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LES CÉRÉALES

Spelon les traditions grecques, la première nourriture de rhomme aurait été le fruit du hêtre, Fagus sylvaticciy dont le nom générique est dérivé du grec : çà^siv, manger. Mais, quoi qu’il en soit à cet égard, la faine n’a pas tardé à céder le pas aux Céréales qui offraient à notre espèce une nourriture plus saine, plus substantielle et plus abondante. Cependant l’art de faire le pain n’a été généralement connu qu’à une époque relativement récente. Les premiers Romains l’ignoraient; ils faisaient de la bouillie de farine, ou bien ils mangeaient le blé torréfié. Pline rapporte que les premiers boulangers s’établirent à Rome anno urbis 580. En Orient, le pain fut inventé à une époque plus reculée. Les Egyptiens le connaissaient au temps de Moïse voir : Ex. vm, 3; xii, 34; Lév. xxvi, 20) et il était connu en Canaan au temps des patriarches (voir : Geiv. xix, 3).

Le Blé, c’est-à-dire la touselle ou froment commun ( TriMci im sativum) et une autre espèce, Yépeavtre ( Triticum spelta ; qui ne diffère guère du froment que

par ses épis comprimés sur deux faces, sont mentionnés par nos traducteurs. Voir, pour l’épeautre, Ex. ix, 32.

L’Orge ( Hordeum v alg are) parait avoir été connu aussi anciennement que le Blé. Il était cultivé par les Egyptiens et les Israélites. Voir : Ex. ix, 31; Juges vu, 13; Ruth iii, 15.

La fabrication de la bière avec l’Orge germé paraît même remonter à une haute antiquité. Les Grecs connaissaient cette boisson sous le nom de ÇuBoç et les Romains sous celui de cerevisia . La cervoise est mentionnée souvent dans la Bible. Voir : Lév. x, 9;

Nom. vi, 3; Prov. xx, 1 ; Luc. i, 15.

Il va sans dire qu’il ne faut pas se lier entièrement au sens indiqué par les noms modernes que les traducteurs ont employés pour rendre les trois ou quatre mots hébreux dont les écrivains sacrés se servent en parlant du Blé et des autres céréales. Le mot dagan qui se rencontre le plus fréquemment dans P Ancien- Testament parait avoir un sens extrêmement général, et désigner non-seulement les céréales mais aussi les légumes secs : pois, fèves, etc. Néanmoins, que les anciens aient connu et cultivé le vrai blé et que ce blé ait été identique au nôtre, nous en avons la preuve dans les expériences qui ont été faites dans ces dernières années, sur le froment trouvé auprès des momies égyptiennes.

Les grains de froment, semés et levés sous le ciel européen après plus de trois mille ans de séjour dans les sépulcres de Memphis ou de Thèbes, ont produit des épis absolument identiques à ceux que nous récoltons chaque année dans nos champs.

Le Riz n’est point mentionné dans la Sainte-Ecriture.

Cela s’explique sans doute par le fait que ce grain n’était pas encore cultivé en Egypte aux temps bibliques. Le Riz est originaire de LHindoustan et delà Chine; on n’en connaît qu’une espèce (Oryza saliva) qui donne lieu cependant à une foule de variétés selon le lieu et le mode de sa culture. On suppose que les Egyptiens n’ont adopté la culture du riz qu’au temps des califes; aujourd’hui il constitue le produit le plus important des plaines de Damiette et de Rosette. On en a introduit la culture dans l'Europe méridionale, mais on tend de plus en plus à y renoncer à cause des exhalaisons malsaines des rizières. Le Riz ne croît que dans des terrains qu’on peut inonder et même maintenir sous l’eau pendant une partie de l’année.

Dans l’Inde, en Chine, sur les bords du Nil, les rizières ne donnent lieu à aucun incon vénient, tandis que partout

où on en a créé en Europe, elles deviennent des foyers

pestilentiels de fièvres intermittentes et de maladies du foie. On a attribué cette différence singulière tantôt à la manière dont les rizières sont établies , tantôt au climat des pays orientaux qui, étant plus chaud, détermine une évaporation plus rapide.

Quoique le Riz ne soit pas nommé dans la Bible, les Egyptiens le connaissaient probablement, grâce à leurs relations avec l’extrême Orient par la voie de la mer Rouge, relations qui devaient être très-suivies et trèsétendues, s’il faut en juger par l’importance qu’ils attachaient à la navigation vers les Indes, ce dont nous avons une preuve dans la tentative de percement de l’isthme de Suez par un canal faite sous Néchao, six cents ans avant Jésus-Christ.

Ces considérations , jointes au fait que le riz est la seule plante alimentaire qui se cultive dans l’eau, ont suggéré l’idée qu’il y est, peut-être, fait allusion dans Esaïe xxxil, 20 et dans le fameux passage, Eco. xi, I : « Jette ton pain sur la surface des eaux, car avec le temps tu le retrouveras.»

Une autre céréale, le Millet, est mentionné dans Ezéch. iv, 9 : « Tu prendras du froment, de l’orge, des fèves, des lentilles, du Millet et de l’épeautre, tu les mettras dans un vaisseau et tu en feras du pain »

Le mot hébreu dokhan qui est employé ici, est identique avec le nom arabe duhhun donné encore aujourd’hui au millet, Janicum miliaceum , graminée à petits grains sphériques qu’on cultive depuis le centre de l’Europe jusqu’à l’extrémité méridionale de l’Inde, pour la nourriture de la volaille et des oiseaux en cage ; les habitants de l’Archipel du Levant le mêlent au froment pour faire le pain.

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