka.
Kig. 181. — Tablier du ponl de la Luka, montrant la disposition de la raie.
dépasse TOI) mèlrc,';, coniuH' au Livanjskopolje et au (iackopolje, servent de thalwegs à un certain nombre de rivières qui disparaissent tout à coup dans les failles du Karst (ponors) pour se jeter à la mer ou se niiiiiInT à nouveau dans un autre jDo//e placé plus bas. L'étroite entaille de la vallée de la Narenla l'orme le seul eouiciir transversal vers l'Adriatique'.
(iénéralement, les fleuves de Bosnie-Herzégovine, et en particulier la Narenta, présentent une pente assez raide dans les parties supérieure et moyenne de leur cours et, au contraire, un lit très déprimé dans les environs de leur end)oucliure, de sorte que leurs rives, sur un espace quelquefois considérable, s(! transforment en marécages et sont sujettes aux inondations à l'époque des hautes eaux (fig. 185).
AvanI (le jiarlir des nombreux travaux par lesquels le Gouvernement réussit h prévenir les conséqueurcs fâcheuses d'un tel régime, nous dirons quelques mot.s des points maritimes par lesquels les exportations ou importations s'établissent.
' Voyez à ce sujet l'article de M. I-Oon Bertrand, pages 31 et suivftole.«.
S ). — Ports.
11 n"y a pas, en réalité, de ports en Bosnie et Herzégovine. Tout au plus peut-on citer celui de Metkovic, qui est en Dalmatie, sur la Narenta, et auquel aboutissent les chemins de for de l'État. C'est en 1882 que le Gouvernement entreprit la régularisation jusqu'à son embouchure du cours de ce fleuve, qui, dans la zone basse prémarine, se divisait alors en une dizaine de bras ensablés. Aujourd'hui, les bateaux jaugeant 700 tonneaux viennent aboutir à quai à Metkovic. Un certain nombre de marchandises passent par Spalato et par Raguse ; mais les ports de transit les plus impor-
¥\s. 185. — Inondation à Samar
tants sont les stations terminus du ré.seau situées sur la Save: Brod, Bréka et Novi (Doberlin), ainsi que les villes de Svinjar, Kobas, Samac, Ora.sje et Raca, qui sont traversées par l'affluent du Danube.
§ 2. — Service hydrographique.
Depuis 1886, on observe le régime des fleuves les plus importants, et actuellement les débits des fleuves Save, Una, Sana, Vrbas, Bosna, Zeljeznica, Miljaëka, Drina, Narenta et Trebinjêica, sont connus et constamment mesurés.
Il existe 95 stations où l'on relève les échelles hydrométriques : 46 d'entre elles fournissent la température de l'eau, 30 la quantité de limons et dépôts, 30 l'épaisseur de neige. Les mesures sont faites une fois par jour, à 8 heures du matin, ou plusieurs fois au moment des crues par les soins du corps de gendarmerie ou du personnel des routes. Tous les mois, les renseignements sont centralisés par chaque préfecture et transmis par elle au Gouvernement central.
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S 3. — Régularisation des conrs d'eau.
En général, les crues ne produisent pas de grands dommages à Tinlérieur de la Bosnie, d'autant plus que l'importance en est presque toujours diminuée par les forêts étendues qui tapissent les collines. C'est surtout dans les parties riveraines de la Save, par exemple dans la plaine si fertile de la Posavina, que les innndalions durent être prévenues au moyen de travaux spéciaux.
1. Amélioration du cours de lu Driuu'. — Les travaux portèrent sur la partie de son cours qui s'étend depuis la commune de Zvornik jusqu'à son confluent dans la Save, h Raca, et con.sistërenl k pratiquer et maintenir un tirant d'eau minimum de 0'°,80. Le lit de la rivière était encombré de troncs d'arbres et de matières gênant l'écoulement des eaux. 11 fallut donc d'abord le nettoyer, tout en sauvegardant les intérêts des nombreux moulins riverains. On employa le .système des clayonnages Wolf, tant pour protéger les rives que pour constituer de petits barrages évitant les afifouillements. Les bords furent également consolidés à l'aide de fascines, de troncs d'arbres et de quais. Depuis avril 1893 fonctionne le service de la navigation à vapeur sur la Drina, entreprise de la Erste K. K. priv. Doimu-Dnmpfschiffahrts-Gesclhcbaft.
