‹ La botanique de la bibleChapitre 11 sur 76 · LE CÈDRE · texte numérisé non relu

LE CÈDRE

GE DR U S 0 RIENTALI S

Famille des Conifères. Arbre à suc résineux, élevé, à rameaux étalés el formant une pyramide. Feuilles persistantes, raides, linéaires, piquantes, fascieulées, d’un vert sombre. Fleurs monoïques; les mâles en chatons; les femelles en cônes obtus, à écailles ligneuses, imbriquées ; étamines et carphophylles en très grand nombre, ceux-ci sous forme d’écailles. Graines ailées.

rràce a sou port majestueux, à sa longévité illimitée et à son bois parfumé, le Cèdre est le roi des arbres dans le langage figuré des prophètes et des poètes sacrés. Voir : Juges, ix, 15; 2 Rois, xiv, 9; Jéh. xxii, 15; Ezéch., xxxi, 3.

Le Liban était célèbre autrefois pour ses grands Cèdres, dont il ne reste aujourd’hui qu’une quarantaine. Voir ; 2 Rois, xiv, 9; Ps., xcn, 12; EsaÏe, ii, 13; Zac., xi, 1.

Le bois de Cèdre était très-estimé dans les temps anciens et en Orient. 11 entra largement dans la cons-

truction du temple de Salomon (2 Sam., v. I l ) et dans celle du second temple bâti sous Esdras (Esd., iii, 7).

Le suc résineux du Cèdre entrait dans la composition de la cedriu , sorte de goudron avec lequel les anciens Egyptiens embaumaient leurs momies. Le bois sert aujourd’hui à la préparation des pastilles fumantes employées en Orient pour parfumer les appartements, habitude qu’on 11e saurait trop condamner au point de vue de l’hygiène.

Si le Cèdre n’est pas abondant aujourd’hui en Europe, c’est uniquement parce qu’011 n’a pas cherché a le multiplier, car il résiste aux climats les plus rigoureux. Celui qui existe au Jardin-des-Plantes à Paris et qui est de toute beauté, fut planté par Bernard de Jussieu en 1734. Une particularité du Cèdre du Liban est que sa flèche est constamment tournée vers le nord.

Le Cèdre de l’ Himalaya ( Cedrus deodara) est une espèce dont le port est moins imposant que celui du Cèdre oriental, mais il offre l’avantage d’une croissance plus rapide; il est cultivé aujourd’hui comme plante d’ornement.

Il paraît probable que le Cèdre oriental dont j’ai donné la description 11’était pas exclusivement le Cèdre du Liban des Saintes-Écritures. On ne s’explique pas, en effet, qu’un bois aussi tendre et d’une qualité aussi médiocre ait été si recherche pour les travaux de construction.

Des botanistes modernes ont suggéré que le Cèdre de la Bible aurait bien pu être le Cedrus deodara , qui fournit un bois excellent, et qui aurait été abondant autrefois dans l'Asie tempérée. On serait même parvenu dernièrement a eu découvrir quelques pieds dans le

voisinage du Liban. La grande exploitation qui aurait été faite de cette espèce aurait fini par la détruire complètement partout, excepté sur les hauteurs presque inaccessibles de l’Himalaya.

Le Cèdre de F Atlas n’est, pour la plupart des botanistes, qu’une variété, à port élancé, du Cedrus orientalis; il abonde sur les montagnes du Sud de l’Algérie, mais il n’est représenté en Europe, paraît-il, que par un seul individu, un bel arbre d’environ 30 mètres de hauteur qui se trouve dans une campagne des environs de Nice.

Le mot hébreu que les traducteurs modernes rendent par Cèdre et le Septuagint par xéopoç ne doit pas s'appliquer à une espèce exclusivement. 11 désignait probablement tous les conifères résineux tels que les cèdres, les sapins, les pins et le grand genévrier. Ce dernier, Juniperus oxy cedrus, paraît avoir d’excellents titres à être compris au nombre des « cèdres » des auteurs anciens. Son port a beaucoup de rapport avec celui du Cèdre de Déodare, et son bois est d’une dureté et d'une durée qui le rendent extrêmement précieux.

Voici comment Pline s’exprime en parlant des plantes de la Svrie :

Juniperi similitudinem habent phœnices et cedrus minorera. Duo ejus généra, Lycia et Phœnicia, différant folio : nam quæ durum acutum, spinosum liabet, oxycedrus vocatur, ramosa et nodis infesta : altéra odore præstat. (Hist. Nat. xiii, 5.)

Le Genévrier est mentionné deux fois par les traducteurs de l’Ancien-Testament comme un bois à brûler (Job. xxx, 4; Ps. cxx, 4).

Il croît sous tous les climats tempérés. Dans le nord, le Juniperus communis n’est qu’un arbuste de quelques pieds de hauteur; mais, dans les pays chauds, h Oxycedrus devient un arbre de 6 et 7 mètres. Son bois prend un beau poli; il est rougeâtre, d’un grain fin et agréablement veiné; on l’employe dans la marqueterie et pour le tour; mais les baies sont le principal produit du Genévrier; on en obtient par la distillation, après macération dans l’eau, la liqueur fortement alcoolique connue sous le nom d'eau de vie de genièvre.

Page 1