‹ La botanique de la bibleChapitre 26 sur 76 · LE LIN · texte numérisé non relu

LE LIN

Famille des Linées. Plante herbacée, annuelle ; tige de 40 à 50 centimètres, solitaire, droite, rameuse au sommet. Feuilles éparses, glabres, lancéolées, à nervure médiane accompagnée de deux nervures parallèles. Fleurs régulières, d’un beau bleu, en corymbe rameux et terminal ; sépales, pétales et étamines au nombre de cinq ; ovaire surmonté de quatre ou cinq styles en capsule à dix loges séparées par des fausses cloisons. Fruit : une graine sans périsperme, à embryon droit et à radicule tournée vers le hile.

n ignore de quels pays cette plante est originaire, car elle croît spontanément aujourd’hui sous tous les climats tempérés et sa culture pour la fabrication de la toile remonte au-delà des temps historiques.

Le Lin avec la toile qui en résulte et sa fabrication ne sont probablement pas mentionnés dans la Sainte- Ecriture aussi souvent que le feraient croire les traductions modernes. Non moins de huit mots différents sont rendus par lin ou linge dans les versions fran-

çaises. Or il n’est pas vraisemblable qu’une langue aussi pauvre que l’hébreu ait consacré un si grand nombre de mots à un seul objet.

Celui de ces mots qui paraît désigner spécialement le Lin est le mot pishtah. Nous lisons dans Exode, ix, 31 :

« Or le Lin et l’Orge avaient été frappés, car l’Orge était en épi et le Lin en fleur; mais le froment et lepeautre ne furent point frappés parce qu’ils étaient cachés » (c’est-à-dire pas encore en épi).

La fuite des Israélites d’Egypte ayant eu lieu au printemps le Lin devait être précisément en fleur; et nous avons une foule de preuves que cette plante a été cultivée en Egypte, entre autres les étoffes de lin qu’on a trouvées autour des momies.

Le même mot, pishtah, se retrouve da;is Esaïe xlii, 3; et dans la citation de ce passage, Matth. xii, 20, il y a X(vov (lumignon, étoupe) qui est toujours d’ailleurs l’équivalent grec pour les mots dont je parle.

Quant à la plupart de ces miots ils désignent sans aucun doute le lin, le coton, le chanvre, toutes les plantes dont la fibre servait à former des tissus ; ils désignaient aussi ces étoffes d’une manière générale comme nos mots linge et lingerie.

Le Lin, grâce à ses belles fleurs bleues, forme au point de vue du paysage, une des plus charmantes récoltes qu’on puisse voir. Malheuresement c’est une culture qui n’est pas aussi saine qu’elle est jolie, car la plante exhale une odeur dont l’action sur l’organisme humain est délétère, surtout après la récolte, pendant qu’on la tient à rouir sous l’eau, ce qui est nécessaire

pour séparer le parenchyme cellulaire de la libre destinée à être Idée et tissée.

Ni le Chanvre ni le Coton ne sont mentionnés dans la Sainte -Ecriture comme plantes. Le Chanvre a dû cependant être cultivé en Orient dès la plus haute antiquité; le Cotonnier n’était peut-être pas introduit en Palestine à l’époque dont il s’agit, niais la toile de coton, de même que la toile de chanvre, paraît indiquée dans plusieurs passages.

Nous lisons dans Esth. i, 6, qu’il y avait dans le palais d’Assuérus « des tapisseries de couleur blanche, verte et bleue. » Le mot karpas , traduit par vert dans ce passage semble plutôt indiquer une étoile de coton. Le mot en question ressemble beaucoup au sanscrit harpasum et au grec xaprcaaoç qui désignaient, paraît-il, les étoiles de coton.

Le Cotonnier (Gossypium herbacewm) est une plante herbacée de la famille des Malvacées, à grandes fleurs jaunes. La capsule des graines est revêtue d’un duvet blanc formé de filaments soyeux mais garnis de dentelures invisibles à l’œil nu. Ce sont ces dentelures qui rendent le coton si facile à filer et à tisser, et qui sont cause qu’il irrite les peaux délicates et les blessures.

Le Cotonnier, originaire de l’Inde et peut-être de la Perse, est cultivé aujourd’hui sur une grande échelle en Palestine, et la toile de coton y est employée presque exclusivement pour les vêtements des femmes.

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