2. licgularisation do k Miljaéka. — Cette rivière, qui traverse Sarajevo, présentait en amont de nombreuses boucles, en aval des bancs considérables de limon avec une largeur variant de 23 à 100 mètres. Les travaux (1886-1898) consistèrent principalement dans la construction de murs de quai et la fixation du lit. Dans un premier tronçon, qui s'étend du pont Seher au pont Cobanija, sur une longueur de 1.137 mètres, la largeur de la rivière fut unifiée à 23 mètres, la rive droite défendue par un mur, partie en maçonnerie avec un fruit de 1/10, partie en pierre sèche avec un talus de 1/2, et la rive gauche consolidée par un talus de 1/2 en pierre sèche ou de 3/.4 en béton. Le deuxième tronçon, qui comprend une longueur de 763 mètres, du pont Cobanija à l'usine d'électricité, fut rectifié sur la rive droite par un mur soit maçonné, soit en pierre sèche, et sur la rive gauche par un empierrement bétonné maintenu en avant à la distance de 1 mètre par un(^ rangée parallèle de pieux et sur lequel repose le talus. La distance des rives, qui mesurait encore 2a mètres au pont Cobanija, augmente constamment en aval pour passer <\ 40 mètres, k 1.900 mètres de là. Tous les murs, qui on! une hauteur variant entre S^.SIM) et 5 mètres, furent couronnés par un parapet en moellons de O^.io d'épaisseur et de 0'°,80 de hauteur. Quant à leurs fondations, elles furent établies sur pieux solidement moisés. Enfin, pour fixer la pente du lit à 7 "/oo, on ménagea à tous les intervalles de 50 à 100 mètres un certain nombre de petits barrages de 0'',2i à Qr,^Q de hauteur, entre chacun desquels la pente ne fut que 1,3 "/„„
Tous ces trtavaux entraînèrent la démolition de bon nombre de vieilles mai.sons bosniaques, qui ont fait place à de belles constructions neuves. Le régime des eaux de la Miljaéka est sujet à des variations extraordinaires : la hauteur d'eau varie de 0 à 2'",70 et, dans une môme journée, de 0,30 à 0,40. Son débit passe de 1 mètre cube par seconde à l'époque des basses eaux à 300 mètres cubes & celle des hautes eaux ; c'est ce dernier chifl're qui sert de base dans l'établi.ssement des ouvrages d'art.
3. Réfjuhirisnlions dans lo hassin du MIadv. — D'importants travaux sont projetés pour régtilariser les bords de la Save entre èamac et Brcka d'une part, et, de l'autre, dans toute la rt'gion de
• Ces travaux furent entrepris après accord avec le royaume de Perlde.
Brod au nord de Bjelina. Leur exéculion ne se fera pas longtemps attendre, d'autant plus que déjà, après entente avec le gouvernement de Dalmalie, la plaine parcourue par le Mlade à l'ouest de Ljubuski, dont les moissons étaient si exposées, a été mise à l'abri des inondations. La rivière fut régularisée par la construction de berges sur deux tronçons mesurant ensemble une longueur de 3 kilom. 6, avec un débit de 200 mètres cubes par seconde; plusieurs de ses affluents, telle la Vriostica, furent corrigés; enfin, le canal de Parilo, qui alimente le Rastok et est employé par les moulins, fut relié au Mlade par une écluse qui, au besoin, peut évacuer une certaine quantité d'eau par le Rastock. Les travaux projetés comprendront 270.000 mètres cubes de terrassements, une gros.se installation de tuyaux de drainage et la construction de trois nouveaux ponts en fer sur le Mlade, de deux digues et de deux aqueducs.
