L’ABSINTHE
ARTEMISI À ABSINTHIUM
Famille des Synanthérées. Plante sous-ligneuse, toute couverte d’un duvet blanc et exhalant une odeur fortement aromatique. Tige de 40 à 80 centimètres, très -rameuse. Feuilles alternes; les inférieures, deux ou trois fois pennatiséquées, à segments lancéolés; les caulinaires sans oreillette à la base du pétiole ; les supérieures entières. Fleurs jaunes, en capitules disposées en grappes qui forment par leur réunion dévastés panicules; flosculeuses; fleurons de la circonférence filiformes et souvent sans étamines; fleurons du centre à cinq dents ; cinq étamines à filets libres et à anthères soudées, insérées sur le tube de la corolle; un style bifide. Involucre ovoïde à écailles imbriquées. Graines sans aigrette poilue.
Ê’amertume de F Absinthe en a fait le type des épreuves. Voir : Jér., ix, 15; Lam., iii, 19.
L’espèce que je viens de décrire est originaire de l’Asie tempérée, surtout de la Tartarie, où elle couvre des steppes entières; elle est cultivée en Europe pour la préparation de Y extrait d’ absinthe, liqueur obtenue par la distillation des fleurs sèches et dont l’emploi, très-
général aujourd'hui, est on ne peut plus déplorable, vu les effets fâcheux de l’alcaloïde de l’Absinthe sur les membranes muqueuses du tube digestif.
Le genre Artemisia renferme une foule d’espèces intéressantes, entre autres, la Citronelle (A. Abrotanum), cultivée dans les jardins pour son parfum; Y Estragon (A. dracunculus ), employé comme condiment; 1\4 . judaica, dont les fleurs séchées et broyées constituent, paraît-il, la poudre célèbre en médecine sous le nom de semen contra; enfin, Y Herbe de Saint- Jean (A.vulgaris), charmante petite immortelle qui abonde dans les lieux incultes du midi, et dont l’odeur forte et pénétrante plaît tellement aux vers-à-soie, qu’on a l’habitude d’en mêler à la bruyère dans laquelle on veut les engager à monter pour faire leurs cocons.
Quant à l’espèce qui est désignée par le mot à^vOiov dans le Septuagint il est impossible de la déterminer. Toutes les espèces du genre sont plus ou moins amères et plusieurs se ressemblent trop pour que les écrivains anciens aient songé à les distinguer. U A. judaica est celle qui abonde le plus aujourd’hui en Palestine.