G U P R 10 S S 0 S SEMPERVIRENS
Famille des Conifères. Arbre à suc résineux, à forme pyramidale et à feuilles persistantes. Feuilles petites, linéaires, étroitement imbriquées, d’un vert sombre. Fleurs monoïques; les mâles en chatons ovales, à écailles jaunâtres et à quatre étamines formées d’anthères sessiles; les femelles en chaton globuleux, à écailles ligneuses et à plusieurs ovaires surmontés d’un stigmate. Fruit : un cône monosperme, univalve, indéhiscent.
ïÿne légende grecque raconte que le beau Cyparis inconsolable de la perte de sa biche favorite qu’il avait tuée par mégarde, pria les dieux de rendre sa douleur immortelle; ils le changèrent en Cyprès et., dès lors, cet arbre sombre devint le symbole des regrets. On le dédia à Pluton. Les Grecs le plantaient sur les tombes et en accompagnaient les pompes funèbres; ils en ornaient les lampes funéraires et les autels des dieux infernaux.
Le Cyprès pyramidal abonde dans tous les pays
orientaux et surtout dans les îles du Levant; il est cultivé en Europe comme plante d’ornement dans les cimetières et les bosquets.
Un autre Cyprès, le Cupressus pendula, à branches étalées, fournit un bois assez semblable à celui du sapin mais plus beau, et qui était très-estimé par les anciens à cause de son incorruptibilité. Les caisses des momies d’Egypte sont faites de ce bcis, et il y avait à Rome, du temps de Constance, des portes de Cyprès qui existaient depuis onze cents ans.
Le mot Cyprès ne se trouve qu’une fois dans les versions françaises, Esaïe xliv, 14 : « II coupe des Cèdres et il prend un Cyprès ou un Chêne... » Le mot tirzah , que tout le monde a traduit par Cyprès, ne se rencontre pas ailleurs; mais il y a un autre mot, berosh , qui parait se rapporter également à cet arbre et qui se rencontre très-fréquemment, mais que les traducteurs ont rendu par une foule d’expressions différentes, surtout par sapin, comme dans i Rois v, 8; Cant. i, 16; Esaïe xiv, 8. Dans tous ces passages cependant les plus anciennes traductions emploient le mot Cyprès (xu^àpiacoç). Ici, comme dans le cas du pin, du bois de gopher et de tant d’autres arbres, il ne faut pas chercher un sens absolument spécifique; les anciens étaient de mauvais botanistes; ils n’observaient les plantes que très-superficiellement et ils confondaient souvent les espèces qui se ressemblent. Cependant le Cyprès a toutes sortes de titres à être l’arbre ou l’un des arbres désignés par le mot berosh. Son bois est excellent et il abonde en Orienl.