4. Barrage de la Kline et travaux d'amélioration dans le Gackopolje. — Le Gackopolje a une superficie de 4.000 hectares en plein Karst, dans le sud de l'Herzégovine, sur la frontière monténégrine. Les eaux, qui roulent du haut du Lebrsnik, forment, en se réunissant, la Musica, qui franchit une brèche de 3 kilomètres de largeur pour atteintre le polje et qui, après l'avoir contourné suivant un arc elliptique et avec un débit de 325 mètres cubes à la seconde, s'engoufTre dans un ponor placé à l'extrémité sud. Dans cette région, les inondations au printemps et à l'automne, le manque absolu d'eau en été compromettaient chaque année les récoltes. Pour rétablir l'équilibre, on eut l'idée de retenir une partie des eaux par un barrage dressé dans une gorge appelée Kline, à 6 kilomètres en amont d'Avtovac. On obtint ainsi une réserve de 1.000.000 de mètres cubes pouvant arroser en été 1.000 à 2.000 hectares de prairies. Les travaux furent terminés en 1897. Le mur du barrage forme un arc de 60 mètres de rayon et mesure 22 mètres de hauteur, 108 mètres de longueur au couronnement et une épaisseur de 16", 70 aux fondations, qui se réduit à 4'",60 à la partie supérieure. La maçonnerie (ll.OOO mètres cubes) est en moellons et mortier de pouzzolane. Pour le nettoyage, on a ménagé de chaque côté des galeries fermées par des portes en fer manœuvrables hydrauliquement. La-pri.se d'eau pour les besoins du service se fait au moyen d'une tour de 3 mètres de hauteur et 3 mètres de diamètre, communiquant avec un tube en fonte de 1 mètre de diamètre, obturé par une vanne. Enfin, un déversoir permet, en cas de besoin, de débiter 420 mètres cubes à la seconde.
5. Travaux d' amélioration dans le Livanjskopolje. — C'est le polje le plus étendu de Bosnie, puisqu'il comporte 40.000 hectares s'étendant sur une longueur de 65 kilomètres le long de la frontière dalmate. Les eaux qui le parcourent à l'est et au nord proviennent de sources du Karst et disparaissent au sud-ouest pour revenir au jour dans les vallées plus basses de la Dalmatie. On distingue quatre sources principales : la Bistrica, la Studba, le Zabljak et la Ricina, et quatre ponors, le Kameniti, rOpaki, le Bristavi et le Veliki, qui font partie du groupe de ponors désigné .sous le nom de Sang, ho polje de Livanjsko, malgré son altitude élevée (environ 710 mètres), se trouve dans des conditions climatologiques très favorables aux cultures ; malheureusement, une grande partie du bassin restait inondée depuis fin septembre jusqu'au milieu de juin, en raison de l'affluence excessive des eaux. Cette situation attira donc l'attention de l'Administration : dès 1880, on commença à dégager les ponors de Sang, et, devant le résultat favorable obtenu par ces travaux d'essai, on établit, en 1893, un programme d'amélioration systématique du polje, qui comporte : 1° la régularisation et l'endiguement des cours d'eau ; 2° l'irrigation des parties les plus stériles ; 3° le drainage de la plupart des régions. En débarrassant les ouvertures des ponors des alluvions et des détritus qui les encombraient et
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les eaux à déposer, avant de s'y engouffrer, une grande quanlité des matières s^dides qu'elles tenaient en suspension, on arriva <Y diminuer beaucoup la durée des inondations. F'our amener l'eau aux prairies de la partie moyenne du polje qui en avaient besoin, on installa un canal d'alimentation de 28 kilomètres de longueur, prenant l'eau dans la Bistrica et le Zabijack et débitant 2"'', 7.") par seconde. Enfin, on a déjiï drainé environ 7. 000 hectares dans les régions nommées Erdralovac et Drinovac et 1.380 hectares dans le sud, et on reprendra cette année les travaux. Il reste *^à construire une digue principale avec six contreforts, ainsi qu'un réseau de petits canaux; et les mouvements de terre à exécuter encore s'élèvent à 840. (KK) mètres cubes, sur 420.000 mètres cubes do terrassements déjà faits. Des projets sont également à l'étude pour la régulari.salion du régime des eaux dans les autres vallées du Karst, le Mostarskoblato, le Buskoblato, les polje de Glamo^-, de Dabar, de Fatnica et de Popovo.
§ 4. — Distributions d'eau.
