‹ La Bosnie et l'HerzégovineChapitre 80 sur 132 · L-tOO-OCO · texte numérisé non relu

L-tOO-OCO

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Fig. 20o. — Progrhs de l'élevage du bétail, do 1879 à iS^Ù, ea Bosnie- Hcrxégoriae.

On pratique, en Bosnie-Herzégovine, deux cultures industrielles de valeur et d'iiilérol très différents : celle du tabac et celle de la betterave à sucre.

Le lal)ac d'Herzégovine est fort estimé La production, qui pourrait se développer encore, est déjà coiisidcrahle cl alleiiil 30.000 (|iiiiil;iu\ par an. Dès à pré.senl. on livre annnellomont 18.000 A

19.000 quintaux à la régie autrichienne. 11 sera facile d'exporter une partie de la récolte, soit en feuilles, soit après le travail dans les manufactures du pays. Nous ne croyons pas qu'il soit difficile d'obtenir également de bons tabacs en Bosnie.

Mais, ici même, intervient une question d'économie agricole, qui est très importante. Le tabac réclame des soins assidus et ne se développe bien que sur des terres ameublies et abondamment fumées. Il faut donc augmenter la production du bétail et recueillir soigneusement du fumier bien préparé pour obtenir de bonnes récoltes de tabac.

On a introduit en Bosnie la culture de la betterave à sucre. C'est une tentative très hardie. La betterave à sucre ne donne des rendements suffisants qu'en la cultivant sur des terres riches et très bien fumées. Il est certain que la plupart des terres de Bosnie ne sont pas en état de supporter cette culture d'une façon régulière. Nous craignons fort que l'on épuise le sol sans aucun avantage. Le prix de vente des betteraves à sucre n'est pas non plus assez élevé pour que la production en soit avantageuse. Ce prix était, en septembre 1898, de 16 francs la tonne, pour des racines qui renfermaient 13 °/„ de sucre, richesse constatée au polarimètre dans l'usine d'Usora. En portant à 20.000 kilos le rendement des betteraves de Bosnie, aprùs décolletage, nous sommes au-dessus de la vérité. Le produit brut, par hectare, ne s'élève donc qu'à 320 francs. Il doit, très fréquemment, tomber au-dessous de ce chiffre. C'est moins de la moitié du prix obtenu en France par les cultivateurs de betteraves. Nous ne voyons pas quel intérêt il y a à fabriquer du sucre en Bosnie, alors que le prix de celte marchandise tend à diminuer parce que sa production dépasse les besoins de la consommation, même en Autriche. En tout cas, si cette culture doit être maintenue, il est indispensable de restituer au sol ce que la betterave lui enlève. L'usage des engrais chimiques et le développement de la fabrication du fumier de ferme sont également nécessaires. Si l'on épuisait le sol, on diminuerait certainement la production des céréales et l'on risquerait de compromettre la situation agricole d'un pays qui n'est pas assez riche pour tirer du dehors les grains dont la population a besoin.

Sans doute, la quantité de betteraves produites n'est pas très considérable. On traite, à ce qu'il nous a semblé, 500.000 kilos de racines par jour, dans la sucrerie d'Usora, seul établissement existant en Bosnie. La campagne sucrière dure quatre-vingt-dix jours probablement, et le poids total de betteraves mises en œuvre est donc égal à 43 millions de kilos. La surface en culture correspondante atteint 2.250 ou 2.500 hectares, en admettant un rendement de 20.000 kilos par hectare au maximum. Ce n'est pas là une très grande surface, mais l'on ne peut pas consacrer aux betteraves les terres éloignées des stations de chemins de fer ou des routes principales. Il est donc fort probable que la culture des racines sucrières restera concentrée dans une zone limitée.

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