LE LIS
L ILIUM GANDIDUM
Famille des Liliacées. Plante herbacée à bulbe à écailles. Tige de 50 à 100 centimètres, droite, cylindrique, robuste. Feuilles entières, oblongues, lancéolées ; les radicales atténuées en pétiole, se développant avant l’hiver; les caulinaires éparses, sessiles. Fleurs en grappe terminale, d’un blanc de neige, odorantes ; périanthe pétaloïdal, à six divisions étalées et marquées d’un sillon médian ; six étamines à anthères mobiles ; un style à stygmate trifide ; capsules à trois loges et trois valves.
îÿne fleur aussi belle et aussi parfumée que le Lis blanc qui- se dresse avec tant de majesté au-dessus de rherbe des champs, et dont un poète à pu dire :
Il est le roi des fleurs si la rose est leur reine,
ne pouvait manquer d’exciter l’admiration et d’éveiller le goût du merveilleux d’un peuple aussi poétique que les anciens Grecs; à leurs yeux une pareille plante ne
pouvait avoir une origine commune, aussi la croyaientils créée par Vénus qui aurait transformé en Lis une jeune fille pour avoir osé lui disputer le prix de la beauté.
Le Lis est mentionné rarement dans la Sainte-Ecriture ; Salomon en fit sculpter sur les chapiteaux des colonnes et ailleurs dans le temple (1 Rois vii, 19-26); et chacun connaît les admirables paroles par lesquelles Jésus-Christ enseigne a ses disciples que Celui qui fait croître et qui orne l’herbe des champs, ne manquera pas de pourvoir aux besoins de ceux qui se confient en Lui :
« Considérez la croissance des Lis : ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. » (Luc, xn, 27).
Il est impossible de déterminer avec une certitude absolue l’espèce à laquelle les écrivains sacrés ont fait allusion sous le nom hébreu de shushctn , qui est traduit uniformément dans le Septuagint par xptvov, mot qui se trouve également dans le Nouveau -Testament partout ou les versions modernes traduisent par Lis.
La famille des liliacées formant un groupe très-distinct, très-bien caractérisé, et dont les membres nonseulement se reconnaissent aisément mais sont facilement confondus ensemble par l’observateur vulgaire, il faut probablement voir dans le xpîvov des anciens un nom générique, correspondant à notre expression plante liliacée.
Que ce mot ait été employé avec raison par les Septante pour rendre le terme hébraïque shushan
cela résulte très-bien de plusieurs passages de üios-
coride et de Celsius :
Suson enim id signiflcare persis quod xp(vov grcecis.
O11 a traduit ce mot par violette, jasmin, muguet et les noms d’une foule d’autres fleurs remarquables pour leur beauté ou leur parfum. La fleur du muguet d’une blancheur de neige, cachée aux regards par un feuillage touffu et ne révélant sa présence que par son parfum suave, fait de cette plante charmante un admirable emblème de la femme pure et modeste. « Tel qu’est le muguet entre les épines, dit Salomon, telle est ma bien-aimée entre les filles. » (Cant. h, 2.)
Les traductions de Martin et d’Osterwald sont trèsheureuses dans ce passage; cependant nous ne pouvons alléguer aucun argument pour prouver que Salomon ait voulu parler de cette plante en particulier.
Certains commentateurs, admettant que le Cantique des Cantiques fût un poème composé à l’occasion du mariage de Salomon avec une princesse égyptienne , trouvent naturel de supposer qu’un certain nombre des images qu’il contient eussent été tirées du pays de l’héroïne, et que le Lis mentionné cinq fois dans ce livre doit être une plante égyptienne plutôt qu’asiatique. Cette idée les a conduits à penser que c’était une des variétés du Lotus qui croît et fleurit abondamment dans le Nil, et dont les graines et les racines constituent un aliment délicat.
Le xpîvov du Nouveau -Testament est également difficile à préciser. Un grand nombre de belles liliacées
croissent spontanément en Palestine et inondent les champs de leurs couleurs éclatantes et Pair de leur parfum. Plusieurs variétés de Tulipes, des Narcisses, des Amaryllis, des Ixiolirion et des Lis proprement dits, parmi lesquels le magnifique Lilium ccindidum et le Lilium chalcedonicum aux fleurs rouges, abondent dans tout l’Orient et constituent sans doute les plantes auquel le mot dont il s’agit se rapportait.