Autrefois l'alimenlalion d'eau des villes .se faisait simplement an moyen de conduites en bois ou en argile venant aboutir aux fontaines situées aux portes des mosquées. Comme des ablutions constantes sont prescrites par le rite mahométan, c'était par les soins du culte que les conduites d'amenée d'eau étaient construites et entretenues. Mais ces installations étaient trop rudimentaires pour que les conditions hygiéniques fussent observées; un grand nombre d'entre elles traversaient les cimetières i)lacés au milieu même des villes; de plus, elles n'étaient plus suffisantes pour les besoins des populations croissantes. De nouveaux travaux d'adduction s'imposaient donc, sans présenter, d'ailleurs, aucune difficulté, car dans ce pays on trouve généralement des sources dans le voisinage immédiat des villes.
Ce fut ici, encore, l'administration militaire qui en fut chargée pendant les premières années de l'Occupation. Plus lard, les habitants des villes, premiers intéressés, formèrent des syndicats pour prendre l'initiative el supporter une partie des frais des installations, lesquelles furent faites sous le contrôle du Gouvernement. Les distributions d'eau de Mostar (1883), de Sarajevo (1889), de Travnik (1893), de Dervent (1890-97) sont dans ce cas.
Les sources de la Moséanica servent à l'alimentation de Sarajevo. Celles-ci jaillissent à environ 7 kilomètres du centre de la Capitale, au nord ouest de la haute vallée de Faletiéi, au pied du Velikanjiva, masse de calcaire triasique reposant sur des couches imperméables [Quellenhaùser). Deux constructions protègent les travaux de captage des deux principales sources. L'eau sort des ba.ssins dans des conduites en fonte de 210 millimètres de diamèli'e : en raison de la grande différence de hauteur entre les niveaux des maisons de source (cotes 820°', 12 et 823", 05) et celui du réservoir de haute zone situé dans le voisinage de la porte Visegrad (702", iîO), il fallut intercaler deux réservoirs (le décharges aux cotes 784,3 et 766 pour ramener à des proportions convenables les pressions auxquelles doit résister la conduite longue de 4 kilom. 600 et enfouie à 1",50 au-dessous du sol. Du réservoir de haute zone à deux compartiments et de 400 mètres cubes de capacité, part une canalisation allant d'un côté au Castel et à la commune de Kovaëi, de l'autre, au réservoir de basse z.one (cote 627), à quatre compartiments de 1.100 mètres cubes de capacité, installé à côté du bastion jaune. Deux soupapes, avec régulateurs de pression, ménagées sur celte dernière conduite, permettent d'abaisser la pression de 7 alm. 1/2 i\ 1 ou 2 atmosphères et de modérer ainsi la violenre de l'eau ù, son entrée dans le réservoir inférieur. Les profondeurs d'eau sont de 2", 50 dans la source principale, 1 mètre dans la source secondaire, 2'",50 dans les chambres de décharge el le réservoir
de haute zone, 4 mètres dans celui de basse zone. Les maisons de source, chambres de décharge et réservoirs sont voûtés en pierre et protégés par des revêtements de terre d'au moins l'",20 de hauteur; les organes de manutention sont partout en double ; les niveaux d'eau sont réglés par des soupapes à flotteur; enfin, des compensateurs, disposés dans les chambres à vannes des réservoirs, empêchent les coups de bélier dans les conduites. Le réseau de dislribution dans la ville a été établi d'après les besoins, mais les prises d'eau constituent toujours des eml)ranchements sur la conduite générale. Les diamètres des tuyaux, calculés pour un débit double des consommations les plus fortes, varient entre 323 millimètres et 40 millimètres. La rive gauche est reliée à la rive droite au moyen de deux systèmes de tuyaux très résistants, l'un de 200, l'autre de 130, passant sous le lit de la Miljacka. Le débit
