‹ La Bosnie et l'HerzégovineChapitre 79 sur 132 · porci · texte numérisé non relu

porci

En cherchant quelle peut être la population animale par kilomètre carré (100 hectares), nous trou- 'vons, pour le gros et le petit bétail, les chiffres suivants :

Préteclares.

Sarajevo.

Banjalukn Bosnie ( Bihac . .

Tuzia. . .

Travnik .

Ilcrzcgovino

NOMBRE

DK TÉTM

jar kilomètre carré

s béUil.

Petit béU

On voit que les différences sont très accusées entre les diverses préfectures de la Bosnie et l'en- ^seiiihli! de Tllerzégovine. Dans cette dernière région, le nombre des têtes de gros bétail est très faible, et celui des petits animaux est, au contraire, très considérable. Ces contrastes sont expliqués par les différences de nature du sol. La même raison explique les écarts que l'on observe entre les chiffres relatifs à la densité de la population animale pour le gros et le petit bétail dans les diverses préfectures de la Bosnie. Les régions très montagneuses de l'Herzégovine et du district de Sarajevo ou de Travnik renferment peu de gros bétail et un plus grand nombre de moutons ou de chèvres.

Il ne faut pas, d'ailleurs, se contenter de dénombrer le bétail. Le total des existences est une indication insuflisanle. 11 serait beaucoup plus intéressant de connaître le poids des animaux domestiques, car leur valeur est presque toujours proportionnelle à la quantité de viande qu'ils produisent. D'autre part, la production du lait et de la laine dépend également de la taille et par conséquent du poids du bétail. A cet égard, les races et variétés qui peuplent la Bosnie-Herzégovine sont, en général, d'assez médiocre qualité (lig. 204).

On pourrait croire que l'insuffisance du développement et du poids de ce bétail tient à la race dont il est issu. La conséquence de celte opinion, c'est qu'il suffirait de changer la race ou de l'améliorer par des croisements pour obtenir des animaux de grande taille mieux conformés et plus productifs. 11 n'en est rien. Le défaut d'ampleur, la maigreur, l'absence de qualités laitières, la lenteur de la croissance doivent être presque uniquement attribués, en Bosnie-Herzégovine :

1° A une nourriture insuffisante au double point de vue de la quantité et de la qualité ;

2° A l'absence de soins et notamment d'abris pendant la mauvaise saison.

Nous n'avons pas pu obtenir des renseignements précis sur la composition chimi(iue di-s terres et celle des fourrages en Bosnie. 11 est fort probable que sur la plupart des terres appartenant aux formations géologiques anciennes (terrains dévoniens, siluriens, etc., etc.), les phosphates de chaux fontdéfaul. Le failile développement du système osseux des animaux et la lenteur de leur croissance avant l'âge adulte nous paraissent être à la fois l'indice et la conséquence de cette pauvreté du sol, qui correspond toujours à une mauvaise composition chimique des fourrages.

Dans ces conditions, les animaux de forte taille introduits dans le pays ne larderaient pas à dégénérer. Les croisements faits avec des reproducteurs mâles ne donneront pas de meilleurs résultats. Ce

sont les cultures fourragères qu'il faut développer; c'est la terre elle-même qu'il faut enrichir par l'apport de phosphates de chaux, en Bosnie du moins. Sous l'influence d'une alimentation plus abondante et plus riche, la taille et le poids des animaux du pays augmenteraient rapidement. Une fois cette première transformation agricole opérée, il serait alors possible de la hâter et de la compléter au moyen de croisements.

