L’IVRAIE
LOLIUM TEMULENTUM
Famille des Graminées. Plante herbacée à racine vivace. Chaumes de 40 à 90 cent., rudes au sommet. Feuilles planes, linéaires. Fleurs en épi allongé, comprimé; glume unique dans tous les épillets, excepté le supérieur ; épillets pluriflores, sessiles, à cinq à neuf fleurs, solitaires dans chaque échancrure de l’axe qu’ils regardent par un de leurs côtés : glumelles aristées, dépassant à peine la glume; l’inférieure mu tique ou munie d’une arête.
'eux passages des traductions françaises nous parlent de 11 vraie. Job mentionne un champ qui produit de F Ivraie au lieu d’orge (Job. xxxi, 40), et Jésus-Christ en fait le sujet d’une très-belle parabole (Matth. xiii, w25).
L’Ivraie est une des rares graminées dont les graines sont nuisibles à l’homme. Les Romains leur attribuaient la propriété de produire la cécité; de là l’expression latine : lolio vectitare, qui équivalait à devenir aveu g le. Les anciens croyaient aussi que llvraie était le froment sauvage et qu’elle pouvait se transformer en
blé dans les bons terrains, de même que le froment pouvait, dans les terres arides, dégénérer en
Ivraie .
Le mot ÇiÇaviov qui est employé dans la parabole de l’Ivraie ne se rencontre dans aucun auteur grec. On suppose que ce mot appartient au dialect syriaque parlé en Palestine au temps de Jésus-Christ. L’Ivraie porte
encore en arabe le nom de ziwan.
Dans le passage de Job il y a dans l’original le mot bcihescliah , qui signifie herbe inutile et vient du verbe bahasch, 'puer. Il ne parait point certain que 1 Iviaie soit spécialement désignée par ce mot.
L’Ivraie a été comptée de tout temps au nombre des mauvaises herbes les plus difficiles à combattre et les plus funestes aux récoltes. Virgile la classe avec les chardons, les bardanes et les épines :
Mox et frumentis labor additus, ut mala culmos Esset robigo, segnisque horreret in arvis Carduus : intereunt segetes ; subit aspera silva,
Lappæque, tribulique, interque nitentia culta]
Infelix lolium et sterilis dominautur avenæ.
Vir. Géorg. i, 150.