total s'élève à 46.400 hectolitres en vingt-quatre heures, soit 120 litres par jour et par habitant. Il se fait au moyen de 114 fontaines, dont 18 ornementales en pierre sculptée (fig. 186), 33 ordinaires en fer coulant constamment, 61 avec robinets intermittents. On a ménagé, en outre, 97 bouches, dont chacune peut alimenter 2 lignes de tuyaux débitant 3 litres d'eau à la seconde avec une force de projection de 33 mètres pour les incendies et l'arrosage'. La longueur totale des conduites dépasse 32 kilomètres. Tous ces travaux, commencés en juillet 1889, étaient terminés en octobre 1890. Mais, aux époques de sécheresse, ils ne suffisaient pas aux besoins d'eau de l'industrie locale. On dut, en 1893, capter la source de la Cruil, affluent de la Moscanica, jaillissant i\ 1 kilomètre en aval de la source principale dans des conditions semblables et fournissant au minimum par seconde 10 litres d'eau d'excellente qualité. Le captage fut opéré au moyen de deux galeries, l'une longitudinale, l'autre transversale, menant l'eau dans un bassin placé à la cote 821, qui, par une conduite de 130 millimètres de diamètre et 1 kilomètre de longueur, communique avec une chambre de décharge et de là un réservoir de 280 mètres cubes. Un système spécial de distributeurs permet de mélanger ou non les deux sources. La ville de Mostar est alimentée par la source de Radobolje, qui est recueillie au pied du haut plateau de Mostarsko (cote 120), avec un débit total de 800 litres à la seconde, au moyen d'un collecteur en fonte de 230 millimètres de diamètre, muni de fentes et placé dans un fossé creusé jusqu'à la couche aquifère. De là l'eau passe successivement dans une autre conduite fermée, de 173 millimètres, dans un puits régulateur avec décharges, dans une chambre filtrante, dans laquelle se déposent les matières en suspension lors des grosses pluies, dans une chambre d'eau propre, et enfin dans le réservoir, cubant 400 mètres cubes, où s'équilibrent toutes les oscillations, et dont le système à deux compartiments évite le trouble dans rex|)loilalion lors du nettoyage et des réparations éventuelles. De ce réservoir, dont dépend toute la distribution, une conduite principale de 173 millimètres de diamètre et de 3.947 mètres de longueur
Fig. 186. — i-niitiuiie en pierre sculptée à Sarajevo.
' Eq dehors de cet arrosage au moyen des prises d'eau, on emploie également des tonneaux ambulants sur chariots : un tuyau élastique, terminé par une grosse pomme d'arrosoir, s'y adapte et reçoit de la main du conducteur un mouvement de va-et-vient.
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alimfinle l'ensemble du réseau. Comme la Narenta est profondément encaissée h. son passage & travers la ville, c'est en aqneduc sous les deux ponts existants f|n(' le fleuve est traversé. — La consommation par jour et par tête s'élève à 100 litres.
A Travnik, c'était autrefois l'excellente source de Bas-Bunar, sortant de la montagne Vlaâic, qui, en ])riiHipc, (Icvnit .ilimciiliT Idiilc la ville; mais, par suite du mauvais état des conduites, une grande inirtic (l(! la population puisait à la Lasva et il en résidtait des épidémies permanentes de dysenterie et (le ty|)lius. Pour remédier à cet état de choses, on se borna il améliorer les anciens travaux. Une nouvelle maison de source fut construite, avec chambre filtrante de 53 mètres cubes de capacité, et mise en communication par une conduite de loO millimètres et 442 mètres avec un réservoir supérieur de 500 mètres cubes, qui servit d'accumulateur. L'eau fut répartie dans la ville par une série de tuyaux placés à 1"',50 au-des.sous du sol, dont les diamètres furent calculés pour une consommation de 10 litres par seconde et varièrent de 200 millimètres à 60 millimètres et dont la longueur représenta un total de 0.830 mètres. La Lasva fut traversée au moyen d"aqueducs en fer forgé et en bois.
