LA MANDRAGORE
Famille des Solanées. Plante herbacée, exhalant une odeur de musc. Tige presque nulle. Feuilles grandes , radicales , ovales , entières. Fleurs radicales , soutenues sur des hampes courtes ; corolle monopétale, régulière, en tube, à cinq lobes aigus, blanche ou violette ; calice monosépale, libre; cinq étamines insérées sur le tube de la corolle ; un style. Fruit : une baie globuleuse, jaunâtre, de la grosseur d’une petite pomme, à plusieurs loges poly spermes. Graines réniformes à épisperme chagriné. Racine grosse et charnue, souvent bi et trifurquée.
et Gant, vu, 13. Elle abonde en Orient et se rencontre assez fréquemment dans les régions montagneuses du midi de l’Europe ; elle passait autrefois pour un remède à la stérilité; Macchiavelli en a fait, à ce titre, le sujet d’une de ses plus célèbres comédies.
La réputation en question, qui est absolument dénuée de fondement , a été probablement acquise à cette
mentionnée deux fois : Gen. xxx, 14
plante par sa grosse racine bifurquée qui rappelle, d’une manière assez frappante, les formes et le volume d’un enfant nouveau-né.
C’est là une de ces idées erronées qui ne sont malheureusement que trop nombreuses et trop répandues mais qui ne doivent leur origine qu’à l’ignorance et leur consécration qu’à la fraude :
Quanto felice sia ciascun sel vede,
Chi nasce sciocco, ad ogni cosa crede.^1)
Pline rapporte qu’on employait la Mandragore comme antidote pour les morsures des serpents et pour diminuer la douleur des blessures:
Mandragoram alii circeium vocant.... Succus fit et e malis et e caule deciso cacumine et radice.... Bibitur et contra serpentes et ante sectiones punctionesque ne sentiantur. [Hist. nat. xxv, 11.)
(1) Macchiavelli. La Mandragola.