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ET LA RÉGION BOSNIAQUE

Il ressort de cette rapide esquisse des conditions géologiques et géographiques de la Bosnie et de l'Herzégovine, que ces pays, encore trop peu connus, méritent au plus haut degré d'être visités en détail, non seulement par les géologues et les géographes, mais aussi par tous ceux qui s'intéressent aux aspects de la Nature. Il est peu de régions où l'on puisse trouver une semblable réunion de paysages d'aspects si divers et qui présentent tous un intérêt propre '.

J'ai cherché surtout, dans cet article, à mettre en relief le contraste qui existe entre la Bosnie et l'Herzégovine et en fait doux régions totalement dissemblables dans leur ensemble. Mais il faut remarquer qu'en réalité leur séparation ne se fait par aucune ligne de démarcation bien tranchée ^.

Le passage de l'un des faciès à l'autre ne se fait pas suivant une brusque transition, et, d'autrô part, sous l'influence de conditions génétiques et climatériques spéciales (telles que la persistance plus ou moins grande de l'humidité du sol résultant des inégalités de perméabilité du sous-sol, ou bien encore les différences d'altitude, d'exposition aux vents dominants, etc.), on peut rencontrer des îlots de l'un des faciès au milieu de l'autre. C'est ainsi que nous avons vu que les hauts plateaux calcaires ou planiiia situés entre Sarajevo, Visegrad et Vlasenica présentent un caractère souvent assez

' Mais, pour parcourir utilement et agréablement le pays, il ne faut pas se borner à suivre les lignes de chemin de fer et à visiter les grandes villes situées sur leur trajet, bien que celles-ci présentent, elles aussi, un très grand intérêt; il faut mettre à profit le réseau d'excellentes routes qui permet de se rendre, en voiture, à peu prés dans tous les points intéressants de la Bosnie et de l'Herzégovine. Mieux encore, si l'on ne veut pas être à la merci du tracé de ces routes, construites dans le but d'assurer les communications entre les diverses villes de la manière la plus rapide et la plus commode, mais non toujours par le trajet le plus pittoresque, il est préférable de se servir des petits chevaux du pays, qui ne paient pas de mine, mais joignent une sûreté remarquable au milieu des passages difficiles à une endurance extraordinaire.

• Le passage de la ligne de faîte de la chaîne principale des Alpes Dinariques, considérée comme leur limite dans une première approximation, ne montre aucune différence appréciable d'aspect entre les deux versants, du moins dans leur partie la plus élevée ; la partie culminante et les deux flancs de la chaîne centrale présentent, en général, le même aspect. Seulement, en certains points, c'est le faciès du Karst, et alors ce n'est que plus au nord que commence la région verdoyante bosniaque, sur laquelle empiète, dans ce cas, le Karst. Dans d'autres points, au contraire, par exemple dans la partie moyenne de la chaîne, au voisinage de l'Ivan, celle-ci est formée de hauteurs très belles et très fertiles, et le faciès bosniaque empiète alors largement sur le Karst, dans le riche bassin néogène de Konjica .fig. 49 et iiO), bien abrité à la fois des deux vents dominants, la froide lora et le brûlant siroco, également défavorables à la végétation; le Karst ne commence là qu'avec le massif du Prenj, contrefort parallèle à la grande chaîne,

LA NATURE PHYSIQUE EN BOSNIE ET EN HERZÉGOVINE

voisin do celui du Karst proprement dit, bien qu'avec un peu de végétation, tandis que les i»arlies déprimées et celles qui sont abritées du vent par les belles forêts de pins, ou encore le fond des vallées formé de couches plus imperméables, sont, au contraire, occupés par de riches pâturages et même de très belles cultures.

Léon Bertrand,

Chargé da roan k lUniveniU de Collaborateur du Scr%'ic« do la Carte géologique de la France,

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