Les derniers travaux de distribution d'eau furent exécutés à Dervent (1896-1897). Us eurent pour objet la source de la Ljubijanica, qui jaillit h 2 kilomètres de la station Han-Marica (200,6). Pouramener l'eau par gravité jusqu'à la ville (107), il aurait fallu construire une conduite de gros calibre de 17 kilomètres de longueur. Aussi,' dans le but d'éviter des frais d'installation coûteux, on préféra élever l'eau au moyen d'une pompe sur la hauteur de la Ljubijanica-gornja, d'où la communication avec la ville était beaucoup plus directe et plus courte. La source débite un minimum de H litres par seconde. Dans le voisinage immédiat de la maison de source se trouve la machinerie, qui comprend : deux chaudières tubulaires identiques de 18 millimètres carrés de surface de chauffe et timbrées à () atmosphères; une machine à vn|ieur Schultz, avec distribution Meyer et une double pompe Girard à pistons plongeurs tournant à iO tours et fournissant 30 mètres cubes par heure. De cette pompe part une conduite montante, en fonte, de 12.5 millimètres de diamètre et de 1.849 mètres de longueur, qui aboutit à un réservoir intermédiaire construit sur le Ljubijanika-gornja (231,.">) et qui comprend deux compartiments indépendants de 230 mètres cubes de capacité totale, ainsi qu'une chambre de distribution où des avertisseurs électriques signalent à tout instant l'état du niveau. Ce réservoir est relié j)ar une iDiiduite de 3.200 mètres de longueur et de 123 à 80 millimètres de diamètre, qui traverse la valli'c (le la Hisnja et la lignes du chemin d(^ f(>r, avec un réservoir supérieur placé au point culminant (le Dervent (182,30). Ce dernier, de 200 mètres cubes de capacité, fut installé dans des conditions analogues <i celles que nous avons déjà vues. Le réseau de Dervent comporte 3.0.38 mètres de longueur.
Nous pouvons, en dernier lieu, signaler les travaux exécutés en 18% à la station de course d'Ilid^c l)()ur l'arrosage des prairies et, en même temps, le service d'eau des tribunes et des écuries. L'eau de la rivière de Zeljesnica est élevée par une pompe Worhtinglon et refoulée sous un accumulateur, où elle acquiert i atmosphères de pression. De lA elle se rend dans une conduite circulaire, installée pour les besoins quotidiens.
D'autres disiribulions d'eau, à Livno notamment, sont en cours d'exécution.
§ ,">. — Citernes.
On sait (jne la |tres(|ue totaliti- de l'Herzégovine, ainsi qu'un petit coin de la Bosnie, font partie du Karst et que, en raison de leur slniclure géologique spéciale, ces pays manquent d'eau en été. Pour conserver nus habitants et fi leurs bestiaux une (piantité d'eau .suffisante, on a dû cnkr des
citernes ou piniôt'en augmenter le nombre; car, plusieurs de ces réservoirs artificiels existaient depuis l'Antiquité. A la fin de 1897, le Gouvernement avait construit, en Herzégovine, 173 citernes et abreuvoirs avec une contenance de 11.809 mètres cubes, et capté 33 sources. Dans les communes de Livno, Zupanjac, Glamoc et Pétrovac, en Bosnie, il avait établi 20 citernes et abreuvoirs de 8.569 mètres cubes et capté 20 sources.
L'exécution de ces travaux nécessita une dépense de 239.134 francs, 83.964 corvées de personnes et 41.393 corvées d'animaux.
Egouts.
La question des égouts, comme celle deralimenlation d'eau, présentait un grand intérêt au point de vue des améliorations à apporter aux conditions hygiéniques du pays. C'est seulement <i Sarajevo
Fig. 187. — Station centrale d'Electricité, à Sarajevo.
que jusqu'ici elle a été traitée. On a construit, suivant les artères principales, trois collecteurs, deux sur la rive droite, un sur la rive gauche, qui se réunissent près de la manufacture des Tabacs pour aller déboucher dans la Miljacka; toutefois, le réseau des canaux n'est pas encore complètement .ichevé. Les collecteurs ont la forme habituelle, avec une hauteur sous clef de trois, pour une largeur aux naissances de deux, et sont munis, de place en place, de portes en fonte utilisées pour des chasses d'eau en vue du nettoyage. D'autre part, des ouvertures spéciales et automatiques donnent la communication avec la rivière en cas de fortes pluies. L'administration des Travaux publics étudie en ce moment la question d'épuration des eaux d'égouts : lorsqu'elle sera bien fixée sur la quantité et la qualité des matières, elle décidera si l'épuration devra se faire mécaniquement (par filtration) ou chimiquement (par précipitation).