Ce que nous disons des bovidés est vrai pour les moutons et les porcs. Il est fort tentant, assurément, de croiser les races du pays avec des béliers anglais ou des verrats berkshire. On obtient, au bout de quelques mois, des agneaux ou des porcelets dont le développement est très satisfaisant. Mais, si de pareils animaux ne sont pas bien soignés et abrités, s'ils ne reçoivent pas une alimentation abondante et riche, leur croissance sera arrêtée, ils péricliteront ; leurs rejetons seront malingres, décousus; ils ne pourront supporter ni les jeûnes, ni les longues courses dans la montagne à la recherche d'une maigre nourriture, ni les grandes chaleurs sèches d'un été brûlant, parce que le climat de l'Angleterre ne ressemble point à celui de la Bosnie, et encore moins à celui de l'Herzégovine. Mieux vaudrait, à coup sûr, choisir parmi les [moutons ou les porcs du pays ceux qui sont le plus pesants, le plus précoces, le mieux conformés, s'en servir comme reproducteurs — mâles et femelles — puis améliorer leur alimentation. Cette sélection serait plus prudente et certainement plus lucrative que la brusque introduction des variétés étrangères habituées à une autre alimentation et à un autre climat.

Pour les chevaux, les mêmes observations.doivent être faites. Il ne faut pas songer à augmenter la taille

des équidés. A l'heure actuelle, les petits chevaux bosniaques ont des qualités de vigueur et d'endurance absolument remarquables. Si l'on voulait les croiser avec des pur-sang anglais ou même avec des chevaux hongrois de la race asiatique, nul doute qu'on ne fît une mauvaise besogne. L'augmentation de la taille et l'élevage du cheval de selle ne seront possibles que sur des points déterminés, quand on aura résolu, au préalable, la question de l'alimentation.

C'est précisément le problème de l'alimentation qui peut êlre facilement résolu sur quelques points, dans des fermes très bien tenues, dans des haras officiels, etc., etc. Nous ne serions donc nullement étonné qu'on obtînt de bons chevaux au moyen de croisements, si ces animaux recevaient dès le jeune âge une bonne nourriture.

Il s'agit de savoir si les chevaux résultant des croisements avec des variétés de taille relativement élevée, peuvent êlre impunément soumis au régime ordinaire, et traités, jusqu'à l'âge adulle, comme le sont habituellement les chevaux de la Bosnie et de l'Herzégovine. Il était, d'ailleurs, fort prudent et très sage de ne pas introduire comme étalons des animaux anglais, dont les exigences au point de vue de la nourriture auraient été très grandes. L'Administration a fail choix d'étalons arabes et syriens, ce qui est, en effet, une mesure excellente

Fig. 204. — ViMux. iiusaiaqucs couduils au muixiié.

ïn iV'suiiio, le développement de la production végétale, et notamment celui de» cultures fourragèrcîs, doit être le premier objectif des administrateurs éclairés qui ont pour mission d'assurer la prospérité matérielle des campagnes. L'amélioration du bétail sera la conséquence certaine d'une alimentation plus abondante et plus riche. Le bétail fournira do son côté des profits plus élevés et des matières fertilisantes, qu'il sera, sans doute, indispensable de compléter à l'aide d'engrais minéraux importés. Des expériences précises faites dans des domtiincs choisis avec soin, sur des formations géologiques difl'érentes, permettront de formuler des conclusions générales, et de montrer clairement aux agriculteurs ce qu'ils doivent faire pour réaliser des progrès en obletiaiit des profits plus élevés.

Il semble bien, d'ailleurs, que des progrès très sérieux aient été accomplis depuis l'Occupation, au moins en ce qui concerne le nombre des animaux. Les chiffres suivants, qui nous ont été communiqués par le Directeur de l'Agriculture, en témoignent:

Tête»

î.ihOOXJOO

ElTcctifs constates en Bosnie -Uerzégov i no : 1819 18»

Chevaux 161.000 232.000

lidîufs 762.000 1.416.000

Moutons 8;i9.000 3.228.000

Chèvres ;;22.000 1.447.049

Porcs 430.000 661.000

Les graphiques delà figure 203, qui résument le progrès de l'élève du bétail depuis 1879, traduisent ces chiffres pour les yeux. (Les traits avec hachures se rapportent au nombre des existences eu 1879; les traits verticaux noirs, au nombre des existences en 1893. En ce qui concerne les abeilles, les existences sont exprimées en ruches.)

Cet accroissement considérable de la population animale doit être attribué <\ la paix, au développement de la culture, à une meilleure organisation de la médecine vétérinaire.

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